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		<title>Kiki</title>
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		<dc:creator>Admin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Kiki &#233;tait un petit chien anglais &#224; poil noir. Il avait de magnifiques yeux marron clair et intelligents. Ses longues oreilles douces oscillaient autour de sa t&#234;te &#224; chaque mouvement, comme des pattes de mouche. Mais le plus important chez Kiki, c'&#233;tait qu'il savait rire. Si on le caressait ou si on lui parlait bien, il retroussait sa l&#232;vre sup&#233;rieure, montrait ses dents blanches et riait, les rides autour de son museau se creusant gentiment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne pouvait douter que Kiki vous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique4.html" rel="directory"&gt;Contes et histoires d'animaux pour petits et grands enfants&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kiki &#233;tait un petit chien anglais &#224; poil noir. Il avait de magnifiques yeux marron clair et intelligents. Ses longues oreilles douces oscillaient autour de sa t&#234;te &#224; chaque mouvement, comme des pattes de mouche. Mais le plus important chez Kiki, c'&#233;tait qu'il savait rire. Si on le caressait ou si on lui parlait bien, il retroussait sa l&#232;vre sup&#233;rieure, montrait ses dents blanches et riait, les rides autour de son museau se creusant gentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne pouvait douter que Kiki vous souriait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne savait comment Kiki &#233;tait arriv&#233; dans notre camp disciplinaire diabolique au bord des Pyr&#233;n&#233;es. Un jour, il &#233;tait l&#224; et faisait son 'service' comme nous. Lorsque les sections de notre baraquement partaient t&#244;t pour la corv&#233;e - le service de travail -, Kiki se tenait &#224; c&#244;t&#233; d'un des chefs de section, qui &#233;tait &#233;galement prisonnier, et d&#232;s que nous nous mettions en marche en rang par trois, Kiki se mettait lui aussi au trot, sautait devant le premier groupe et aboyait de plaisir. Il nous accompagnait pour la construction des routes, pour les travaux des champs, pour la construction de notre cimeti&#232;re ; il rentrait avec nous le soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le gardions dans notre baraque des Brigades internationales d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8afd9f48b908dfe05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8afd9f48b908dfe05.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux cents hommes robustes avaient besoin d'un &#234;tre aim&#233;. Il n'y avait pas de femmes. Kiki &#233;tait notre pr&#233;f&#233;r&#233;. Nous partagions avec lui le peu de viande de notre repas, nous brossions ses longs cheveux doux. Chaque groupe de la baraque avait une place d'h&#244;te sp&#233;ciale pour Kiki, car Kiki aimait changer de quartier de temps en temps. Sa pr&#233;f&#233;rence allait au jeune Berthel, un ouvrier viennois de vingt-et-un ans qui avait combattu dans le bataillon Tchapa&#239;ev sur le front de Cordoue et pr&#232;s de Madrid. Le soir, Berthel discutait pendant des heures avec Kiki dans son dialecte viennois ; Kiki le regardait de ses yeux intelligents, riait et pleurait de plaisir. Ce qui &#233;tait &#233;galement remarquable, c'est que Kiki n'acceptait de la nourriture que du personnel de notre baraque, de personne d'autre. Il connaissait chaque homme de la baraque. Il &#233;vitait autant que possible notre &#233;quipe de garde - la Garde mobile et les chefs des sergents. Kiki avait sans aucun doute du 'caract&#232;re'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un midi, Berthel, le gar&#231;on viennois, rentre chez lui avec son groupe, tout perturb&#233;. Les gardes avaient essay&#233; de 'jouer au football' avec lui, car il ne transportait pas assez vite les lourdes pierres de taille pour la construction des routes. 'Jouer au football', cela signifiait transporter trente, voire cinquante fois une lourde pierre de taille d'un poste &#224; l'autre et vice-versa, &#224; la vitesse la plus &#233;lev&#233;e. L'un des gardes mobiles ordonne : 'Coup de pied de coin ! - le prisonnier doit poser la pierre ; l'autre commande : 'But' ! - Le prisonnier doit alors reprendre la pierre et courir vers le premier garde mobile ; cela dure jusqu'&#224; ce que le d&#233;tenu essouffl&#233; soit compl&#232;tement &#233;puis&#233;. Berthel avait tout simplement refus&#233; de supporter ce sadisme insens&#233;. L'un des gardes l'avait frapp&#233; sur la t&#234;te avec sa courte matraque en bambou.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2b927aec9369dfd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2b927aec9369dfd.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(295)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki avait alors saut&#233; en aboyant contre le garde, lui avait arrach&#233; un morceau de son pantalon et avait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Kiki d&#233;teste les gardes mobiles, il &#233;vite de loin les postes ; ils lui jettent des pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a plus le droit d'entrer dans la baraque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des quatre centaines de gardes mobiles lourdement arm&#233;s, deux compagnies d'un bataillon d'infanterie sont dehors pour nous surveiller. Ces fantassins, contrairement aux vieux gardes recrut&#233;s dans les colonies, sont des ouvriers et des paysans fra&#238;chement mobilis&#233;s du sud de la France, de bons gars bien rigolos. Kiki n'&#233;tait pas idiot quand il s'est install&#233; chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a8a6827222814643.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a8a6827222814643.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(296)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un matin, &#224; six heures, notre section a fait 'Au drapeau !' Notre section de prisonniers doit, avec une section du bataillon d'infanterie, rendre les honneurs au drapeau tricolore qui doit &#234;tre hiss&#233; &#224; l'entr&#233;e du camp. Nous marchons - notre chef de section en t&#234;te - vers la sortie du camp, nous tournons et nous nous mettons en place. Le d&#233;tachement d'infanterie arrive &#224; son tour, le clairon avec le clairon et l'officier en t&#234;te. Les fantassins sont en face de nous, en premi&#232;re ligne. Le caporal s'approche du poste de campement, qui d&#233;ploie le drapeau en bas et arrange la corde pour le hisser. Les soldats en face de nous nous font des clins d'&#339;il dans le dos de l'officier ; un gros type &#224; la t&#234;te rouge fait des grimaces, un autre avance un peu la jambe, et Kiki commence sa gymnastique matinale en sautant par-dessus la jambe avanc&#233;e du soldat. Nous avons du mal &#224; nous retenir de rire. A ce moment-l&#224;, l'officier commande : 'Garde &#224; vous ! Pr&#233;sentez les armes ! Au drapeau !' Le clairon du clairon retentit, les fantassins pr&#233;sentent le fusil, notre section de prisonniers tourne la t&#234;te vers la droite, o&#249; le drapeau tricolore s'&#233;l&#232;ve lentement au m&#226;t du drapeau. Et le clairon sonne &#224; nouveau. Cette fois-ci, Kiki, qui s'est post&#233; &#224; l'aile droite &#224; c&#244;t&#233; du souffleur, se met &#224; 'chanter', il chante comme une diva de l'op&#233;ra dans les notes les plus aigu&#235;s. L'ambiance solennelle est &#224; l'agonie. Furieux, l'officier, la main sur le casque d'acier jusqu'&#224; ce que le drapeau ait atteint le sommet du m&#226;t, regarde le kiki qui chante. Apr&#232;s le 'Repos !', il ordonne d'abattre le chien s'il se montre encore une fois dans le camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le garde court apr&#232;s Kiki avec la crosse de son fusil et le chasse &#224; l'ext&#233;rieur par la porte du drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Kiki est de retour au camp d&#232;s midi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f826437dd1dd3fc48b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f826437dd1dd3fc48b.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(297)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8372d24c05d6a5738.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8372d24c05d6a5738.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(298)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais son bon sens lui dit clairement que le plus grand danger le guette maintenant du c&#244;t&#233; de la caserne ; il r&#233;appara&#238;t donc entre nos baraques et l'enceinte m&#233;tallique. Nous l'accueillons avec tous les honneurs. Chacun lui apporte un morceau de pain avec du fromage, un reste de viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel est tout heureux. Il prend imm&#233;diatement Kiki dans son box en hauteur et entame avec lui une longue conversation, o&#249; les louanges et les reproches s'&#233;quilibrent. Il y a aussi 'l'Am&#233;ricain', un vieux marin qui, selon lui, a gagn&#233; mille dollars en une semaine &#224; Los Angeles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;ricain se tourne vers Kiki : 'Petit fou, tu peux sortir des barbel&#233;s et rester chez nous de ton plein gr&#233;, petit fou' ! Mais voil&#224; que Berthel prend la d&#233;fense de Kiki : 'Il est justement des n&#244;tres, il est ici volontaire, comme nous l'&#233;tions en Espagne !' Quoi qu'il en soit, Kiki est attach&#233; &#224; l'&#233;tage sup&#233;rieur, &#224; c&#244;t&#233; de la paillasse de Berthel. Pour l'instant, il ne doit pas se montrer &#224; l'ext&#233;rieur. A chaque coup de sifflet des gardes, &#224; chaque signal du clairon, &#224; chaque commandement, il hurle doucement ; il aimerait trop &#234;tre l&#224; quand les camarades de la baraque s'avancent ou se retirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un midi, il est vraiment l&#224;. Nous venons de rejoindre la corv&#233;e en sections, quand - nous n'en croyons pas nos yeux - Kiki se tient comme autrefois &#224; l'aile droite de la section, un bout de la corde arrach&#233;e encore autour du cou. L'un de nous le prend rapidement dans ses bras, &#224; l'arri&#232;re. Mais comme nous nous &#233;loignons, l'officier qui &#233;tait de service &#224; l'&#233;poque o&#249; Kiki 'chantait' se trouve malheureusement &#224; la porte. Il ordonne de conduire le chien &#224; l'&#233;cart et de l'abattre. Bien s&#251;r, nous mettons Kiki &#224; terre de mani&#232;re &#224; ce qu'il puisse s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e28f14d30f6a73a5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e28f14d30f6a73a5.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(299)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commence alors une chasse effr&#233;n&#233;e au chien de la part de tous les gardes mobiles pr&#233;sents dans le quartier. Kiki est poursuivi &#224; travers les barbel&#233;s comme un grand criminel politique et on lui lance des pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Kiki est plus rapide. Finalement, les gardes l'ont plac&#233; entre les huit barri&#232;res en fil de fer &#224; c&#244;t&#233; de la cantine de notre quartier. Mais ils ne peuvent pas l'atteindre. Tout le quartier - pr&#232;s de quinze cents hommes - s'est rassembl&#233; pr&#232;s du barrage de fils de fer. Des mots m&#233;chants volent contre les gardes. Car Kiki est l'un des n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, un jour, nous pouvons nous retrouver ainsi suspendus aux barbel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef des sergents intervient &#224; son tour. Il ordonne &#224; l'&#233;quipe de planter la ba&#239;onnette, comme s'il s'agissait de donner l'assaut &#224; une position ennemie. Kiki est assis en silence dans les barbel&#233;s et nous regarde de ses yeux intelligents d'un air interrogateur. Nous nous tournons vers le chef des sergents : 'Chef, laissez-nous faire ! Nous attirons le chien dehors et nous le jetons dans la rue' ! Le sergent colonial nous regarde d'un air mauvais, comme s'il voulait dire : vous et le chien, vous &#234;tes du m&#234;me acabit ! Il prend maintenant lui-m&#234;me une carabine et commence &#224; piquer Kiki avec sa ba&#239;onnette. Kiki s'&#233;carte de l'autre c&#244;t&#233;. De l&#224; aussi, les gardes piquent l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki se met &#224; hurler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi, nous commen&#231;ons &#224; hurler et &#224; entonner des milliers de 'Huhuhuhu !' avec des sifflets et des cris de menace.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8de5cef51b6f625a8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8de5cef51b6f625a8.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(300)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un concert infernal. Les sentinelles se retournent maintenant contre nous avec leurs pistolets et leurs ba&#239;onnettes. Le sergent-chef a sorti son sifflet pour donner l'alerte. La cantini&#232;re, 'la bonne m&#232;re' ou 'l'usuri&#232;re', accompagn&#233;e de ses deux filles, la belle et pulpeuse Mimi, vingt ans, et Peppa, quinze ans, sont sorties de la cantine et se sont approch&#233;es des barbel&#233;s pour assister &#224; ce spectacle palpitant. La bonne m&#232;re dispara&#238;t aussit&#244;t en hurlant &#224; la vue des ba&#239;onnettes point&#233;es sur nous ; Mimi aussi se retire et ne fait que tendre la t&#234;te vers la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la petite Peppa se pr&#233;cipite contre le chef des sergents et lui arrache le sifflet de la bouche. Tout cela se passe &#224; la vitesse de l'&#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ba&#239;onnette au canon, les gardes nous poussent vers les baraquements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; est Kiki ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte, il s'est sauv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef des sergents arrive furieux dans notre baraque ; nous devons nous mettre en rang : les gardes rampent en haut et en bas de nos places, ils mettent tout sens dessus dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki est introuvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre baraque, il y a un mouchard, 'Max le raton' ; nous lui avions un jour cousu un rat mort dans la manche de son uniforme pour le r&#233;compenser de ses cochonneries. Il a d&#251; d&#233;noncer Berthel. Le chef fait arr&#234;ter Berthel et l'emm&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la nuit, un de nos cuisiniers arrive. Il cherche Berthel. Quand il apprend que Berthel est au cachot, il demande un camarade m&#233;decin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui se passe ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f62da18f118433ad.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f62da18f118433ad.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(301)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'emm&#232;ne derri&#232;re la cuisine, dans la r&#233;serve de bois et de charbon. L&#224;, derri&#232;re une montagne de charbon, Kiki est allong&#233; sur deux sacs. Il a un bandage fait de mouchoirs attach&#233;s ensemble autour de la patte arri&#232;re droite et autour des c&#244;tes. Il respire difficilement. Dans le tumulte, il s'est gliss&#233; &#224; travers l'enclos de fils de fer. Des camarades l'ont rapidement relev&#233; et emmen&#233; &#224; l'arri&#232;re, vers la cuisine. Kiki remue la queue comme il me reconna&#238;t - l'occupant de sa baraque. Il retrousse m&#234;me les l&#232;vres et essaie de rire. Mais il n'y parvient pas. La blessure est trop grave, non pas &#224; la patte arri&#232;re, mais &#224; la poitrine. Un coup de couteau a p&#233;n&#233;tr&#233; dans les poumons. Une &#233;paisse cro&#251;te de sang est coll&#233;e entre la cinqui&#232;me et la sixi&#232;me c&#244;te. Il respire tr&#232;s superficiellement pour faire bouger le moins possible ses poumons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8fe29cf418fcaeb23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8fe29cf418fcaeb23.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(302)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;cris du repos, du lait en bo&#238;te dissous comme r&#233;gime et - cent pour cent de silence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me nuit, il se passe encore autre chose. Le lit sup&#233;rieur, dans lequel se trouve 'Max le raton', s'effondre au milieu de l'obscurit&#233; dans un grand fracas. Certains se jettent sur le mouchard parce qu'il les aurait bless&#233;s dans leur chute. Le petit Max crie qu'on veut le tuer. Il n'est emmen&#233; &#224; l'h&#244;pital qu'au matin, avec un pied cass&#233;. Il jure qu'il pr&#233;f&#232;re traverser l'enfer pieds nus plut&#244;t que d'entrer une seule fois de plus dans nos quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes d&#233;barrass&#233;s de cet informateur. Mais &#224; quel prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le lendemain matin, toute notre baraque sait o&#249; se trouve Kiki. Mais personne d'autre ne le sait. L'&#233;tat de Kiki change fortement. Il ne boit que de la soupe au lait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de cinq jours, Berthel sort enfin du cachot. Il a un pansement adh&#233;sif autour de la t&#234;te, son &#339;il droit est bleu et vert, il a &#233;galement perdu deux dents de devant. Nous lui pr&#233;parons un accueil festif. Nos cuisiniers ont pr&#233;par&#233; des 'gnocchis' et des cr&#234;pes aux &#339;ufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que tard dans la soir&#233;e que nous lui r&#233;v&#233;lons o&#249; se trouve Kiki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Berthel entre dans la cage, Kiki hurle de joie, il bondit, il l&#232;che les mains et le visage de Berthel, il rit vraiment en retroussant les l&#232;vres et en laissant appara&#238;tre ses dents du haut. Mais le saut de joie se paie cher. Kiki commence &#224; cracher du sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain midi, lorsque Berthel veut acheter une bo&#238;te de lait en conserve &#224; la cantine, Peppa se tient derri&#232;re sa grande s&#339;ur Mimi. Elle regarde attentivement le visage meurtri de Berthel ; bien s&#251;r, elle sait pourquoi Berthel a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; ; et le Berthel se souvient parfaitement comment la jeune fille a saut&#233; contre le chef des sergents avec un 'hijo de puta !' sauvage et lui a arrach&#233; le sifflet de signalisation des mains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_336 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8fb4e4c8da6df5ba7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8fb4e4c8da6df5ba7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(303)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'&#233;tait &#233;tonn&#233; qu'elle comprenne l'espagnol ; mais de ce c&#244;t&#233;-ci des Pyr&#233;n&#233;es aussi, il y a une population catalane et espagnole autochtone. Il regarde Peppa, et Peppa le regarde gravement ; soudain, elle plisse un &#339;il comme un vieux camarade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensif, Berthel traverse la cour poussi&#233;reuse et noire et grise du camp avec sa bo&#238;te de lait en bo&#238;te et se dirige vers sa baraque. C'est alors qu'une main le saisit par l'&#233;paule. 'Tu as oubli&#233; ta bo&#238;te de lait', dit Peppa ; et comme Berthel h&#233;site, elle dit tout bas : 'Elle est de moi pour toi ! Salud !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle retourne en courant &#224; la cantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat de Kiki s'est consid&#233;rablement d&#233;t&#233;rior&#233; depuis le saut de joie en l'honneur de Berthel. Il ne mange plus rien. Il faudrait du lait frais. Il faudrait l'emmener chez un v&#233;t&#233;rinaire. L'h&#233;matome commence &#224; s'&#233;largir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel obtient l'autorisation de la baraque de faire appel &#224; Peppa. Comme Peppa livre de toute fa&#231;on des marchandises &#224; la cuisine, ce n'est pas difficile. Peppa apporte d&#233;sormais chaque jour un demi-litre de lait frais avec la margarine et les paquets de p&#226;tes. Elle s'accroupit devant Kiki et lui tend le petit bol, tandis que Berthel lui tient la t&#234;te. Kiki en avale docilement quelques gorg&#233;es. Mais il est d&#233;j&#224; trop fatigu&#233;. Il boit aussi davantage par &#233;gard pour ses deux jeunes amis. Ils restent souvent assis pendant une heure enti&#232;re dans l'abri pr&#232;s du camp de Kiki.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8527155cceb2fd34a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8527155cceb2fd34a.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(304)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, ils ne parlent qu'&#224; Kiki, puis de Kiki, puis du camp, des sergents ; Peppa parle de la grande s&#339;ur Mimi qui, &#224; la demande de sa m&#232;re, doit aller le soir chez les officiers pour que la m&#232;re garde la cantine ; aussi que les sergents voulaient la coffrer - la Peppa - une fois l'apr&#232;s-midi dans la salle de garde ; mais qu'elle avait frapp&#233; le chef des sergents au visage et mordu un autre au pouce jusqu'&#224; ce que cette b&#234;te hurle de douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel doit lui parler de l'Espagne, Peppa a encore de la famille de l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es. C'est leur peuple, dont elle parle la langue, pour lequel le jeune Berthel s'est battu et dont il comprend la langue. Pourquoi s'est-il battu pour l'Espagne ? Et Berthel doit raconter comment - il y a trois ans - il a voulu se faufiler la nuit hors de la maison de sa m&#232;re - son p&#232;re avait disparu pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, et la m&#232;re n'avait plus que lui, son fils - ; mais la m&#232;re l'a entendu, elle a saut&#233; &#224; la porte, elle s'est prostern&#233;e devant lui, elle lui a enlac&#233; les genoux, il est tomb&#233; &#224; terre avec elle, elle l'a suppli&#233;, par la M&#232;re de Dieu elle l'a suppli&#233;, elle l'a gifl&#233;, elle l'a embrass&#233;, mais il a r&#233;ussi &#224; se d&#233;gager ... il dut franchir de nombreuses fronti&#232;res, il voulait lutter avec le peuple espagnol pour sa libert&#233; ... et puis, apr&#232;s la d&#233;faite, d&#232;s janvier 1939, il s'est retrouv&#233; derri&#232;re des barbel&#233;s &#224; Saint-Cyprien, puis de nouveau dans un autre camp derri&#232;re des barbel&#233;s, puis ici derri&#232;re des barbel&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et qu'&#233;crit ta m&#232;re ?' Le Berthel se tait. 'Tu ne lui as pas &#233;crit ?' 'Si'. 'Et elle ne t'a pas r&#233;pondu ?' ' Peut-&#234;tre qu'elle n'a pas re&#231;u mes lettres'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f88782e81975bb8965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f88782e81975bb8965.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(305)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa a saisi sa main. Comme le Berthel la regarde, de grosses larmes coulent de ses grands yeux sombres. 'Pequenio !' dit-elle, bien qu'elle soit elle-m&#234;me plus petite que Berthel. Berthel, g&#234;n&#233;, cherche son mouchoir et l'essuie sur son visage. Kiki s'est approch&#233;. Il pousse doucement Berthel avec son museau. Peut-&#234;tre consid&#232;re-t-il que l'action de Berthel va trop loin ; peut-&#234;tre est-il jaloux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, les deux jeunes gens se rencontrent r&#233;guli&#232;rement chez Kiki. D'ailleurs, il n'est pas possible de trouver un v&#233;t&#233;rinaire ; ils sont tous au front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, Peppa demande &#224; Berthel : 'Tu ne veux pas &#234;tre libre ? Je pourrais t'aider. Je connais un poste, il te laissera passer la nuit si je suis bon avec lui'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel lui explique qu'il ne veut pas se lib&#233;rer tout seul, que ce n'est pas &#224; lui seul d'en d&#233;cider et qu'il pr&#233;f&#232;re casser le nez du garde plut&#244;t que de tol&#233;rer que Peppa 'soit bonne avec lui'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Tu lui casses le nez, Pequenio ?' rit Peppa ; puis elle embrasse Berthel sur la bouche, encore et encore, parce que cela lui fait du bien et parce que Berthel se tait, tandis que Kiki hurle doucement en m&#234;me temps, cette fois il semble de plaisir. Mais Kiki s'arr&#234;te aussit&#244;t, parce que m&#234;me ce petit hurlement lui fait mal ; et pourtant, une fois, au signal du corniste 'Au drapeau !', il a chant&#233; sans peine dans les notes les plus hautes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82d305b1851fe8d7f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82d305b1851fe8d7f.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(306)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'A propos,' demande Peppa &#224; Berthel, 'pourquoi ne peux-tu pas &#234;tre libre, m&#234;me si tu le veux toi-m&#234;me ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Berthel explique &#224; sa petite amie ce qu'est la camaraderie, ce qu'est la solidarit&#233;, ce qu'est la discipline et l'ob&#233;issance volontaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa doit aller voir s'il n'y a pas un v&#233;t&#233;rinaire en ville qui pourrait prescrire &#224; Kiki un m&#233;dicament pour la transpiration ou quelque chose contre l'infection de sa blessure &#224; la poitrine. Comme elle doit se rendre en ville, nous lui donnons des lettres. On aurait pu simplement lui donner les lettres &#224; sortir en cachette, comme cela s'est souvent produit. Mais Berthel pense qu'il est important de dire clairement &#224; Peppa que c'est l'&#233;tat de guerre, qu'elle risque quelque chose. Peppa r&#233;pond qu'elle risquerait encore plus s'il le fallait. Nous recevons une r&#233;ponse aux lettres au bout de deux jours seulement, et &#224; nouveau directement par Peppa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa est une fille courageuse, intelligente et fiable. Elle est notre amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle le sera encore plus &#224; la mort de Kiki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes huit, la nuit, dans l'&#233;troite cage &#224; charbon. Berthel tient Kiki sur ses genoux. Il lui mouille le museau avec du th&#233; frais. Kiki l&#232;che un peu. Il nous regarde l'un apr&#232;s l'autre. Il cherche quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alek dit alors &#224; Berthel : 'Donne-le-moi ; il veut te voir !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel donne prudemment &#224; Alek le Kiki mourant ; il se place devant lui, il lui parle doucement dans son dialecte viennois : 'O&#249; est donc notre Kiki ? O&#249; est donc notre chien ? O&#249; est donc mon meilleur ami ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Kiki reconna&#238;t son ami, il ne peut plus remuer la queue, mais il retrousse tr&#232;s nettement un peu la l&#232;vre sup&#233;rieure, de sorte que les dents blanches du haut clignotent. Kiki rit pour la derni&#232;re fois. Puis il ferme ses beaux yeux intelligents brun clair.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f89df59e043cc91721.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f89df59e043cc91721.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(307)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Kiki, je te le promets, ta mort sera inscrite sur la grande liste des comptes &#224; r&#233;gler !' dit l'Alek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la nuit, la baraque fait ses adieux &#224; Kiki. Toujours cinq &#224; dix hommes se faufilent dans la cour de nuit. Beaucoup pensent comme Alek. Toute la nuit, la baraque reste &#233;veill&#233;e et parle de Kiki, le camarade d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa n'apprend la mort de Kiki que le lendemain midi. Pendant la nuit, elle est pr&#232;s des barbel&#233;s. On lui jette un petit sac. Elle a enterr&#233; Kiki dehors, en libert&#233;. Elle nous a promis qu'un jour, elle nous montrerait sa tombe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_341 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea25e6fa5ea2f392.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea25e6fa5ea2f392.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(308)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="de">
		<title>Kiki</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article47.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://leila2.lhommeau.be/article47.html</guid>
		<dc:date>2023-12-24T14:33:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Friedrich Wolf</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Kiki war ein kleiner schwarzhaariger englischer H&#252;hnerhund. Er hatte wunderbare, kluge, hellbraune Augen. Seine langen weichen Ohren pendelten bei jeder Bewegung wie Fliegenklappen um seinen Kopf. Das wichtigste an Kiki aber war, da&#223; er lachen konnte. Wenn man ihn streichelte oder gut mit ihm redete, dann zog er seine Oberlippe hoch, zeigte seine wei&#223;en Z&#228;hne und lachte, die Falten um seine Schnauze verzogen sich freundlich. &lt;br class='autobr' /&gt;
Niemand konnte zweifeln, da&#223; Kiki einen anlachte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Wie Kiki in (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique5.html" rel="directory"&gt;M&#228;rchen und Tiergeschichten f&#252;r gro&#223;e und kleine Kinder&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kiki war ein kleiner schwarzhaariger englischer H&#252;hnerhund. Er hatte wunderbare, kluge, hellbraune Augen. Seine langen weichen Ohren pendelten bei jeder Bewegung wie Fliegenklappen um seinen Kopf. Das wichtigste an Kiki aber war, da&#223; er lachen konnte. Wenn man ihn streichelte oder gut mit ihm redete, dann zog er seine Oberlippe hoch, zeigte seine wei&#223;en Z&#228;hne und lachte, die Falten um seine Schnauze verzogen sich freundlich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niemand konnte zweifeln, da&#223; Kiki einen anlachte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie Kiki in unser teuflisches Straflager am Rande der Pyren&#228;en gekommen war, wu&#223;te niemand. Eines Tages war er da und machte &#187;Dienst&#171; wie wir. Wenn die Sektionen unserer Baracke fr&#252;h zur Corv&#233;e &#8212; zum Arbeitsdienst &#8212; antraten, dann stand Kiki neben einem der Sektionsf&#252;hrer, die ebenfalls Gefangene waren, und sobald wir in Dreierreihen losmarschierten, setzte sich auch Kiki in Trab, sprang vor der ersten Gruppe her und bellte vor Vergn&#252;gen. Er begleitete uns zum Stra&#223;enbau, zur Feldarbeit, zum Bau unseres Friedhofes; er kehrte abends mit uns heim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wir hielten ihn in unserer Baracke der spanischen Interbrigaden.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8afd9f48b908dfe05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8afd9f48b908dfe05.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die zweihundert kr&#228;ftigen M&#228;nner mu&#223;ten an einem Wesen ihre Liebe auslassen. Es gab keine Frauen. Kiki war unser Liebling. Wir teilten mit ihm das wenige Fleisch unseres Essens, wir b&#252;rsteten sein langes weiches Haar. Jede Gruppe in der Baracke hatte f&#252;r Kiki einen besonderen Gastplatz, da Kiki es liebte, ab und zu sein Quartier zu wechseln. Am liebsten lag er bei dem jungen Berthel, einem einundzwanzigj&#228;hrigen Wiener Arbeiter, der im Tschapajew-Bataillon an der Cordovafront und bei Madrid gek&#228;mpft hatte. Berthel unterhielt sich abends stundenlang in seinem Wiener Dialekt mit Kiki; Kiki schaute ihn mit seinen klugen Augen an, lachte und heulte vor Vergn&#252;gen. Bemerkenswert war auch, da&#223; Kiki nur von der Belegschaft unserer Baracke Fressen annahm, von niemandem sonst. Er kannte jeden einzelnen Mann der Baracke. Unserer Wachmannschaft &#8212; der Garde mobile und den Sergeantchefs &#8212; ging er m&#246;glichst aus dem Wege. Kiki hatte zweifellos &#187;Charakter&#171;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eines Mittags kommt Berthel, der Wiener Junge, ganz verst&#246;rt mit seiner Gruppe heim. Die Gardisten hatten versucht, drau&#223;en mit ihm &#187;Fu&#223;ball zu spielen&#171;, weil er nicht schnell genug die schweren Bruchsteine f&#252;r den Stra&#223;enbau schleppte. &#187;Fu&#223;ballspielen&#171; &#8212; das hie&#223;, drei&#223;ig-, ja f&#252;nfzigmal einen schweren Bruchstein in sch&#228;rfstem Tempo von einem Posten zum andern und wieder zur&#252;ck zu schleppen. Der eine Mobilgardist kommandiert: &#187;Eckball!&#171; &#8212; der Gefangene mu&#223; den Stein hinlegen; der andere kommandiert: &#187;Tor!&#171; &#8212; der Gefangene mu&#223; den Stein nun wieder hochnehmen und damit zu dem ersten Garde mobile rennen; das geht so lange, bis der atemlose H&#228;ftling v&#246;llig ersch&#246;pft ist. Berthel hatte sich einfach geweigert, diesen sinnlosen Sadismus zu ertragen. Einer der Gardisten hatte ihm mit dem kurzen Bambuskn&#252;ppel &#252;ber den Kopf geschlagen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2b927aec9369dfd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2b927aec9369dfd.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(295)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Da sprang Kiki bellend gegen den Posten, ri&#223; ihm ein St&#252;ck aus der Hose und verschwand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seither ha&#223;t Kiki die Mobilgarde, er geht den Posten in weitem Bogen aus dem Wege; sie werfen mit Steinen nach ihm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Er darf nicht mehr in die Baracke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au&#223;er den vier Hundertschaften schwerbewaffneter Garde mobile liegen noch zwei Kompanien eines Infanteriebataillons drau&#223;en zu unserer Bewachung. Diese Infanteristen sind im Gegensatz zu den aus den Kolonien herangezogenen alten Gardisten frisch mobilisierte Arbeiter und Bauern aus S&#252;dfrankreich, gute, lustige Kerle. Kiki war nicht dumm, als er zu ihnen &#252;bersiedelte.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a8a6827222814643.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a8a6827222814643.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(296)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eines Morgens fr&#252;h um sechs Uhr hat unsere Sektion &#187; Au drapeau!&#171; Unsere Gefangenensektion mu&#223; gemeinsam mit einem Zug des Infanteriebataillons der am Lagereingang zu hissenden Trikolore die Ehrenbezeigung erweisen. Wir marschieren &#8212; unser Sektionsf&#252;hrer an der Spitze &#8212; zum Lagerausgang, schwenken ein und nehmen Aufstellung. Jetzt kommt auch das Infanteriedetachement, der Hornist mit dem Clairon und der Offizier an der Spitze. Die Infanteristen stehen uns gegen&#252;ber in Front. Der Korporal tritt zum Lagerposten, der unten die Fahne entfaltet und die Leine zum Hissen ordnet. Die Soldaten uns gegen&#252;ber zwinkern uns hinter dem R&#252;cken des Offiziers zu; ein dicker Kerl mit rotem Kopf schneidet Grimassen, ein anderer streckt das Bein etwas vor, und Kiki beginnt seine Morgengymnastik, indem er &#252;ber das vorgestreckte Bein des Soldaten hin und her springt. Wir k&#246;nnen uns nur m&#252;hsam das Lachen verkneifen. In diesem Augenblick kommandiert der Offizier: &#187;Garde &#224; vous! Pr&#233;sentez les armes! Au drapeau!&#171; Das Clairon des Hornisten schmettert, die Infanteristen pr&#228;sentieren das Gewehr, unsere Gefangenensektion rei&#223;t die K&#246;pfe nach rechts herum, wo langsam die Trikolore am Fahnenmast hochsteigt. Und wieder schmettert der Hornist. Diesmal beginnt Kiki, der sich am rechten Fl&#252;gel neben dem Bl&#228;ser postiert hat, zu &#187;singen&#171;, er singt wie eine Operndiva in den h&#246;chsten T&#246;nen. Die feierliche Stimmung ist zum Teufel. W&#252;tend schaut der Offizier, die Hand am Stahlhelm, bis die Fahne die Mastspitze erreicht hat, auf den singenden Kiki. Nach dem &#187;Repos!&#171; befiehlt er, den Hund zu erschie&#223;en, falls er sich noch einmal im Lager sehen lie&#223;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Posten rennt mit dem Gewehrkolben hinter Kiki her und jagt ihn durch die Fahnenpforte hinaus ins Freie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nat&#252;rlich ist Kiki schon mittags wieder im Lager.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f826437dd1dd3fc48b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f826437dd1dd3fc48b.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(297)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8372d24c05d6a5738.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8372d24c05d6a5738.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(298)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sein Hundeverstand sagt ihm jedoch ganz klar, da&#223; jetzt auf der Kasernenseite f&#252;r ihn die gr&#246;&#223;te Gelahr droht; also taucht er wieder zwischen unsern Baracken und dem Drahtverhau auf. Er wird mit allen Ehren von uns empfangen. Jeder bringt ihm ein St&#252;ckchen Brot mit K&#228;se, einen Fleischrest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel ist ganz gl&#252;cklich. Er nimmt Kiki sofort hinauf zu sich in seine hochgelegene Box und beginnt ein langes Gespr&#228;ch mit ihm, in dem Lob und Tadel sich die Waage halten. Da ist auch &#187;der Amerikaner&#171;, ein alter Seemann, der &#8212; wie er behauptet &#8212; in Los Angeles in einer Woche eintausend Dollar verdient hatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Amerikaner wendet sich zu Kiki: &#187;Du kleiner Wahnsinniger, kannst aus dem Stacheldraht heraus und bleibst doch freiwillig bei uns, du kleiner Irrer!&#171; Aber jetzt verteidigt Berthel den Kiki: &#187;Er geh&#246;rt eben zu uns, er ist hier ein Freiwilliger, so wie wir es in Spanien waren!&#171; Auf jeden Fall aber wird Kiki in der oberen Etage neben Berthels Strohsack angebunden. Er soll sich vorerst nicht drau&#223;en zeigen. Bei jedem Pfiff der Garden, bei jedem Signal des Clairons, bei jedem Kommando heult er leise vor sich hin; er m&#246;chte zu gern dabeisein, wenn die Kameraden der Baracke antreten oder abmarschieren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und eines Mittags ist er wirklich dabei. Wir sind gerade in Sektionen zur Corv&#233;e angetreten, da &#8212; wir trauen unsern Augen nicht &#8212; steht Kiki wie einst am rechten Fl&#252;gel der Sektion, ein St&#252;ck der abgerissenen Leine noch um den Hals. Einer von uns nimmt ihn schnell in den Arm ins hintere Glied. Doch wie wir abmarschieren, ist zum Ungl&#252;ck der Offizier am Tor, der damals, als Kiki &#187;sang&#171;, Fahnendienst hatte. Er befiehlt, den Hund abseits zu f&#252;hren und zu erschie&#223;en. Wir setzen nat&#252;rlich Kiki so auf die Erde, da&#223; er entspringen kann.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_332 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e28f14d30f6a73a5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e28f14d30f6a73a5.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(299)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und nun beginnt eine wilde Jagd s&#228;mtlicher im Quartier anwesenden Mobilgardisten nach dem Hund. Man hetzt Kiki wie einen schweren politischen Verbrecher durch den Stacheldraht hin und her und wirft mit Steinen nach ihm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aber Kiki ist schneller. Schlie&#223;lich haben ihn die Posten zwischen dem achtfachen Drahtverhau neben der Kantine unseres Quartiers gestellt. Doch sie kommen nicht an ihn heran. Das ganze Quartier &#8212; fast f&#252;nfzehnhundert Mann &#8212; hat sich am Drahtverhau versammelt. Es fliegen b&#246;se Worte gegen die Garden. Denn Kiki ist einer der Unsern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch wir k&#246;nnen eines Tages so im Stacheldraht h&#228;ngen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetzt tritt der Sergeantchef hinzu. Er befiehlt der Mannschaft, das Bajonett aufzupflanzen, als ginge es zum Sturm gegen eine feindliche Stellung. Kiki sitzt schweigend im Stacheldraht und schaut mit seinen klugen Augen fragend zu uns her&#252;ber. Wir wenden uns zu dem Sergeantchef: &#187;Chef, lassen Sie uns machen! Wir locken den Hund heraus und werfen ihn auf die Stra&#223;e!&#171; Der Kolonialsergeant sieht b&#246;se auf uns, als wolle er sagen: Ihr und der Hund, das ist das gleiche Kaliber! Er nimmt jetzt selbst einen Karabiner und beginnt, mit dem Bajonett nach Kiki zu stechen. Kiki weicht nach der anderen Seite aus. Auch von dort stechen die Garden jetzt nach dem Tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki heult.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch wir beginnen zu heulen und ein tausendfaches &#187;Huhuhuhu!&#171; mit Pfeifen und Drohrufen anzustimmen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8de5cef51b6f625a8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8de5cef51b6f625a8.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(300)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es ist ein H&#246;llenkonzert. Die Wachposten wenden sich jetzt mit Kolben und Bajonett gegen uns. Der Sergeantchef hat seine Trillerpfeife hervorgezogen, um das Alarmsignal zu geben. Auch die Kantinenverwalterin, &#187;la bonne m&#232;re&#171; oder &#187;die Wuchertante&#171;, mit ihren beiden T&#246;chtern, der sch&#246;nen, &#252;ppigen zwanzigj&#228;hrigen Mimi und der f&#252;nfzehnj&#228;hrigen Peppa, sind zu diesem aufregenden Schauspiel aus der Kantine an den Stacheldraht getreten. La bonne m&#232;re verschwindet sofort wieder schreiend, wie sie die auf uns gerichteten Bajonette sieht; auch Mimi zieht sich zur&#252;ck und streckt nur noch den Kopf zur T&#252;r hinaus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch die kleine Peppa rennt gegen den Sergeantchef und rei&#223;t ihm die Signalpfeife vom Mund. Das alles geschieht blitzschnell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mit vorgehaltenem Bajonett treiben die Garden uns in die Baracken.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aber wo ist Kiki?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In dem Tumult hat er sich gerettet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Sergeantchef kommt w&#252;tend in unsere Baracke; wir m&#252;ssen antreten: die Gardisten kriechen oben und unten durch unsere Pl&#228;tze, sie stellen alles auf den Kopf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki ist nicht zu finden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In unserer Baracke liegt ein Spitzel, &#187;das Rattenm&#228;xle&#171;; wir hatten ihm einmal zur Belohnung f&#252;r seine Schweinereien eine tote Ratte in den Rock&#228;rmel eingen&#228;ht. Er mu&#223; den Berthel verpfiffen haben. Der Chef l&#228;&#223;t den Berthel festnehmen und abf&#252;hren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitten in der Nacht kommt einer unserer K&#246;che. Er sucht den Berthel. Als er h&#246;rt, da&#223; der Berthel im Arrest ist, verlangt er einen Kameraden, der Arzt sei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Was ist los?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f62da18f118433ad.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f62da18f118433ad.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(301)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eir f&#252;hrt mich hinter die K&#252;che, in den Verschlag f&#252;r Holz und Kohlen. Dort, hinter einem Berg von Kohlen, liegt Kiki auf zwei S&#228;cken. Er hat einen Verband aus zusammengebundenen Taschent&#252;chern um die rechte Hinterpfote und um die Rippen. Er atmet schwer. Er ist in dem Tumult durch das Drahtverhau gekrochen. Kameraden haben ihn schnell hochgenommen und nach hinten zu der K&#252;che gebracht. Kiki wedelt mit dem Schwanz, wie er mich &#8212; den Insassen seiner Baracke &#8212; erkennt. Er zieht sogar die Lippen nach oben und versucht zu lachen. Aber es gelingt ihm nicht. Die Verletzung ist zu schwer, nicht an der Hinterpfote, wohl aber an der Brust. Ein Stich ist in die Lunge gegangen. Zwischen der f&#252;nften und sechsten Rippe klebt eine dicke Blutkruste. Er atmet sehr flach, um die Lunge m&#246;glichst wenig zu bewegen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8fe29cf418fcaeb23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8fe29cf418fcaeb23.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(302)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ich ordne Ruhe an, aufgel&#246;ste B&#252;chsenmilch als Di&#228;t und &#8212; hundert Prozent Schweigen!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In der gleichen Nacht geschieht noch etwas anderes. Die obere Box, in der &#187;das Rattenm&#228;xle&#171; liegt, bricht mitten in der Dunkelheit mit gro&#223;em Get&#246;se zusammen. Einige werfen sich auf den Spitzel, weil er sie im Fall verletzt habe. M&#228;xchen schreit, man wolle ihn t&#246;ten. Er wird erst am Morgen mit gebrochenem Fu&#223; ins Hospital gebracht. Er schw&#246;rt, er wolle lieber barfu&#223; durch die H&#246;lle gehen, als noch ein einziges Mal unser Quartier betreten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diesen Spitzel sind wir los. Aber um welchen Preis?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nat&#252;rlich wei&#223; am n&#228;chsten Morgen doch unsere ganze Baracke, wo Kiki sich befindet. Aber sonst erf&#228;hrt es niemand. Kikis Zustand wechselt stark. Er trinkt nur die Milchsuppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nach f&#252;nf Tagen kommt Berthel endlich aus dem Cachot. Er hat einen Klebeverband um den Kopf, sein rechtes Auge ist blau und gr&#252;n, auch hat er zwei Vorderz&#228;hne verloren. Wir bereiten ihm einen festlichen Empfang. Unsere K&#246;che haben &#187;Nockerln&#171; und Eierkuchen gebacken.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erst sp&#228;tabends verraten wir ihm, wo Kiki liegt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie der Berthel den Verschlag betritt, heult Kiki vor Freude, er springt auf, er leckt Berthels H&#228;nde und Gesicht, er lacht jetzt richtig, indem er die Lippen hochzieht und die oberen Z&#228;hne sehen l&#228;&#223;t. Aber der Freudensprung ist teuer bezahlt. Kiki beginnt Blut zu spucken.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als am n&#228;chsten Mittag Berthel eine Dose B&#252;chsenmilch in der Kantine kaufen will, steht Peppa hinter ihrer gro&#223;en Schwester Mimi. Sie schaut aufmerksam auf Berthels zerschlagenes Gesicht; nat&#252;rlich wei&#223; sie, weshalb Berthel verhaftet worden war; und der Berthel entsinnt sich genau, wie das junge M&#228;del mit einem wilden &#187;hijo de puta!&#171; gegen den Sergeantchef sprang und ihm die Signalpfeife aus der Hand ri&#223;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_336 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8fb4e4c8da6df5ba7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8fb4e4c8da6df5ba7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(303)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Er hatte sich gewundert, da&#223; sie spanisch verstand; aber auch diesseits der Pyren&#228;en ist katalanische und spanische Urbev&#246;lkerung. Er schaut auf Peppa, und Peppa schaut ernst auf ihn; pl&#246;tzlich kneift sie das eine Auge zu wie bei einem alten Kameraden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nachdenklich geht der Berthel mit seiner Dose B&#252;chsenmilch &#252;ber den staubigen, schwarzgrauen Hof des Lagers zu seiner Baracke. Da fa&#223;t ihn eine Hand an der Schulter. &#187;Du hast deine Dose Milch vergessen!&#171; sagt Peppa; und wie der Berthel z&#246;gert, meint sie leise: &#187;Sie ist von mir f&#252;r dich! Salud!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie rennt zur Kantine zur&#252;ck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kikis Befinden hat sich seit dem Freudensprung zu Berthels Ehren erheblich verschlechtert. Er nimmt nichts mehr zu sich. Man m&#252;&#223;te frische Milch haben. Man m&#252;&#223;te ihn hinausschaffen zu einem Veterin&#228;r. Der Blutergu&#223; beginnt zu vereitern!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berthel erh&#228;lt von der Baracke die Erlaubnis, Peppa zu Rate zu ziehen. Da Peppa sowieso Waren an die K&#252;che liefert, ist das nicht schwierig. Peppa bringt jetzt t&#228;glich mit der Margarine und den Nudelpaketen einen halben Liter frische Milch. Sie hockt vor Kiki und hebt ihm das Sch&#228;lchen hin, w&#228;hrend Berthel ihm den Kopf h&#228;lt. Kiki schlappert gehorsam ein paar Schl&#252;cke. Doch schon ist er zu m&#252;de. Er trinkt auch mehr seinen beiden jungen Freunden zuliebe. Die beiden sitzen oft eine ganze Stunde lang in dem Schuppen an Kikis Lager.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8527155cceb2fd34a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8527155cceb2fd34a.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(304)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erst sprechen sie nur zu Kiki, dann &#252;ber Kiki, dann &#252;ber das Lager, die Sergeanten; Peppa spricht &#252;ber die gr&#246;&#223;ere Schwester Mimi, die auf Wunsch der Mutter abends zu den Offizieren gehen mu&#223;, damit die Mutter die Kantine beh&#228;lt; auch da&#223; die Sergeanten sie &#8212; die Peppa &#8212; einmal nachmittags in der Wachstube hoch nehmen wollten; aber da&#223; sie dem Sergeantchef ins Gesicht geschlagen und einen andern in den Daumen gebissen hatte, bis dieses Biest vor Schmerz br&#252;llte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Berthel mu&#223; ihr von Spanien erz&#228;hlen, Peppa hat noch Verwandte jenseits der Pyren&#228;en. Es ist ihr Volk, dessen Sprache sie spricht, f&#252;r das der junge Berthel gek&#228;mpft hat, dessen Sprache auch er versteht. Weshalb er eigentlich f&#252;r Spanien k&#228;mpfte? Und der Berthel mu&#223; erz&#228;hlen, wie er &#8212; vor drei Jahren &#8212; nachts heimlich aus dem Haus seiner Mutter schleichen wollte &#8212; sein Vater war im ersten Weltkrieg verschollen, und die Mutter hatte nur noch ihn, ihren Sohn &#8212;; aber die Mutter h&#246;rte es, sie sprang zur T&#252;r, sie warf sich vor ihm nieder, sie umschlang seine Knie, er fiel mit ihr zu Boden, sie flehte ihn an, bei der Mutter Gottes flehte sie ihn an, sie ohrfeigte ihn, sie k&#252;&#223;te ihn, doch es gelang ihm, sich loszurei&#223;en ... er mu&#223;te &#252;ber viele Grenzen, er wollte mit dem spanischen Volk f&#252;r dessen Freiheit k&#228;mpfen ... und dann kam er nach der Niederlage, schon im Januar 1939, in &lt;a id=&#034;firstHeading&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint-Cyprien hinter Stacheldraht und wieder nach einem anderen Lager hinter Stacheldraht und dann hier hinter Stacheldraht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und was schreibt deine Mutter?&#171; Der Berthel schweigt. &#187;Hast du ihr nicht geschrieben ?&#171; &#187;Doch.&#171; &#187;Und sie hat dir nicht geantwortet ?&#171; &#187; Vielleicht hat sie meine Briefe nicht bekommen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f88782e81975bb8965.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f88782e81975bb8965.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(305)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa hat seine Hand gefa&#223;t. Wie der Berthel sie anschaut, rinnen dicke Tr&#228;nen aus ihren gro&#223;en dunklen Augen. &#187;Pequenio!&#171; sagt sie, obwohl sie selbst kleiner ist als Berthel. Berthel sucht verlegen sein Taschentuch und wischt ihr damit &#252;ber das Gesicht. Kiki ist herangerutscht. Er st&#246;&#223;t den Berthel leise mit seiner Schnauze. Vielleicht h&#228;lt er die Handlung Berthels f&#252;r zu weitgehend; vielleicht ist er eifers&#252;chtig.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seitdem treffen sich die beiden jungen Menschen regelm&#228;&#223;ig bei Kiki. Es ist &#252;brigens kein Veterin&#228;r aufzutreiben; sie befinden sich alle an der Front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einmal fragt Peppa den Berthel: &#187;M&#246;chtest du nicht frei sein? Ich k&#246;nnte dir helfen. Ich kenne einen Posten, er l&#228;&#223;t dich nachts durch, wenn ich gut zu ihm bin.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Berthel erkl&#228;rt ihr, da&#223; er nicht allein sich befreien wolle, da&#223; er allein dar&#252;ber nicht zu entscheiden habe und da&#223; er lieber dem Gardisten die Nase einschl&#252;ge, als dulde, da&#223; Peppa &#187;gut zu ihm sei&#171;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Die Nase schl&#228;gst du ihm ein, Pequenio?&#171; lacht Peppa; und dann k&#252;&#223;t sie den Berthel auf den Mund, immer wieder, weil ihr das gut tut und weil Berthel stilleh&#228;lt, w&#228;hrend Kiki leise dazu heult, diesmal scheint es vor Vergn&#252;gen. Aber Kiki setzt gleich wieder ab, denn sogar dies bi&#223;chen Heulen tut ihm weh; und doch hat er einst bei dem Signal des Hornisten &#187;Au drapeau!&#171; m&#252;helos in den h&#246;chsten T&#246;nen gesungen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82d305b1851fe8d7f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82d305b1851fe8d7f.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(306)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;&#220;brigens&#171;, fragt Peppa den Berthel, &#187;weshalb darfst du nicht frei sein, auch wenn du selbst m&#246;chtest ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und der Berthel erkl&#228;rt seiner kleinen Freundin, was Kameradschaft ist, was Solidarit&#228;t ist, was Disziplin und freiwilliger Gehorsam ist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa soll nachschaun, ob in der Stadt nicht doch ein Veterin&#228;r zu finden sei, der f&#252;r Kiki eine Schwitzmedizin oder etwas gegen den Brusteiter verschreiben k&#246;nne. Da sie nun einmal in die Stadt mu&#223;, geben wir ihr Briefe mit. Man h&#228;tte die Briefe einfach so zum Herausschmuggeln geben k&#246;nnen, wie das oft geschah. Aber der Berthel h&#228;lt es f&#252;r richtig, der Peppa klar zu sagen, da&#223; Kriegszustand herrscht, da&#223; sie etwas riskiert. Peppa antwortet, sie w&#252;rde noch mehr riskieren, wenn es n&#246;tig w&#228;re. Auf die Briefe erhalten wir schon nach zwei Tagen Antwort und wieder direkt durch Peppa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa ist ein mutiges, kluges und zuverl&#228;ssiges M&#228;del. Sie ist unsere Freundin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie wird es noch mehr, wie Kiki stirbt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wir stehen &#8212; acht Mann &#8212; nachts in dem engen Kohlenverschlag. Berthel h&#228;lt Kiki in seinem Scho&#223;. Er feuchtet ihm die Schnauze mit k&#252;hlem Tee. Kiki leckt ein bi&#223;chen. Er schaut uns der Reihe nach an. Er sucht etwas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Da sagt Alek zu Berthel: &#187;Gib ihn mir; er will dich sehen!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vorsichtig gibt Berthel dem Alek den sterbenden Kiki; er stellt sich vor ihn, er spricht leise zu ihm in seinem Wiener Dialekt: &#187;Wo ist denn unser Kiki? Wo ist denn unser Hund? Wo ist denn mein bester Freund ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und Kiki erkennt den Freund, er kann nicht mehr mit dem Schwanz wedeln, aber er zieht ganz deutlich die Oberlippe ein wenig hinauf, da&#223; die wei&#223;en oberen Z&#228;hne blinken.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f89df59e043cc91721.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f89df59e043cc91721.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(307)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiki lacht zum letztenmal. Dann schlie&#223;t er seine klugen, sch&#246;nen hellbraunen Augen. &#187;Kiki, das verspreche ich dir, dein Tod kommt mit auf die gro&#223;e Abrechnungsliste!&#171; sagt der Alek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die ganze Nacht nimmt die Baracke Abschied von Kiki. Immer f&#252;nf bis zehn Mann schleichen &#252;ber den n&#228;chtigen Hof. Viele denken wie Alek. Die ganze Nacht liegt die Baracke wach und spricht von Kiki, dem toten Kameraden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peppa erf&#228;hrt Kikis Tod erst am folgenden Mittag. In der Nacht ist sie am Stacheldraht. Wir werfen ihr einen kleinen Sack hin&#252;ber. Sie hat Kiki drau&#223;en in der Freiheit begraben. Sie hat uns versprochen, eines Tages wird sie uns sein Grab zeigen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_341 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea25e6fa5ea2f392.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea25e6fa5ea2f392.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(308)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cora aux yeux vairons </title>
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		<description>
&lt;p&gt;Cora aux yeux vairons &lt;br class='autobr' /&gt;
Pit et Menne, deux gar&#231;ons rh&#233;nans de douze ans, avaient, comme tous les vrais gar&#231;ons, des jeux et des occupations particuli&#232;res selon la saison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au printemps, lorsque le Rhin en crue charriait de loin des troncs d'arbres arrach&#233;s et des parties de plantes rares, ils 'd&#233;barquaient' d'un radeau, &#224; l'aide d'une longue ligne lest&#233;e de pierres, des 'racines de Suisse' et de l'acore, qu'ils vendaient &#224; la pharmacie comme rem&#232;de contre les maux de dents. En &#233;t&#233;, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique4.html" rel="directory"&gt;Contes et histoires d'animaux pour petits et grands enfants&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cora aux yeux vairons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit et Menne, deux gar&#231;ons rh&#233;nans de douze ans, avaient, comme tous les vrais gar&#231;ons, des jeux et des occupations particuli&#232;res selon la saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps, lorsque le Rhin en crue charriait de loin des troncs d'arbres arrach&#233;s et des parties de plantes rares, ils 'd&#233;barquaient' d'un radeau, &#224; l'aide d'une longue ligne lest&#233;e de pierres, des 'racines de Suisse' et de l'acore, qu'ils vendaient &#224; la pharmacie comme rem&#232;de contre les maux de dents. En &#233;t&#233;, le principal revenu des &#233;coliers entre D&#252;sseldorf et Mayence consistait &#224; 'faire la roue'. Les 'artistes de roue' rh&#233;nans &#233;taient r&#233;put&#233;s dans le monde entier. Le Baedeker les mentionnait avec une &#233;toile juste &#224; c&#244;t&#233; de la maison de Beethoven &#224; Bonn et de la Lorelei pr&#232;s de Sankt Goar. Lorsqu'un bateau &#224; vapeur de passagers accostait au d&#233;barcad&#232;re, nous, les jeunes, &#233;tions d&#233;j&#224; sur la rive, pr&#234;ts &#224; partir ; et lorsque les voyageurs de plaisance entraient dans le pays, nous commencions &#224; nous lancer dans un tourbillon fr&#233;n&#233;tique, chacun d'entre nous accompagnant 'son' client en battant la roue jusqu'&#224; la 'Flotte' ou l'h&#244;tel 'Wilder Mann', ce qui nous valait parfois un centime de la part des &#233;trangers amus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c50e3acd91d1a2bc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c50e3acd91d1a2bc.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(284)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un code de d&#233;ontologie tr&#232;s strict r&#233;gnait parmi les rabatteurs ; il n'y avait pas de concurrence entre eux. Le produit de la vente &#233;tait g&#233;n&#233;ralement transform&#233; &#224; parts &#233;gales en billes, en b&#226;tons de r&#233;glisse, en sucreries ou en feux d'artifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En automne, il &#233;tait interdit de se rendre dans les vignobles - bien s&#251;r avant que les vendanges ne soient termin&#233;es et que les mannequins de paille ne soient br&#251;l&#233;s - et au d&#233;but de l'hiver, on chassait le corbeau et le li&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, chaque vrai gar&#231;on avait 'son' chien de chasse, dont le propri&#233;taire &#233;tait toutefois l'un des commer&#231;ants ais&#233;s, des fabricants de gr&#232;s ou des hauts fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit avait donc lui aussi une chienne de chasse, Cora, un pointer anglais au poil lisse. Le propri&#233;taire de Cora &#233;tait le fabricant de gr&#232;s D&#246;nges. Mais Cora &#233;coutait Pit en cas de d&#233;cision. Lorsque Monsieur D&#246;nges appelait Cora avec son sifflet et que Pit, invisible quelque part, sifflait bri&#232;vement sur deux doigts, la chienne se d&#233;cidait infailliblement pour Pit apr&#232;s un bref combat de l'&#226;me. Voici ce qu'il en &#233;tait. D'apr&#232;s les histoires indiennes, Pit savait comment on peut attacher les chiens de chasse en leur passant souvent sous le nez un m&#233;lange de crachat, de cheveux broy&#233;s et de sueur, en disant : 'Fils (fille) d'une chienne, rien ne nous s&#233;parera plus jamais ! Nous entrerons un jour ensemble dans les terrains de chasse &#233;ternels du grand Manitou !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, Pit l'avait consciencieusement ex&#233;cut&#233;. De plus, il a vol&#233; chaque bouch&#233;e de sa bouche pour son amie aux cheveux blancs et aux taches rouges.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f824b703307b21b4c1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f824b703307b21b4c1.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(285)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut encore mentionner une caract&#233;ristique particuli&#232;re de Cora : elle avait des yeux de couleurs diff&#233;rentes, l'un bleu clair et l'autre marron. Menne, le fils du ma&#238;tre boulanger Schmitz et ami de Pit, l'appelait par gentille d&#233;rision Cora yeux vairons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en d&#233;cembre, pendant les vacances de No&#235;l, que Menne vint chez Pit avec son nouveau fusil pour l'inviter &#224; chasser sur 'l'&#238;le aux corbeaux'. Mais Pit d&#233;cida qu'ils devaient chasser des li&#232;vres et des perdrix, et il voulait bien s&#251;r que les talents de Cora brillent de mille feux sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils partirent donc, Cora 'au pied', Menne le fusil charg&#233; sous le bras, Pit sa fronde &#224; la main, la pierre sur le cuir. Ils choisirent le plateau pr&#232;s de Windhausen, peu fr&#233;quent&#233; par les chasseurs. C'&#233;tait une fin de journ&#233;e de d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8550cd957ffeb60cd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8550cd957ffeb60cd.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(286)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rhin s'&#233;tendait en dessous d'eux comme un ruban bleu-vert m&#233;tallique. A l'ouest, les c&#244;nes de basalte sombres du Plaidter Hummerich et des autres crat&#232;res de l'Eifel se d&#233;tachaient sur le ciel brun rouille. Les gar&#231;ons frissonn&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cora suivait toujours &#224; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, Menne l&#232;ve le flobert ; mais le plomb manque le li&#232;vre en fuite et Cora doit &#234;tre siffl&#233;e. Le coup de feu suivant appartient donc &#224; Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Nous aurions d&#251; ramer jusqu'&#224; l'&#238;le des Corbeaux !' grogne Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; ce moment-l&#224;, Pit a arm&#233; son lance-pierre et a fait sauter la pierre. Une cha&#238;ne de perdrix s'est lev&#233;e. Cora se pr&#233;cipite. Une poule semble malade, elle s'&#233;clipse avec les autres derri&#232;re un groupe de sapins nains pr&#232;s de la croix de chemin en pierre. D&#233;j&#224; Cora donne l'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menne et Pit se pr&#233;cipitent pour s&#233;curiser la proie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas la poule que Cora aboie, c'est une chose &#233;trange qui bouge, un paquet qui g&#233;mit et tressaute, un petit enfant qui se d&#233;bat, envelopp&#233; dans des couvertures brunes. Cora se tient devant l'inqui&#233;tant animal, la queue tendue, et les deux gar&#231;ons restent eux aussi perplexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Une servante l'a abandonn&#233;', explique enfin Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'N'importe quoi ! Enlev&#233; par des gitans et abandonn&#233; ici', lui apprend Pit, qui a beaucoup lu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cora renifle maintenant avec curiosit&#233; et incertitude le minuscule &#234;tre vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Au pied, Cora !' ordonne Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'On le laisse l&#224; ?' demande Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Tu veux qu'il soit kaputt ? Il faut l'emporter et en tout cas le signaler &#224; la police', d&#233;cide Pit. 'Les enfants abandonn&#233;s doivent &#234;tre remis &#224; la police'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2f1f26cb4611c4c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2f1f26cb4611c4c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(287)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d986e373b97f278c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d986e373b97f278c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(288)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, la chasse est termin&#233;e. Tous trois descendent en trottinant de la montagne vers la ville. A tour de r&#244;le, Pit et Menne portent le petit paquet, tandis que Cora ne cesse de leur sauter dessus, curieuse d'observer sa proie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, Menne dit : 'Regarde, Pit, que le diable l'emporte, il a des yeux diff&#233;rents, un clair et un fonc&#233; ...'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'C'est dr&#244;le !' dit Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Cora yeux vairons !' rit Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et si ce n'&#233;tait pas une fille ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une fille que le ma&#238;tre boulanger Schmitz avait accept&#233;e sur l'insistance de son unique gar&#231;on et fait inscrire au nom de Maria. Mais elle s'appela bient&#244;t Cora, ou - si Pit voulait se moquer de Menne - Cora yeux vairons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce nom lui resta, m&#234;me lorsqu'elle fut devenue une grande fille aux longues tresses ch&#226;taines et qu'elle eut termin&#233; l'&#233;cole commerciale ; m&#234;me lorsque la chienne Cora &#233;tait entr&#233;e depuis longtemps dans les terrains de chasse &#233;ternels du grand Manitou, sans que Pit ne l'y ait accompagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es passaient &#224; toute vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et bient&#244;t, les trois amis - Menne, Cora Maria et Pit - avaient &#233;t&#233; emport&#233;s ici et l&#224; par la temp&#234;te du temps, comme des feuilles en automne. Menne voulait &#233;tudier de nouvelles langues apr&#232;s son baccalaur&#233;at, mais &#224; Paris, il s'enthousiasma pour la peinture. Cora partit bient&#244;t le rejoindre. C'est l&#224; qu'ils 'd&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent', comme s'en plaignit un jour, impuissante, la vieille m&#232;re Schmitz &#224; Pit, qui lui rendait visite en vacances et vivait &#224; Berlin comme architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les ann&#233;es pass&#232;rent &#224; nouveau. Menne n'avait plus r&#233;pondu aux &#233;ternelles lettres de reproche de sa m&#232;re. &#201;tait-il m&#234;me encore en vie ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f5b983695ab0c7ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f5b983695ab0c7ca.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(289)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit aussi avait suivi sa propre voie. La politique l'avait pris en grippe. Cette ann&#233;e-l&#224;, alors que le peuple espagnol luttait &#224; mort pour sa jeune libert&#233;, il s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res pour rejoindre les drapeaux des brigades internationales. Mais apr&#232;s la lutte in&#233;gale et malheureuse, il avait &#233;t&#233; intern&#233; avec des milliers de ses camarades dans un camp en France. Ils pass&#232;rent derri&#232;re les barbel&#233;s, puis de nouveau derri&#232;re les barbel&#233;s, de camp en camp, et finalement dans un camp de concentration pr&#232;s de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que Pit r&#233;ussit &#224; s'&#233;chapper avec son ami yougoslave Dragotin, juste au moment o&#249; Hitler occupait toute la France. Ce n'&#233;tait pas un moment heureux. Les partisans du tra&#238;tre P&#233;tain manifestaient dans une marche &#224; travers Marseille. Les patriotes fran&#231;ais, eux, avaient lanc&#233; le mot d'ordre : Baissez les volets. Tout le monde reste dans les appartements ! On vide les rues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les agents de P&#233;tain et les patrouilles nazies se mirent &#224; chasser les quelques passants ignorants pour fouiller leurs papiers. Pit et Dragotin cherch&#232;rent &#224; se faufiler vers le 'Vieux-Port'. Mais bient&#244;t, deux 'Flics' les talonn&#232;rent &#224; nouveau. Commen&#231;a alors une fuite effr&#233;n&#233;e &#224; travers les ruelles du vieux Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'L&#224;-dedans !' chuchote Pit &#224; son ami, comme il remarque la porte entrouverte d'un immeuble &#233;troit &#224; hauts &#233;tages. Ils sautent dans la maison, poussent rapidement la porte dans la serrure et se h&#226;tent de monter les escaliers pour se cacher dans le grenier. Mais le grincement de l'escalier les trahit. Les fentes des portes s'ouvrent. Partout, des regards inquisiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est l'ami ici ? Qui est l'ennemi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bas, on frappe violemment &#224; la porte d'une maison voisine. Les habitants &#233;coutent ; ils scrutent les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est qui ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f47321e4be6d424.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f47321e4be6d424.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(290)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pens&#233;es de Pit se bousculent : doit-il jouer cartes sur table ? S'expliquer rapidement ? Qui, parmi la douzaine de t&#234;tes espionnes, osera &#234;tre son ami ? Non, plus haut, peu importe ! Et s'il le faut, demander quelque M. Dupont ou Meunier ! Gagner du temps et puis ... mais quand les agents passeront les maisons au peigne fin, puis &#224; nouveau les camps de concentration, les barbel&#233;s, les bunkers - et la fin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'En haut !' souffle Pit au Yougoslave et veut monter l'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Mon Dieu, Pierre ?' entend-il une voix, stridente, jubilatoire et pleine de peur. 'Viens ici ! Par ici, Pit ! Viens, mon ami !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Pit - d'o&#249; vient la voix ? - les pens&#233;es s'acc&#233;l&#232;rent comme dans un barrage fluvial. Et voil&#224; que parmi les autres habitants de l'&#233;tage se tient une femme avec un ch&#226;le multicolore sur les &#233;paules et des cheveux ch&#226;tains travers&#233;s par d'&#233;paisses m&#232;ches grises, et - est-ce un r&#234;ve, un miracle, un conte de f&#233;es - cette femme a un &#339;il bleu et un &#339;il brun. 'Oh, Pit !' dit-elle doucement en lui tendant les deux mains et en le serrant contre sa poitrine. Et aux autres : 'C'est un vieil ami, un tr&#232;s bon ami, messieurs, dames ! Que je suis heureuse !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle les entra&#238;ne dans son appartement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pit, mon cher, est-ce que c'est vrai, Pit ?' demande-t-elle &#224; l'int&#233;rieur &#224; son vieil ami, car elle ne cesse de l'embrasser en pleurant, de le serrer dans ses bras et de le tenir par la main, de le regarder et de l'embrasser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f069fd98b723e294.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f069fd98b723e294.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(291)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Asseyez-vous donc, mes amis, vous avez faim, vous avez soif !' Et comme elle remarque les yeux de Dragotin qui &#233;coutent dehors, elle dit : 'C'est vrai, je dois l'expliquer aux voisins ! Asseyez-vous, ne bougez pas, je reviens tout de suite !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se pr&#233;cipite dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Qu'est-ce que c'&#233;tait ?' demande Dragotin &#224; son ami allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit s'est lev&#233; comme s'il n'avait pas entendu la question. Il se dirige silencieusement vers le mur o&#249; sont &#233;pingl&#233;s de nombreux cartons color&#233;s, comme dans l'atelier d'un peintre. Sur un carton, il reconna&#238;t le portrait d'un homme, l'autoportrait de son ami Menne, un visage &#233;troit et &#233;maci&#233; aux yeux graves mais pas du tout malheureux ; et cette image est enlac&#233;e par en dessous par une branche de laurier-rose clou&#233;e, qui a certainement d&#233;j&#224; des ann&#233;es, mais dont le feuillage est encore bien conserv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f963235b980c1afd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f963235b980c1afd.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(292)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233;, un autre carton est fix&#233;, un carton avec la t&#234;te d'un chien, un pointer avec des poils blancs, des taches rouge&#226;tres sur les oreilles et un &#339;il bleu clair et un &#339;il brun fonc&#233; ... Cora aux yeux vairons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e9389482397f9de1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e9389482397f9de1.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(293)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="de">
		<title>Cora Buntauge</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article45.html</link>
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		<dc:date>2023-12-24T13:18:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Friedrich Wolf</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cora Buntauge &lt;br class='autobr' /&gt;
Pit und Menne, zwei zw&#246;lfj&#228;hrige rheinsche Jungens, hatten wie alle richtigen Jungens je nach der Jahreszeit ihre besonderen Spiele und Besch&#228;ftigungen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Im Fr&#252;hjahr, wenn der hochgehende Rhein losgerissene Baumst&#228;mme und seltene Pflanzenteile von weit her mit sich f&#252;hrte, &#187;l&#228;ndeten&#171; sie von einem Flo&#223; mit einer langen steinbeschwerten Leine &#187;Schweizerwurzel&#171; und Kalmus, die sie als Mittel gegen Zahnschmerzen in der Apotheke verkauften. Im Sommer bestand die Haupteinnahme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique5.html" rel="directory"&gt;M&#228;rchen und Tiergeschichten f&#252;r gro&#223;e und kleine Kinder&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cora Buntauge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit und Menne, zwei zw&#246;lfj&#228;hrige rheinsche Jungens, hatten wie alle richtigen Jungens je nach der Jahreszeit ihre besonderen Spiele und Besch&#228;ftigungen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Im Fr&#252;hjahr, wenn der hochgehende Rhein losgerissene Baumst&#228;mme und seltene Pflanzenteile von weit her mit sich f&#252;hrte, &#187;l&#228;ndeten&#171; sie von einem Flo&#223; mit einer langen steinbeschwerten Leine &#187;Schweizerwurzel&#171; und Kalmus, die sie als Mittel gegen Zahnschmerzen in der Apotheke verkauften. Im Sommer bestand die Haupteinnahme der Schuljungen zwischen D&#252;sseldorf und Mainz im &#187;Radschlagen&#171;. Die rheinischen Radschl&#228;ger waren geradezu weltber&#252;hmt. Der Baedeker vermerkte sie unmittelbar neben dem Beethovenhaus in Bonn und der Lorelei bei St. Goar mit einem Stern. Wenn ein Personendampfer an der Landungsbr&#252;cke anlegte, standen wir Jungens schon startbereit am Ufer; und sowie die Vergn&#252;gungsreisenden das Land betraten, begannen wir im rasenden Wirbel loszulegen, indem ein jeder von uns &#187;seinen&#171; Kunden radschlagend bis zur &#187;Flotte&#171; oder zum Hotel &#187; Wilder Mann&#171; begleitete, wof&#252;r man von den belustigten Fremden bisweilen einen Groschen erhielt.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c50e3acd91d1a2bc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c50e3acd91d1a2bc.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(284)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hierbei herrschte unter den Radschl&#228;gern ein strenger Standeskodex; es gab keine Schmutzkonkurrenz. Der Erl&#246;s wurde meist gemeinsam in Murmeln, Lakritzstangen, Zuckerzeug oder Feuerwerksk&#246;rpern umgesetzt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Im Herbst ging man &#8212; nat&#252;rlich bevor die Traubenernte freigegeben und die Strohpuppen abgebrannt waren &#8212; verbotenerweise in die Weinberge und im fr&#252;hen Winter auf die Rabenund Hasenjagd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selbstverst&#228;ndlich hatte jeder richtige Junge &#187;seinen&#171; Jagdhund, dessen Besitzer allerdings einer der wohlhabenden Kaufleute, Sandsteinfabrikanten oder oberen Beamten war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So hatte auch Pit eine Jagdh&#252;ndin &#8212; Cora &#8212;, einen englischen, glatthaarigen Pointer. Coras Besitzer war der Sandsteinfabrikant D&#246;nges. Aber Cora h&#246;rte im Entscheidungsfalle auf Pit. Wenn Herr D&#246;nges mit seiner Trillerpfeife Cora rief und Pit von irgendwo unsichtbar auf zwei Fingern seinen kurzen Gegenpfiff ert&#246;nen lie&#223;, so entschied sich die H&#252;ndin nach kurzem Seelenkampf unfehlbar f&#252;r Pit. Damit hatte es folgende Bewandtnis. Aus Indianergeschichten wu&#223;te Pit, wie man Jagdhunde an sich fesseln kann, indem man ihnen &#246;fters eine Mischung von Spucke, zerriebenem Kopfhaar und Schwei&#223; unter die Nase streicht, wobei man zu sagen hat: &#187;Sohn (Tochter) einer H&#252;ndin, nichts wird uns f&#252;rder mehr trennen! Wir werden dereinst gemeinsam in die ewigen Jagdgr&#252;nde des gro&#223;en Manitu eingehen!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dies alles hatte Pit gewissenhaft ausgef&#252;hrt. Zudem stahl er f&#252;r seine wei&#223;haarige, rotgefleckte Freundin sich jeden Bissen vom Munde ab.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f824b703307b21b4c1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f824b703307b21b4c1.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(285)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier sei noch ein besonderes Merkmal Coras verzeichnet; sie hatte verschiedenfarbige Augen &#8212; ein hellblaues und ein braunes. Menne, der Sohn des B&#228;ckermeisters Schmitz und Pits Freund, nannte sie sp&#246;ttischerweise deshalb Cora Buntauge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es war nun im Dezember, in den Weihnachtsferien, da Menne mit seiner neuen B&#252;chse zu Pit kam, um ihn zur Jagd auf der &#187;Rabeninsel&#171; einzuladen. Pit aber entschied, da&#223; sie &#8212; wenn schon &#8212; Hasen und Rebh&#252;hner jagen m&#252;&#223;ten; er wollte hierbei nat&#252;rlich Coras F&#228;higkeiten auf offenem Feldgel&#228;nde in hellem Lichte erstrahlen lassen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So zogen sie los, Cora &#187;bei Fu&#223;&#171;, Menne die geladene B&#252;chse unter dem Arm, Pit seine Schleuder in der Hand, den Stein auf dem Leder. Sie w&#228;hlten das von J&#228;gern wenig besuchte Hochplateau bei Windhausen. Es war ein sp&#228;ter Dezembertag.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8550cd957ffeb60cd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8550cd957ffeb60cd.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(286)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Rhein lag unter ihnen wie ein blaugr&#252;nes metallenes Band. Im Westen standen die dunklen Basaltkegel des Plaidter Hummerich und der anderen Eifelkrater gegen den rostbraunen Himmel. Den Jungens fr&#246;stelte es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cora folgte noch immer bei Fu&#223;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pl&#246;tzlich rei&#223;t Menne den Flobert hoch; aber das Blei verfehlt den fl&#252;chtigen Hasen, und Cora mu&#223; zur&#252;ckgepfiffen werden. Der n&#228;chste Schu&#223; geh&#246;rt also Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Wir h&#228;tten auf die Rabeninsel rudern sollen!&#171; knurrt Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch in diesem Moment hat Pit seine Schleuder gespannt und den Stein abgeschnellt. Eine Rebhuhnkette ist hochgegangen. Cora saust los. Ein Huhn scheint krank zu sein, es verzieht sich mit den anderen hinter einer Zwergtannengruppe an dem steinernen Wegkreuz. Schon meldet Cora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Menne und Pit rennen hinzu, die Beute zu sichern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aber Cora verbellt nicht das Huhn, sondern ein seltsames, sich bewegendes Etwas, ein winselndes, zuckendes B&#252;ndel, ein strampelndes, in braune Decken gewickeltes Kindchen. Cora steht vor dem unheimlichen Wild mit gestreckter Rute, Auch die beiden Jungens stehen ratlos da.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Von 'ner Dienstmagd&#171;, erkl&#228;rt endlich Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Unsinn! Von Zigeunern geraubt und hier ausgesetzt&#171;, belehrt ihn der belesene Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cora beschn&#252;ffelt jetzt neugierig und unsicher das winzige Lebewesen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Bei Fu&#223;, Cora!&#171; befiehlt Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Lassen wir es liegen?&#171; fragt Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Soll wohl hier kaputtgehen? Man mu&#223; es mitnehmen und auf jeden Fall bei der Polizei melden!&#171; entscheidet Pit. &#187; Ausgesetzte Kinder sind bei der Polizei abzuliefern!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2f1f26cb4611c4c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8c2f1f26cb4611c4c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(287)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d986e373b97f278c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d986e373b97f278c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(288)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aus ist's an diesem Tag mit der Jagd. Die drei trotten den Berg hinab zur Stadt. Abwechselnd tragen Pit und Menne das kleine B&#252;ndel, w&#228;hrend Cora immer wieder an ihnen neugierig emporspringt, die Beute zu betrachten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pl&#246;tzlich sagt Menne: &#171;Guck her, Pit, der Teufel hol's, es hat ja verschiedene Augen, ein helles und ein dunkles ...&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Komisch!&#171; meint Pit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Cora Buntauge!&#171; lacht Menne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und wenn's gar kein M&#228;dchen ist?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es war ein M&#228;dchen, das der B&#228;ckermeister Schmitz auf Dr&#228;ngen seines einzigen Jungen annahm und auf den Namen Maria einschreiben lie&#223;. Aber bald hie&#223; es Cora, oder &#8212; wenn Pit den Menne aufziehen wollte &#8212; Cora Buntauge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und dieser Name blieb ihr, auch als sie zu einem gro&#223;en M&#228;dchen mit langen kastanienbraunen Z&#246;pfen herangewachsen war und die kaufm&#228;nnische Fortbildungsschule beendet hatte; auch als die H&#252;ndin Cora l&#228;ngst in die ewigen Jagdgr&#252;nde des gro&#223;en Manitu eingegangen war, ohne da&#223; Pit sie dorthin begleitet h&#228;tte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Jahre eilten dahin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und bald waren die drei Freunde &#8212; Menne, Cora Maria und Pit &#8212; im Sturm der Zeit wie Bl&#228;tter im Herbst hierhin und dorthin geweht worden. Menne wollte nach seinem Maturum neue Sprachen studieren; doch in Paris verfiel er auf die Malerei. Cora fuhr bald zu ihm. Da seien die beiden &#187;verkommen&#171;, wie die alte Mutter Schmitz dem auf Urlaub sie besuchenden Pit, der in Berlin als Architekt lebte, eines Tages hilflos klagte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und wieder verflogen die Jahre. Menne hatte auf die ewig vorwurfsvollen Briefe der Mutter nicht mehr geantwortet. Ob er &#252;berhaupt noch lebte?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f5b983695ab0c7ca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f5b983695ab0c7ca.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(289)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch Pit war seinen eigenen Weg gegangen. Ihn hatte die Politik gepackt. In jenem Jahr, als das spanische Volk um seine junge Freiheit auf Tod und Leben rang, war er &#252;ber die Grenzen hinweg zu den Fahnen der Interbrigaden geeilt. Dann aber nach dem ungleichen, ungl&#252;cklichen Kampf hatte man ihn mit Tausenden seiner Kameraden in einem Lager Frankreichs interniert. Sie kamen hinter Stacheldraht und wieder hinter Stacheldraht, von Lager zu Lager, zuletzt in ein KZ bei Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier gelang es nun Pit, mit seinem jugoslawischen Freund Dragotin zu entfliehen, gerade in dem Augenblick, da Hitler ganz Frankreich besetzte. Es war kein gl&#252;cklicher Moment. Die Anh&#228;nger des Verr&#228;ters Petain demonstrierten in einem Marsch durch Marseille. Die franz&#246;sischen Patrioten aber hatten die Parole ausgegeben: Die L&#228;den herab. Alles bleibt in den Wohnungen! Leere Stra&#223;en!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So kam es, da&#223; die Agenten Petains und die Nazipatrouillen auf die wenigen unwissenden Passanten Jagd machten, um deren Papiere zu durchst&#246;bern. Pit und Dragotin suchten nach dem &#187; Vieux-Port&#171; auszuweichen. Bald jedoch hatten sie wieder zwei &#187;Flics&#171; an den Fersen. Es begann eine wilde Flucht durch die G&#228;&#223;chen des alten Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Da hinein!&#171; fl&#252;stert Pit dem Freund zu, wie er die angelehnte T&#252;r eines schmalen, hochst&#246;ckigen Geb&#228;udes bemerkt. Sie springen ins Haus, dr&#252;cken schnell die T&#252;r ins Schlo&#223; und eilen die Stiegen empor, sich auf dem Speicher zu verbergen. Aber die knarrende Treppe hat sie verraten. T&#252;rspalten &#246;ffnen sich. &#220;berall forschende Blicke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wer ist hier Freund? Wer Feind?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heftig pocht man drunten an die T&#252;re eines Nachbarhauses. Die Bewohner horchen; sie mustern die Fl&#252;chtlinge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wer ist wer?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f47321e4be6d424.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f47321e4be6d424.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(290)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Pit schie&#223;en die Gedanken durcheinander: Soll er mit offenen Karten spielen? Schnell sich erkl&#228;ren? Wer von den Dutzend sp&#228;henden K&#246;pfen wird es wagen, Freund zu sein? Nein, weiter hinauf, ganz gleich! Und wenn not, nach irgendeinem Mr. Dupont oder Meunier fragen! Zeit gewinnen und dann ... doch wenn die Agenten die H&#228;user durchk&#228;mmen, dann wieder KZ, Stacheldraht, Bunker &#8212; und das Ende?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Nach oben!&#171; haucht Pit dem Jugoslawen zu und will die Treppe hinauf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Mon Dieu, Pierre?&#171; h&#246;rt er eine Stimme, schrill, jauchzend und voller Angst. &#187;Viens ici! Hierher, Pit! Viens, mon ami!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In Pit rauschen &#8212; woher die Stimme? &#8212; die Gedanken wie in einem Stromwehr. Und da steht unter den anderen Bewohnern der Etage eine Frau mit einem bunten Schultertuch und kastanienbraunem Haar, durch das sich dicke graue Str&#228;hnen ziehen, und &#8212; ist es ein Traum, ein Wunder, ein M&#228;rchen &#8212; diese Frau hat ein blaues und ein braunes Auge. &#187;Oh, Pit!&#171; sagt sie leise und reicht ihm beide H&#228;nde, ihn an ihre Brust rei&#223;end. Und zu den anderen: &#187;C'est un vieux ami, un tr&#232;s bon ami, messieurs, dames! Que je suis heureuse!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie zieht die beiden in ihre Wohnung.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Pit, mein Bester, ist's denn wahr, Pit?&#171; fragt sie drinnen den alten Freund, da sie ihn immer wieder unter Tr&#228;nen k&#252;&#223;t und umarmt und von sich h&#228;lt und ihn betrachtet und k&#252;&#223;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f069fd98b723e294.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f069fd98b723e294.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(291)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Setzt euch doch, Freunde, ihr habt Hunger, habt Durst!&#171; Und wie sie die nach drau&#223;en lauschenden Augen Dragotins bemerkt, meint sie: &#187;Richtig, ich mu&#223; es den Nachbarn erkl&#228;ren! Setzt euch, seid ganz ruhig, ich bin gleich zur&#252;ck!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie eilt hinaus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Was war das?&#171; fragt Dragotin den deutschen Freund.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pit ist aufgestanden, als habe er die Frage nicht geh&#246;rt. Er geht leise zur Wand, wo viele farbige Kartons angeheftet sind wie im Atelier eines Malers. Auf einem Karton erkennt er das Bildnis eines Mannes, das Selbstbildnis seines Freundes Menne, ein schmales, ausgezehrtes Gesicht mit ernsten, aber gar nicht ungl&#252;cklichen Augen; und dieses Bild umarmt von unten ein angenagelter, gewi&#223; schon jahrealter, aber in der Bl&#228;tterform noch wohlerhaltener Oleanderzweig.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f963235b980c1afd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f963235b980c1afd.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(292)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daneben aber ist ein anderer Karton befestigt, ein Karton mit dem Kopf eines Hundes, eines Pointers mit wei&#223;em Haar, r&#246;tlichen Flecken auf den Ohren und einem hellblauen und einem dunkelbraunen Auge ... Cora Buntauge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e9389482397f9de1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e9389482397f9de1.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(293)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment les abeilles ont vaincu les gu&#234;pes meurtri&#232;res</title>
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&lt;p&gt;Une histoire &#233;pineuse &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, tous les lecteurs de cette histoire savent que la grande famille des abeilles compte deux genres principaux - les 'butineuses &#224; pattes' et les 'butineuses &#224; ventre'. Le travail le plus important de l'abeille est de nourrir son couvain, qui se compte en milliers, avec le pollen qu'elle a r&#233;colt&#233;, compl&#233;t&#233; par du miel, et avec une bouillie alimentaire produite dans son corps. L'abeille aspire le miel des calices profonds des fleurs &#224; l'aide de sa langue ou de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique4.html" rel="directory"&gt;Contes et histoires d'animaux pour petits et grands enfants&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une histoire &#233;pineuse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, tous les lecteurs de cette histoire savent que la grande famille des abeilles compte deux genres principaux - les 'butineuses &#224; pattes' et les 'butineuses &#224; ventre'. Le travail le plus important de l'abeille est de nourrir son couvain, qui se compte en milliers, avec le pollen qu'elle a r&#233;colt&#233;, compl&#233;t&#233; par du miel, et avec une bouillie alimentaire produite dans son corps. L'abeille aspire le miel des calices profonds des fleurs &#224; l'aide de sa langue ou de sa l&#232;vre inf&#233;rieure prolong&#233;e en trompe d'aspiration. Or, le jeune couvain ne se contente pas du nectar liquide du miel, il a besoin d'une nourriture plus substantielle, pr&#233;cis&#233;ment du pollen que les abeilles r&#233;coltent sur les fleurs, qu'elles transportent souvent sur de longues distances jusqu'&#224; leur nid et qu'elles y d&#233;posent ensuite. Pour cela, les abeilles ont besoin de certains dispositifs de butinage, qui sont tr&#232;s diff&#233;rents pour les deux esp&#232;ces principales. Comme nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;, il y a les 'butineuses &#224; pattes' et les 'butineuses &#224; ventre'. Les butineuses &#224; pattes ont les longs poils, souvent boucl&#233;s, sur lesquels le pollen reste accroch&#233;, sur leurs pattes arri&#232;re, tandis que les butineuses abdominales ont les poils sur la face post&#233;rieure de l'abdomen. On admettra qu'il s'agit l&#224; d'une diff&#233;rence notable, surtout si l'on observe une abeille butineuse &#224; pattes ou une butineuse &#224; ventre juste apr&#232;s avoir visit&#233; les chatons jaunes des noisetiers ou les fleurs de primev&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_301 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f88538da6d2c730763.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f88538da6d2c730763.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(268)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les butineuses &#224; pattes quittent alors leur paradis floral avec d'&#233;paisses 'culottes' jaunes sur les cuisses, les butineuses &#224; ventre avec une sorte de 'jupe' sur l'abdomen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne suffit pas ! Les cueilleurs de pattes se divisent encore en 'cueilleurs de tibias' ou 'cueilleurs de cuisses' en fonction de l'emplacement sp&#233;cial des poils de leurs pattes &#224; l'ext&#233;rieur de la glissi&#232;re arri&#232;re ou de la cuisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne rappellerions pas ici ces faits bien connus s'ils n'&#233;taient pas particuli&#232;rement importants pour notre histoire. En effet, il semble que les diff&#233;rents genres et esp&#232;ces d'abeilles soient &#233;galement conscients de ces caract&#233;ristiques importantes, ce qui, comme nous le verrons plus loin, a des cons&#233;quences importantes. A cela s'ajoute le fait que, dans notre histoire, les 'abeilles des sables' apparaissent en tant que butineuses &#224; pattes et construisent leurs nids dans le sol meuble et sablonneux &#224; la mani&#232;re de tubes, tandis que les 'abeilles ma&#231;onnes', qui construisent sur les parois rocheuses et les murs, apparaissent comme repr&#233;sentantes des butineuses &#224; ventre. Les deux esp&#232;ces vivent comme des 'abeilles sauvages'. Elles aiment et d&#233;fendent leur libert&#233;. Elles ont leurs ennemis et sont oblig&#233;es, dans les moments de danger soudain, de prendre des d&#233;cisions particuli&#232;res qui vont &#224; l'encontre de leurs habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous devons encore pr&#233;senter bri&#232;vement notre 'abeille mellif&#232;re' bien connue qui, &#224; l'instar des butineuses, poss&#232;de &#224; l'arri&#232;re de ses cuisses des touffes de poils denses et des 'corbeilles' pour recueillir le pollen, mais qui, contrairement aux 'abeilles des sables et des murailles' sauvages, se pr&#233;sente en grande communaut&#233; formant un &#201;tat - en essaim.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d4c34e6e74cc9a84.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d4c34e6e74cc9a84.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(269)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces choses connues et ordinaires font partie de notre histoire insolite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ce jour de printemps, alors que trois abeilles des sables de la colonie du Repos du groseillier avaient recueilli la poussi&#232;re de pollen des arbustes &#224; baies en fleurs, des noisetiers et des chatons de saule sur les longues touffes de poils de leurs cuisses post&#233;rieures, et qu'elles retournaient &#224; leurs nids situ&#233;s dans la terre meuble pr&#232;s du mur du jardin, dix grandes abeilles ma&#231;onnes leur barr&#232;rent le chemin et accus&#232;rent les abeilles des sables d'avoir p&#233;n&#233;tr&#233; dans le domaine des abeilles ma&#231;onnes de l'all&#233;e de tilleuls et des champs de tr&#232;fles et de lupins plus &#233;loign&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi ne serions-nous pas autoris&#233;es &#224; r&#233;colter le miel de tilleul ?' demanda Siggi, la petite abeille des sables. 'Il y en a encore assez pour vous aussi'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86feeb0bf8925ca2c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86feeb0bf8925ca2c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(270)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'abeille ma&#231;onne Pschit r&#233;pliqua : 'Nous avons besoin de tout ce miel pour notre salive et notre mortier ; un point c'est tout !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les grosses abeilles ma&#231;onnes prirent tout simplement le pollen et le miel des petites abeilles des sables, qui ne provenaient pas du tout des fleurs de tilleul. La grosse abeille ma&#231;onne Pschut se moqua encore : 'De toute fa&#231;on, vous qui avez des poils sur les cuisses, vous perdez la moiti&#233; de votre charge en route, alors que nous, dans notre &#233;paisse fourrure de velours, nous pouvons en porter deux fois plus'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tristes, les petites abeilles des sables rentr&#232;rent chez elles, ramp&#232;rent avec leurs petites t&#234;tes rouges et leurs petits ventres blancs dans leurs nids de terre tubulaires et bross&#232;rent les grains de pollen restants dans les cellules rondes du nid pour les &#339;ufs qu'elles y avaient d&#233;pos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les abeilles ma&#231;onnes, qui n'habitaient pas seulement plus haut - elles avaient construit tout en haut du haut mur du jardin, avec du sable fin et leur salive comme mortier, un grand nid avec des douzaines de cellules spacieuses -, les abeilles ma&#231;onnes s'&#233;levaient aussi au-dessus des abeilles du sable ; elles commenc&#232;rent &#224; les opprimer et &#224; leur imposer une zone &#233;troite, d&#233;limit&#233;e par le mur du jardin ; d'apr&#232;s les abeilles ma&#231;onnes il y aurait ici dans le jardin assez de fleurs de haricots et de fleurs pour une si petite colonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un matin, le jardin est envahi par un bourdonnement mena&#231;ant, une grosse gu&#234;pe. Avec ses terribles pinces et son dard venimeux meurtrier, cette cr&#233;ature aux yeux immenses bord&#233;s de jaune vif et &#224; l'&#233;cusson jaune sur la t&#234;te surmont&#233; de trois points noirs compte parmi les pr&#233;dateurs et les ennemis les plus f&#233;roces des col&#233;opt&#232;res, des mouches, des papillons et des abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f817b875cc1e798b0c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f817b875cc1e798b0c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(271)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pr&#233;dateur pr&#233;f&#232;re, au lieu du travail p&#233;nible de collecte du pollen, entamer les p&#234;ches et les mirabelles juteuses, grignoter des g&#226;teaux et des compotes dans les restaurants ou encore attaquer les col&#233;opt&#232;res, les mouches et les abeilles, qu'il tue avec son dard venimeux avant de les d&#233;membrer avec ses pinces &#224; mordre. Il consomme imm&#233;diatement une partie de la proie, et transporte le reste comme nourriture carn&#233;e dans le nid, aupr&#232;s des larves. Un bandit particuli&#232;rement dangereux, qui construit souvent sa tani&#232;re sur les pentes sablonneuses &#224; proximit&#233; des habitations des abeilles et qui s'attaque de pr&#233;f&#233;rence aux abeilles des sables et aux abeilles mellif&#232;res, est la grande gu&#234;pe meurtri&#232;re, dont les anneaux corporels sont de couleur noire et jaune, &#233;galement appel&#233;e 'abeille loup'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons dit, un matin, alors que Siggi, l'abeille des sables, et sa s&#339;ur Tilli s'appr&#234;tent &#224; d&#233;poser le miel qu'elles ont p&#233;niblement r&#233;colt&#233; dans leur nid pr&#232;s du mur du jardin, une grosse chose les frappe d'en haut en bourdonnant et, tandis qu'elle saute sur le c&#244;t&#233;, elle atteint la petite Tilli. En un &#233;clair, Tchoch, la gu&#234;pe meurtri&#232;re, jette l'abeille des sables &#224; terre, la paralyse d'une piq&#251;re de son dard venimeux et commence &#224; la tra&#238;ner au loin. La courageuse petite Siggi tente d'arracher Tilli au pr&#233;dateur. La gu&#234;pe meurtri&#232;re la pique &#224; son tour, sans l'atteindre. Mais le puissant bandit continue de tra&#238;ner Tilli, qui est inconsciente. Dans cette d&#233;tresse, Siggi, la petite abeille des sables qui se bat, aper&#231;oit en haut du mur du jardin la grande abeille ma&#231;onne Pschit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Au secours, ch&#232;re Pschit !' crie Siggi. 'Au secours ! Sinon, Tilli est perdue !'&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f89c92d088fd5a735d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f89c92d088fd5a735d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(272)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'abeille ma&#231;onne, du haut de son perchoir s&#233;curis&#233;, r&#233;torque : 'Je suis extraordinairement d&#233;sol&#233;e ; mais tu vois, je suis totalement occup&#233;e par la construction de notre nid ; de plus, je n'aime pas me m&#234;ler des affaires des autres'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les abeilles &#224; miel, vers la corbeille de laquelle la petite Siggi d&#233;sesp&#233;r&#233;e vole dans le jardin, ne peuvent pas l'aider, car leur reine, qu'elles appellent 'la grande m&#232;re', est sur le point d'effectuer son vol nuptial et qu'il faut encore nourrir sp&#233;cialement les gros faux bourdons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Siggi revient au mur, la gu&#234;pe meurtri&#232;re a disparu avec la petite Tilli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, ce l&#233;ger succ&#232;s de la gu&#234;pe Tchoch s'est vite propag&#233; aux autres gu&#234;pes meurtri&#232;res. Car elles apparaissaient maintenant par cinq ou six au-dessus des terriers des abeilles des sables et interceptaient celles qui revenaient. Les abeilles des sables se sont empress&#233;es de recouvrir les petites cavit&#233;s de leurs nids, ont quitt&#233; cet endroit et se sont r&#233;fugi&#233;es sous une &#233;paisse haie de framboisiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Tchoch r&#233;apparut le lendemain avec sa bande de brigands et trouva le bon terrain de chasse abandonn&#233;, les gu&#234;pes meurtri&#232;res se mirent &#224; la recherche d'une autre proie. Et voil&#224; que tout en haut du mur du jardin, des abeilles semblables volaient, sauf qu'elles n'avaient pas de 'culottes' dor&#233;es autour des pattes, mais des 'jupes' jaunes autour du ventre. Mais petites jupes ou petites culottes, ramasseuses de jambes ou de ventre, quelle diff&#233;rence cela faisait-il pour Tchoch et sa bande ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ded09956b131b6bd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ded09956b131b6bd.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(273)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gu&#234;pes meurtri&#232;res n'attendirent pas non plus longtemps pour demander si les abeilles ma&#231;onnes avaient termin&#233; leur terrier. Les voleurs se pr&#233;cipit&#232;rent, saisirent, piqu&#232;rent, mordirent et, avant que les autres abeilles ma&#231;onnes du nid aient pu donner l'alarme, emport&#232;rent au vol cinq des victimes &#233;tourdies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abeilles ma&#231;onnes furent alors tr&#232;s troubl&#233;es. Elles se sont imm&#233;diatement r&#233;unies pour une consultation extraordinaire. Certains d&#233;clar&#232;rent qu'il fallait quitter ce mur imm&#233;diatement. Mais Pschit demanda ce qu'il adviendrait alors du couvain ? Et plus loin : 'Est-ce qu'on envisage de construire une nouvelle habitation maintenant, en plein &#233;t&#233; ? La grosse Pschut refusa cat&#233;goriquement une telle demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, mettre des gardes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on savait que les gu&#234;pes tueuses allaient revenir, et en force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ensuite ? Pouvait-on engager le combat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il faut s'adresser aux abeilles mellif&#232;res', expliqua Pschit. 'Elles doivent nous aider et former avec nous un groupe de d&#233;fense ; c'est dans leur propre int&#233;r&#234;t !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pschit fut donc envoy&#233; avec deux autres n&#233;gociateurs aupr&#232;s du grand essaim d'abeilles &#224; miel qui se trouvait dans le jardin. Il faut mentionner ici que les abeilles mellif&#232;res se disputaient avec les abeilles ma&#231;onnes - comme ces derni&#232;res avec les abeilles des sables - parce que les abeilles ma&#231;onnes survolaient constamment la limite neutre de cent m&#232;tres de leur zone de collecte de l'all&#233;e des tilleuls et apportaient le pollen et le miel des champs de lupin et de tr&#232;fle, le domaine des abeilles mellif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c690d0e5a7418f9c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c690d0e5a7418f9c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Pschit et ses compagnons entr&#232;rent dans la ruche et pr&#233;sent&#232;rent leur requ&#234;te au nom de toutes les abeilles ma&#231;onnes, les abeilles mellif&#232;res d&#233;clar&#232;rent : 'Vous venez maintenant et vous voulez notre aide ? Mais vous n'avez pas voulu reconna&#238;tre la limite de cent m&#232;tres de miel'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il ne s'agit pas d'une limite de cent ou cinq cents m&#232;tres', dit Pschit, 'si nous ne repoussons pas ensemble aujourd'hui la bande de pr&#233;dateurs des gu&#234;pes meurtri&#232;res, ni vous ni nous n'aurons plus besoin de parler de limite demain'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvri&#232;res des abeilles mellif&#232;res r&#233;pliqu&#232;rent : 'Nous n'avons absolument pas le temps de parler longuement maintenant. Lib&#233;rez le trou de vol ! Dehors, des dizaines de coll&#232;gues attendent avec leur charge de miel. Car apr&#232;s-demain, ce sera le vol nuptial de notre reine'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et pour cela, nous devons encore prendre de puissantes forces et avaler du miel afin d'atteindre Madame &#224; cent m&#232;tres de hauteur', grommela Dagobert, un gros bourdon m&#226;le qui s'approchait en se dandinant dans sa fourrure brun fonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Retourne dans ta cellule, gros tas !' gronda une abeille ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Dagobert continua avec distinction : 'Il faut &#234;tre intelligent, n&#233;gocier avec les gu&#234;pes et leur faire des concessions, car elles sont les plus fortes ; il faut leur fournir chaque jour un bol de miel...'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Que tu ram&#232;nes, toi, paresseux et vagabond ?' Et sur ce, les abeilles ouvri&#232;res repouss&#232;rent le gros Dagobert dans le terrier et &#233;loign&#232;rent Pschit du trou d'envol avec les abeilles ma&#231;onnes. 'Nous n'avons pas le temps,' leur cri&#232;rent-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Pschit et ses compagnons rentraient chez eux sans rien faire, la confusion &#233;tait encore plus grande qu'auparavant. M&#234;me les plus courageux durent admettre qu'ils n'&#233;taient pas de taille &#224; affronter une nouvelle attaque des puissantes gu&#234;pes meurtri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d14beff4d5b00120.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d14beff4d5b00120.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(275)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, on d&#233;cida donc - comme pour les abeilles des sables - de d&#233;m&#233;nager vers un autre endroit plus prot&#233;g&#233;. Apr&#232;s de brefs vols de reconnaissance, on choisit comme nouveau lieu d'habitation le mur de mortier fissur&#233; situ&#233; directement sous le pignon pointu de la maison. Sur ce point triangulaire &#233;troit, recouvert par le toit, Tchoch et sa bande ne pouvaient pas s'abattre par le haut. Mais en cas d'attaque frontale, l'&#233;troite fente du trou d'envol &#233;tait facile &#224; d&#233;fendre. En effet, les abeilles ma&#231;onnes avaient choisi comme nid une cavit&#233; accessible uniquement par une &#233;troite fente dans le mur et avaient transport&#233; leur couvain avec le miel dans le nouveau b&#226;timent toute la soir&#233;e et jusque tard dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, lorsque les gu&#234;pes meurtri&#232;res apparurent soudainement sur le mur du jardin, elles trouv&#232;rent &#233;galement ce terrain de chasse vide. 'Une bande de l&#226;ches qui ne veut m&#234;me pas se laisser manger par nous !' maugr&#233;a Tchoch. Et Tchoukh, un autre brigand plus &#226;g&#233;, qui se promenait avec ses longues antennes, dit : 'Silence et pas de vent ! Je pisse du miel sucr&#233; tout pr&#232;s !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bande le suivit &#224; travers les perches de houblon et de haricots jusqu'&#224; ce qu'ils arrivent devant un stand de bois sur lequel se trouvait une grande ruche. Quelle odeur ! Comme les abeilles &#224; miel entraient et sortaient avec insouciance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un clin d'&#339;il, les f&#233;roces pr&#233;dateurs s'abattirent sur les porteuses de miel sans m&#233;fiance et enfonc&#232;rent leurs dards empoisonn&#233;s dans leur corps. Mais ces abeilles ouvri&#232;res - d&#233;rang&#233;es dans leur travail - repouss&#232;rent furieusement et bless&#232;rent Tchoch et quatre autres gu&#234;pes meurtri&#232;res avec leurs dards.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f84762dd9a870e05aa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f84762dd9a870e05aa.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(276)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, le 'trompettiste', post&#233; pr&#232;s du trou d'envol de la corbeille, sonna l'alarme. En quelques secondes, des centaines d'abeilles ouvri&#232;res en col&#232;re, pr&#234;tes &#224; se battre, se sont pr&#233;cipit&#233;es autour du trou d'envol, ont pris Tchoch et les quatre autres bandits bless&#233;s et les ont tra&#238;n&#233;s dans la ruche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la reine se pr&#233;parait &#224; son vol nuptial, les plus anciennes abeilles ouvri&#232;res, Zisch et Zesch, men&#232;rent l'interrogatoire : pourquoi Tchoch et les autres gu&#234;pes s'&#233;taient-elles attaqu&#233;es aux abeilles paisibles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gu&#234;pe tueuse Tchoch r&#233;pondit qu'elle avait simplement voulu chuchoter &#224; l'oreille des abeilles mellif&#232;res comment se d&#233;fendre ensemble contre les abeilles ma&#231;onnes qui envahissaient constamment leur territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et pour cela, tu as d&#251; piquer nos ouvri&#232;res avec ton dard ?' demanda Zisch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pardonne-moi', r&#233;pondit Tchoch, 'mais ce sont vos abeilles qui ont piqu&#233; en premier'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Un mensonge !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Une arnaque de gu&#234;pes !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Conduisez-les &#224; la reine pour qu'elle les juge !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les abeilles ouvri&#232;res r&#233;clam&#232;rent une punition s&#233;v&#232;re pour les cinq bandits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224;, Dagobert, le gros bourdon, s'avan&#231;a &#224; nouveau : 'Quel manque d'&#233;gards pour Madame, de l'importuner maintenant avec de telles bagatelles !' grommela-t-il. 'De plus, il n'est peut-&#234;tre pas vrai que ces abeilles murales viennent constamment dans notre enclos ? Alors pourquoi ne croirions-nous pas les gu&#234;pes, elles qui ont une taille fine comme seules les cr&#233;atures nobles. Vous aussi, les abeilles ouvri&#232;res, vous devriez vous habituer &#224; penser plus noblement'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et que va-t-il se passer ?' demanda Zesch, la deuxi&#232;me pr&#233;sidente du tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8554785105f61ad3c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8554785105f61ad3c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(277)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f827c8aed174ecb593.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f827c8aed174ecb593.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(278)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Que doit-il se passer ?' r&#233;p&#233;ta Dagobert avec r&#233;flexion. 'Les gu&#234;pes doivent jurer sur l'honneur de ne plus jamais lever leur dard contre nos abeilles ouvri&#232;res'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Qu'est-ce que c'est que... Parole de cavalier ?' demanda l'abeille Zisch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Vous ne le savez pas ?' se vanta Dagobert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des abeilles, ne voulant pas avouer leur ignorance, s'&#233;cri&#232;rent alors : 'Oui, que les gu&#234;pes jurent !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gu&#234;pes jur&#232;rent donc et furent lib&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gu&#234;pes meurtri&#232;res cherch&#232;rent &#224; se venger. Elles se mirent &#224; guetter la ruche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, alors que toute la ruche bourdonnait d&#233;j&#224; et vrombissait comme un orgue, une grosse abeille apparut soudain &#224; l'avant du trou d'envol et s'&#233;leva verticalement dans les airs - la reine. Elle volait si haut qu'on ne la voyait plus. Et derri&#232;re elle volaient les gros faux bourdons m&#226;les avec leurs ventres &#224; la semence brune. La plupart de ces gros sacs d&#233;passaient &#224; peine la hauteur des arbres et s'&#233;crasaient ensuite sur le sol o&#249; ils restaient couch&#233;s. Peu d'entre eux voyaient encore la reine au-dessus d'eux ; elle semblait presque dans les nuages. Seul un jeune faux-bourdon m&#226;le, qui, contrairement aux faux-bourdons, n'avait go&#251;t&#233; que tr&#232;s peu de miel, atteignit la reine pr&#232;s d'un nuage blanc et l'embrassa fr&#233;n&#233;tiquement avec ses antennes et ses pieds. Le nuage - moiti&#233; soleil, moiti&#233; vent d'&#233;t&#233; - les enveloppa tous les deux. Puis le m&#226;le bourdon s'&#233;crasa sur le sol, mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reine, elle, retourna &#224; la ruche. Et au bout de seize jours, la nouvelle jeune reine s'&#233;chappa d'une grande cellule arrondie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ruche retentit &#224; nouveau de bruits et de sons.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f848a22244d4ced11b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f848a22244d4ced11b.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(279)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le feuillage du tilleul &#224; c&#244;t&#233; de la maison et dans les fentes du mur du jardin, Tchoch et sa bande sont &#224; l'aff&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une fois de plus, une puissante bande d'abeilles mellif&#232;res battant des ailes entoure le trou d'envol o&#249; d'autres pendent comme une &#233;paisse 'barbe'. La vieille reine appara&#238;t alors, entour&#233;e de milliers de ses fid&#232;les qui &#233;mettent un son d'essaim clair. C'est alors que l'essaim principal quitte d&#233;finitivement sa vieille demeure pour aller s'installer quelque part dans les environs, dans un tronc d'arbre creux, dans un grenier ou tout en haut de la cime d'un arbre de la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment que Tchoch et les autres gu&#234;pes meurtri&#232;res ont longtemps attendu. En effet, maintenant que le gros des abeilles est parti, il ne reste plus qu'un faible essaim inexp&#233;riment&#233; avec la jeune reine dans la corbeille. Ces jeunes abeilles seront une proie facile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que pensent Tchoch et sa bande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce &#224; quoi Tchoch ne pense pas ou ne peut peut-&#234;tre pas penser, c'est le fait que les abeilles ouvri&#232;res plus &#226;g&#233;es, Zisch et Zesch, auxquelles Tchoch a pr&#234;t&#233; serment, observent depuis longtemps ce pr&#233;dateur rus&#233; et ne sont pas parties avec l'essaim principal. Au contraire, le dernier soir, Zisch a vol&#233; jusqu'au pignon de la maison, le nid des abeilles ma&#231;onnes, tandis que Zesch a ramp&#233; sous les framboisiers jusqu'aux abeilles des sables ; et tous deux ont conclu un accord secret au cours de longues conversations avec ces diff&#233;rentes colonies d'abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le flot principal des abeilles mellif&#232;res s'est retir&#233;, Tchok, le pr&#233;dateur, pousse un grand cri aigu ; et d&#233;j&#224;, avec les autres gu&#234;pes meurtri&#232;res, il se pr&#233;cipite sur les jeunes abeilles mellif&#232;res qui entrent et sortent du trou d'envol.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f514e6deacd1a2a7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f514e6deacd1a2a7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, il l'a convenu avec ses compagnons de pillage les jours pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qu'il n'a jamais convenu, c'est ceci : Au moment m&#234;me o&#249; les abeilles mellif&#232;res se d&#233;fendent contre l'attaque des gu&#234;pes meurtri&#232;res devant leur trou d'envol, les abeilles des sables surgissent soudain du sol et les abeilles ma&#231;onnes se pr&#233;cipitent en m&#234;me temps du pignon de la maison. Les gu&#234;pes meurtri&#232;res ne peuvent plus se servir de leurs dards empoisonn&#233;s ni de leurs terribles pinces. Dans le combat men&#233; conjointement par les abeilles des sables, les abeilles ma&#231;onnes et les abeilles mellif&#232;res, les bandits restent tous sur le carreau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir m&#234;me, les abeilles &#224; miel organisent une v&#233;ritable f&#234;te dans leur ruche. Toutes les abeilles ma&#231;onnes apparaissent du pignon de la maison et les abeilles des sables &#224; t&#234;te rouge sortent des petites cavit&#233;s sous les framboisiers. Et les abeilles des sables boivent dans les coupelles de cire que les abeilles mellif&#232;res ne cessent de remplir, avec les abeilles ma&#231;onnes, &#224; leur sant&#233;. Et les abeilles ma&#231;onnes qui, en tant que butineuses ventrales, &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent si fi&#232;res de leur fourrure ventrale, admirent maintenant 'les ravissantes petites culottes de collection' des abeilles des sables qui, en tant que butineuses &#224; pattes, &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent toujours un peu dans le coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Pschit, l'abeille ma&#231;onne, a serr&#233; contre elle, avec ses pattes avant, la petite abeille des sables Siggi ; et toutes deux entonnent maintenant cette chanson :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8deab3aea867af712.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8deab3aea867af712.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pschit, pschot, pschit,&lt;br class='autobr' /&gt;
Venez boire avec nous !&lt;br class='autobr' /&gt;
Venez, abeilles des sables, abeilles des murs, abeilles &#224; miel,&lt;br class='autobr' /&gt;
Voulez vous vous servir de miel&lt;br class='autobr' /&gt;
De tilleuls ou de lupins ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y en a assez loin &#224; la ronde,&lt;br class='autobr' /&gt;
Bois, Siggi, bois - fini la dispute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zisch, zesch, zisch,&lt;br class='autobr' /&gt;
Venez tous &#224; notre table,&lt;br class='autobr' /&gt;
Buvez tous ici &#224; pleines gorg&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais celui qui veut nous faire la guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Il sera bient&#244;t lui-m&#234;me &#224; terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme la gu&#234;pe meurtri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allez, Zisch et Zesch, encore un verre'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Zisch et Zesch remplissent encore une fois les coupelles de nectar sucr&#233; de leurs amies Pschit et Siggi en pleine jubilation, toute la ruche bruisse dans ses mille et mille cellules - -.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f24c658109115c1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f24c658109115c1.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(282)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et cette fois-ci non pas d'agitation due au vol des reines, ni de tumulte d&#251; &#224; l'essaimage, ni m&#234;me d'alarme due &#224; l'attaque des gu&#234;pes meurtri&#232;res - mais simplement d'une joie de vivre d&#233;bordante et du chant commun polyphonique des trois colonies d'abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e3e1ff5289ad253f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e3e1ff5289ad253f.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(283)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="de">
		<title>Wie die Bienen die Mordwespen abschlugen</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article43.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://leila2.lhommeau.be/article43.html</guid>
		<dc:date>2023-12-24T12:00:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Friedrich Wolf</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Eine stachlige Geschichte &lt;br class='autobr' /&gt;
Nat&#252;rlich wei&#223; jeder Leser dieser Geschichte, dass es in der gro&#223;en Familie der Bienen zwei Hauptgattungen gibt &#8212; die &#187;Beinsammler&#171; und die &#187;Bauchsammler&#171;. Ist es doch die wichtigste Arbeit der Biene, daheim ihre in die Tausende gehende Brut mit dem aufgesammelten Bl&#252;tenstaub, der durch Zutat von Honig vervollst&#228;ndigt wird, und mit einem in ihrem K&#246;rper erzeugten Futterbrei zu versorgen. Den Honig saugt die Biene mit ihrer als Saugr&#252;ssel verl&#228;ngerten Zunge oder (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique5.html" rel="directory"&gt;M&#228;rchen und Tiergeschichten f&#252;r gro&#223;e und kleine Kinder&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Eine stachlige Geschichte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nat&#252;rlich wei&#223; jeder Leser dieser Geschichte, dass es in der gro&#223;en Familie der Bienen zwei Hauptgattungen gibt &#8212; die &#187;Beinsammler&#171; und die &#187;Bauchsammler&#171;. Ist es doch die wichtigste Arbeit der Biene, daheim ihre in die Tausende gehende Brut mit dem aufgesammelten Bl&#252;tenstaub, der durch Zutat von Honig vervollst&#228;ndigt wird, und mit einem in ihrem K&#246;rper erzeugten Futterbrei zu versorgen. Den Honig saugt die Biene mit ihrer als Saugr&#252;ssel verl&#228;ngerten Zunge oder Unterlippe aus den tiefen Bl&#252;tenkelchen. Nun begn&#252;gt sich aber die junge Bienenbrut nicht mit dem fl&#252;ssigen Nektar des Honigs, sondern sie bedarf noch einer kr&#228;ftigeren Zukost, eben jenes Bl&#252;tenstaubes, den die Bienen von den Blumen sammeln, oft &#252;ber weite Strecken zu ihrem Bau schleppen und dort wieder abstreifen. Hierzu brauchen die Bienen bestimmte Sammelvorrichtungen, die f&#252;r die beiden Hauptgattungen sehr verschieden sind. Es gibt da &#8212; wie bereits erw&#228;hnt &#8212; die &#187;Beinsammler&#171; und die &#187;Bauchsammler&#171;. Die Beinsammler haben die langen, oft lockenartigen Haare, an denen der Bl&#252;tenstaub h&#228;ngenbleibt, an ihren Hinterbeinen, die Bauchsammler dagegen an der hinteren Bauchfl&#228;che. Man wird zugeben, da&#223; dies ein beachtlicher Unterschied ist, zumal, wenn man einmal eine Beinsammlerbiene oder eine Bauchsammlerin gleich nach dem Besuch der gelben Haselnu&#223;k&#228;tzchen oder Primelbl&#252;ten beobachtet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_301 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f88538da6d2c730763.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f88538da6d2c730763.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(268)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Beinsammler verlassen dann ihr Bl&#252;tenparadies mit dicken gelben &#187;H&#246;schen&#171; an den Schenkeln, die Bauchsammler mit einer Art &#187;R&#246;ckchen&#171; am Hinterleib.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicht genug damit! Die Beinsammler gliedern sich noch je nach dem Spezialsitz ihrer Beinbehaarung an der Au&#223;enseite der Hinterschiene oder des Oberschenkels wieder in &#187;Schienensammler&#171; oder &#187;Schenkelsammler&#171;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wir w&#252;rden diese bekannten Tatsachen hier nicht nochmals erw&#228;hnen, wenn sie nicht besonders wichtig w&#228;ren f&#252;r unsere Geschichte. Denn offenbar sind die einzelnen Bienengattungen und Arten sich ebenfalls dieser ihrer bedeutenden Merkmale bewu&#223;t, was &#8212; wie wir nachher sehen werden &#8212; weittragende Folgen hat. Hinzu kommt noch, da&#223; in unserer Geschichte als Beinsammler die &#187;Sandbienen&#171; auf den Plan treten, die ihre Nester einfach r&#246;hrenartig im lockeren, sandigen Erdreich anlegen, w&#228;hrend andrerseits als Vertreter der Bauchsammler die an Felsw&#228;nden und Mauern bauenden &#187;Mauerbienen&#171; erscheinen. Beide Gattungen leben als &#187;wilde Bienen&#171;. Sie lieben und verteidigen ihre Freiheit. Sie haben ihre Feinde und sind gezwungen, in Augenblicken pl&#246;tzlicher Gefahr besondere Entschl&#252;sse zu fassen, die ihren Gewohnheiten zuwiderlaufen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schlie&#223;lich m&#252;ssen wir ganz kurz noch unsre wohlbekannte &#187;Honigbiene&#171; vorstellen, die zwar &#228;hnlich den Schenkelsammlern an der Hinterseite ihrer Schenkel dichte Haarb&#252;schel und &#187;K&#246;rbchen&#171; zum Einsammeln des Bl&#252;tenstaubs besitzt, aber im Gegensatz zu den wilden &#187;Sand- und Mauerbienen&#171; in gro&#223;er staatenbildender Gemeinschaft &#8212; im Schwarm &#8212; auftritt.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_302 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d4c34e6e74cc9a84.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d4c34e6e74cc9a84.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(269)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diese bekannten und gew&#246;hnlichen Dinge geh&#246;ren zu unserer ungew&#246;hnlichen Geschichte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denn als an jenem Fr&#252;hlingstag drei Sandbienen von der Kolonie Stachelbeersruh von den bl&#252;henden Beerenstr&#228;uchern, den Haselnu&#223; und Weidenk&#228;tzchen den Pollenstaub an den langen Haarb&#252;scheln ihrer Hinterschenkel gesammelt hatten und zu ihren in der lockeren Erde neben der Gartenmauer gelegenen Nestern zur&#252;ckkehrten, da versperrten zehn gro&#223;e Mauerbienen ihnen den Weg und beschuldigten die Sandbienen, sie seien in den Mauerbienenbereich der Lindenallee und der ferneren Klee- und Lupinenfelder eingebrochen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Weshalb sollen wir nicht den Lindenbl&#252;tenhonig sammeln d&#252;rfen?&#171; fragte Siggi, die kleine Sandbiene. &#187;Es ist auch f&#252;r euch noch genug da.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86feeb0bf8925ca2c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86feeb0bf8925ca2c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(270)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch die Mauerbiene Pschit entgegnete: &#187; Wir brauchen all diesen Honig f&#252;r unsern Speichel und M&#246;rtel; und basta!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damit nahmen die gro&#223;en Mauerbienen den kleinen Sandbienen den Bl&#252;tenstaub samt dem Honig, der &#252;berhaupt nicht von den Lindenbl&#252;ten stammte, einfach weg. Wobei noch die dicke Mauerbiene Pschut h&#246;hnte: &#187;Ihr Schenkelhaarigen verliert ja sowieso unterwegs die halbe Last, w&#228;hrend wir in unserm dichten Sammetbauchpelz doppelt soviel tragen k&#246;nnen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traurig kehrten die kleinen Sandbienen heim, krochen mit ihren fuchsroten K&#246;pfchen und wei&#223;en B&#228;uchlein in ihre r&#246;hrenartigen Erdnester und b&#252;rsteten die noch verbliebenen Pollenk&#246;rner in die rundlichen Nestzellen zu den hinzugelegten Eiern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mauerbienen aber, die nicht blo&#223; h&#246;her wohnten &#8212; sie hatten ganz oben an der hohen Gartenmauer aus feinem Sand und ihrem Speichel als M&#246;rtel sich ein gro&#223;es Nest mit Dutzenden ger&#228;umigen Zellen gebaut &#8212;, die Mauerbienen d&#252;nkten sich auch sonst &#252;ber die Sandbienen erhaben; sie begannen, diese zu unterdr&#252;cken und ihnen einen engen Bezirk vorzuschreiben, der durch die Gartenmauer begrenzt wurde; hier im Garten gebe es genug Bohnenbl&#252;ten und Blumen f&#252;r ein so kleines Volk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In den Garten aber fliegt eines Morgens ein drohend summendes Etwas, eine gro&#223;e Wespe. Dieses Gesch&#246;pf mit knallgelb umrandeten riesigen Augen und einem gelben Kopfschild, auf dem sich drei schwarze Punkte befinden, geh&#246;rt mit seinen furchtbaren Bei&#223;zangen und seinem m&#246;rderischen Giftstachel zu den wildesten R&#228;ubern und Feinden der K&#228;fer, Fliegen, Schmetterlinge und Bienen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f817b875cc1e798b0c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f817b875cc1e798b0c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(271)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieser R&#228;uber zieht es vor, statt der m&#252;hsamen Arbeit des Pollensammelns lieber saftige Pfirsiche und Mirabellen anzustechen, in Restaurants an Kuchen und Kompott herumzunaschen oder auch K&#228;fer, Fliegen und Bienen zu &#252;berfallen, die er mit seinem Giftstachel t&#246;tet und dann mit seinen Bei&#223;zangen zerst&#252;ckelt. Einen Teil der Beute verzehrt er sofort, den Rest schleppt er als Fleischkost in das Nest zu den Larven. Ein ganz besonders gef&#228;hrlicher Bandit, der seine H&#246;hle oft an sandigen H&#228;ngen in der N&#228;he von Bienenwohnungen baut und wie ein St&#246;&#223;er mit Vorliebe &#252;ber die Sandbienen und Honigbienen herf&#228;llt, ist die an den Leibesringen schwarzgelb gef&#228;rbte gro&#223;e Mordwespe, auch der &#187;Bienenwolf&#171; genannt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als nun &#8212; wie gesagt &#8212; eines Morgens die Sandbiene Siggi mit ihrer Schwester Tilli gerade ihren m&#252;hsam gesammelten Honig in ihr Nest nahe der Gartenmauer einbringen will, da st&#246;&#223;t schwirrend ein gro&#223;es Etwas von oben auf sie herab und trifft, w&#228;hrend sie selbst zur Seite springt, die kleine Tilli. Blitzschnell wirft Tschoch, die Mordwespe, die Sandbiene zu Boden, l&#228;hmt sie mit einem Stich ihres Giftstachels und beginnt sie fortzuschleppen. Die kleine mutige Siggi sucht Tilli dem R&#228;uber zu entrei&#223;en. Die Mordwespe sticht jetzt auch nach ihr, ohne sie zu treffen. Doch immer weiter zerrt der starke Bandit die ohnm&#228;chtige Tilli. In dieser Not erblickt die kleine k&#228;mpfende Sandbiene Siggi oben am Rand der Gartenmauer die gro&#223;e Mauerbiene Pschit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Zu Hilfe, liebe Pschit!&#171; schreit Siggi. &#187;Hilfe! Tilli ist sonst verloren!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f89c92d088fd5a735d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f89c92d088fd5a735d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(272)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch die Mauerbiene von ihrem sichern Hochsitz erwidert: &#187;Bedaure au&#223;erordentlich; aber du siehst, ich bin mit dem Bau unsres Nestes total besch&#228;ftigt; zudem mische ich mich nicht gern in fremde Angelegenheiten.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch die Honigbienen, zu deren ansehnlichem, im Garten stehenden Korb die kleine verzweifelte Siggi fliegt, m&#246;gen nicht helfen, da ihre K&#246;nigin, die sie &#187;die gro&#223;e Mutter&#171; nennen, vor dem Hochzeitsflug stehe und man hierzu die dicken Drohnen noch besonders herausf&#252;ttern m&#252;sse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie Siggi zur Mauerwand zur&#252;ckkommt, ist die Mordwespe mit der kleinen Tilli verschwunden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Offenbar hatte sich dieser leichte Erfolg der Wespe Tschoch bei den andern Mordwespen schnell herumgesprochen. Denn sie tauchten jetzt zu f&#252;nfen und sechsen &#252;ber den Erdl&#246;chern der Sandbienen auf und fingen die Heimkehrenden ab. Die Sandbienen deckelten jetzt eiligst die kleinen Eih&#246;hlen ihrer Nester zu, verlie&#223;en diesen Ort und verzogen sich unter eine dichte Himbeerhecke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als nun Tschoch mit seiner R&#228;uberbande am n&#228;chsten Tag wieder erschien und den guten Jagdplatz verlassen fand, da sp&#228;hten die mordl&#252;sternen Wespen nach einer anderen Beute. Und schau &#8212; gleich oben an der Gartenmauerkante flogen &#228;hnliche Bienen umher, blo&#223; da&#223; sie keine goldgelben &#187;H&#246;schen&#171; um ihre Beine hatten, sondern gelbe &#187;R&#246;ckchen&#171; um ihren Bauch. Aber R&#246;ckchen oder H&#246;schen, Bein- oder Bauchsammler, was war das schon f&#252;r ein Unterschied f&#252;r Tschoch und seine Bande!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ded09956b131b6bd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ded09956b131b6bd.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(273)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch fragten die Mordwespen nicht erst lange, ob die Mauerbienen ihren Bau beendet hatten. Die R&#228;uber st&#252;rzten los, packten zu, stachen, bissen und schleppten, bevor die anderen Mauerbienen im Nest Alarm schlagen konnten, f&#252;nf der bet&#228;ubten Opfer im Fluge mit sich fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nun herrschte gro&#223;e Best&#252;rzung bei den Mauerbienen. Sie traten sofort zu einer au&#223;erordentlichen Beratung zusammen. Einige erkl&#228;rten, man m&#252;sse diese Mauer augenblicklich verlassen. Aber Pschit fragte, was dann mit der Brut geschehen solle? Und weiter: Ob man jetzt mitten im Sommer eine neue Wohnung zu bauen gedenke? Die dicke Pschut lehnte ein solches Ansinnen entschieden ab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Also Wachen ausstellen?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denn man wu&#223;te, die Mordwespen w&#252;rden wiederkommen, und zwar verst&#228;rkt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Was dann? Konnte man den Kampf aufnehmen?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Man mu&#223; sich an die Honigbienen wenden&#171;, erkl&#228;rte Pschit. &#187;Sie m&#252;ssen uns helfen und mit uns gemeinsam eine Verteidigungsgruppe bilden; es ist in ihrem eigensten Interesse!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pschit wurde also mit noch zwei Unterh&#228;ndlern zu dem im Garten stehenden gro&#223;en Schwarm der Honigbienen entsandt. Es mu&#223; hier erw&#228;hnt werden, da&#223; die Honigbienen mit den Mauerbienen &#8212; &#228;hnlich wie diese mit den Sandbienen &#8212; einen Streit hatten, weil die Mauerbienen die neutrale Hundertmetergrenze ihres Sammelbereichs der Lindenbl&#252;tenallee dauernd &#252;berflogen und von den Lupinen- und Kleefeldern, dem Bezirk der Honigbienen, den Bl&#252;tenstaub und Honig eintrugen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c690d0e5a7418f9c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c690d0e5a7418f9c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie nun Pschit mit seinen Begleitern in den Bienenstock kam und im Namen aller Mauerbienen ihr Anliegen vorbrachte, da erkl&#228;rten die Honigbienen: &#187;Jetzt kommt ihr und wollt unsere Hilfe? Aber die Hundertmeter-Honiggrenze wolltet ihr nicht anerkennen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Es geht hier nicht um eine Hundert- oder F&#252;nfhundertmetergrenze&#171;, sagte Pschit, &#187;wenn wir heute nicht die R&#228;uberbande der Mordwespen gemeinsam abwehren, dann brauchen morgen weder wir noch ihr &#252;ber eine Grenze mehr zu reden.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Arbeiterinnen der Honigbienen erwiderten: &#187; Wir haben jetzt &#252;berhaupt keine Zeit zu langem Gerede. Gebt das Flugloch frei! Drau&#223;en warten Dutzende Kolleginnen mit ihrer Honiglast. Denn &#252;bermorgen wird der Hochzeitsflug unsrer K&#246;nigin sein.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und dazu m&#252;ssen wir uns noch m&#228;chtig st&#228;rken und Honig schlucken, damit wir Madame in hundert Meter H&#246;he erreichen&#171;, brummte Dagobert, ein dickes Drohnenm&#228;nnchen, das in seinem dunkelbraunen Pelz herangewackelt kam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Geh in deine Zelle, Dicksack!&#171; schimpfte eine Arbeitsbiene.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch Dagobert fuhr vornehm fort: &#187;Man mu&#223; klug sein, mit den Wespen verhandeln und ihnen Konzessionen machen, da sie die St&#228;rkeren sind; man mu&#223; ihnen t&#228;glich eine Schale mit Honig liefern ...&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Die du Faulenzer und Herumsteher wohl heranschleppst?&#171; Und damit stie&#223;en die Arbeitsbienen den dicken Dagobert in den Bau zur&#252;ck und Pschit mit den Mauerbienen vom Flugloch weg. &#187;Wir haben jetzt keine Zeit!&#171; riefen sie ihnen nach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie nun Pschit und seine Begleiter unverrichtetersache heimkamen, entstand eine noch gr&#246;&#223;ere Verwirrung als zuvor. Auch die Mutigsten mu&#223;ten zugeben, da&#223; sie einem neuen Angrill der starken Mordwespen nicht gewachsen waren.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d14beff4d5b00120.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8d14beff4d5b00120.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(275)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So kam man nach einigem Hin und Her zu dem Entschlu&#223; &#8212; &#228;hnlich wie die Sandbienen &#8212;, an einen anderen gesch&#252;tzteren Ort umzusiedeln. Nach kurzen Erkundungsfl&#252;gen w&#228;hlte man als neuen Wohnplatz die rissige M&#246;rtelwand direkt unter dem Spitzgiebel des Hauses. Auf diesen schmalen dreieckigen Punkt, der von dem Dach &#252;berdeckt wurde, konnten Tschoch und seine Bande nicht von oben niedersto&#223;en. Bei einem frontalen Angriff aber lie&#223; sich die schmale Ritze des Flugloches leicht verteidigen. Denn die Mauerbienen hatten hart unter dem Giebel einen nur durch eine enge Mauerfuge zug&#228;nglichen Hohlraum als Nest gew&#228;hlt und den ganzen Abend bis sp&#228;t in die Nacht ihre Brut mitsamt dem Honig in den Neubau geschleppt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als nun am n&#228;chsten Morgen die Mordwespen an der Gartenmauer pl&#246;tzlich auftauchten, fanden sie auch diesen Jagdplatz leer. &#187;Ein feiges Gesindel, das sich nicht einmal von uns fressen lassen will!&#171; fluchte Tschoch. Und Tschuch, ein andrer &#228;lterer R&#228;uber, der mit seinen langen F&#252;hlern herumwitterte, sprach: &#187;Still und keinen Wind gemacht! Ich pn&#252;&#223;le in n&#228;chster N&#228;he s&#252;&#223;en Honig!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Bande folgte ihm &#252;ber die Hopfen- und Bohnenstangen, bis sie vor einen Holzstand kamen, auf dem ein gro&#223;er Bienenkorb sich befand. Hm, wie es da duftete! Wie unbek&#252;mmert die Honigbienen gesch&#228;ftig ein und ausflogen!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Im Nu stie&#223;en die wilden R&#228;uber auf die ahnungslosen Honigtr&#228;gerinnen nieder und senkten ihre Giftstachel in deren Leib. Doch diese Arbeitsbienen &#8212; bei ihrem Werk gest&#246;rt &#8212; stie&#223;en w&#252;tend zur&#252;ck und verletzten mit ihren Stacheln Tschoch und vier weitere Mordwespen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f84762dd9a870e05aa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f84762dd9a870e05aa.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(276)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zugleich blies der &#187;Trompeter&#171;, der am Flugloch des Korbes postiert war, Alarm. In wenigen Sekunden schwirrten Hunderte kampfbereite, zornige Arbeitsbienen um das Flugloch, nahmen Tschoch und die vier anderen verwundeten Banditen gelangen und schleppten sie in den Bienenkorb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Da die K&#246;nigin sich auf den Hochzeitsflug vorbereitete, so leiteten die &#228;ltesten Arbeitsbienen Zisch und Zesch das Verh&#246;r: Weshalb Tschoch und die andern Wespen &#252;ber die friedlichen Bienen hergefallen seien?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mordwespe Tschoch erwiderte, sie habe den Honigbienen blo&#223; ins Ohr fl&#252;stern wollen, wie man sich gegen die Mauerbienen, die dauernd in ihr Gebiet einfl&#246;gen, gemeinsam wehren k&#246;nne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;Und dazu mu&#223;test du mit deinem Stachel unsre Arbeiterinnen stechen ?&#171; fragte Zisch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Verzeih&#171;, entgegnete Tschoch, &#187;aber eure Bienen stachen zuerst!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Eine L&#252;ge!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Wespenschwindel!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;F&#252;hrt sie zur K&#246;nigin zur Aburteilung!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Arbeitsbienen forderten eine strenge Bestrafung der f&#252;nf Banditen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch hier trat Dagobert, das dicke Drohnenm&#228;nnchen, wieder vor: &#187;Welch mangelnde R&#252;cksicht auf Madame, sie jetzt mit solchen Bagatellen zu bel&#228;stigen!&#171; brummte er. &#187;Zudem stimmt es vielleicht nicht, da&#223; jene Mauerbienen dauernd auch in unser Gehege kommen? Weshalb sollen wir den Wespen also nicht glauben, ihnen, die eine so schlanke Taille haben wie nur adlige Gesch&#246;pfe. Auch ihr Arbeitsbienen solltet euch daran gew&#246;hnen, nobler zu denken!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und was soll geschehn?&#171; fragte Zesch, die zweite Vorsitzende des Gerichts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8554785105f61ad3c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8554785105f61ad3c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(277)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f827c8aed174ecb593.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f827c8aed174ecb593.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(278)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Was geschehen soll?&#171; wiederholte Dagobert &#252;berlegen. &#187;Die Wespen sollen auf Kavaliersehrenwort schw&#246;ren, nie wieder ihren Stachel gegen unsre Arbeitsbienen zu erheben.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Was ist das... Kavaliersehrenwort?&#171; fragte die Biene Zisch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ihr wi&#223;t das nicht?&#171; br&#252;stete sich Dagobert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die meisten Bienen, da sie ihre Unkenntnis nicht zugeben wollten, riefen jetzt: &#187;Jawohl, die Wespen sollen schw&#246;ren!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Also schw&#246;rten die Wespen und wurden frei.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch die Mordwespen sannen auf Rache. Sie umlauerten den Bienenstock.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als am n&#228;chsten Tag bereits der ganze Korb brummte und wie eine Orgel brauste, erschien pl&#246;tzlich eine gro&#223;e Biene vorn am Flugloch und erhob sich senkrecht in die L&#252;fte &#8212; die K&#246;nigin. Sie flog so hoch, bis man sie nicht mehr sah. Und hinter ihr flogen die dicken Drohnenm&#228;nnchen mit ihren braunsamtenen B&#228;uchen. Die meisten dieser Dicks&#228;cke kamen kaum &#252;ber Baumesh&#246;he und plumpsten dann zur Erde, wo sie liegenblieben. Wenige von ihnen sahen noch die K&#246;nigin hoch &#252;ber sich; sie schien fast in den Wolken. Nur ein einziges junges Drohnenm&#228;nnchen, das im Gegensatz zu den Dickw&#228;nsten nur ganz wenig Honig genossen hatte, erreichte bei einer wei&#223;en Wolke die K&#246;nigin und umarmte sie st&#252;rmisch mit F&#252;hlern und F&#252;&#223;en. Die Wolke &#8212; halb Sonne, halb Sommerwind &#8212; umh&#252;llte sie beide. Dann st&#252;rzte das Drohnenm&#228;nnchen tot zur Erde hinab.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die K&#246;nigin aber kehrte zum Bienenstock zur&#252;ck. Und nach sechzehn Tagen entschl&#252;pfte einer gro&#223;en rundlichen Zelle die neue junge K&#246;nigin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wieder braust und orgelt es im Bienenkorb.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f848a22244d4ced11b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f848a22244d4ced11b.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(279)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch im Blattwerk der Linde neben dem Haus und in den Ritzen der Gartenmauer lauert Tschoch mit seiner Bande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und wieder umrauscht eine m&#228;chtige fl&#252;gelschlagende Schar Honigbienen das Flugloch, an dem andere wie ein dichter &#187;Bart&#171; herabh&#228;ngen. Da erscheint die alte K&#246;nigin umringt von Tausenden ihrer Getreuen, die einen hellen Schwarmton aussto&#223;en. Jetzt verl&#228;&#223;t der Hauptschwarm f&#252;r immer das alte Heim, um sich irgendwo im Umkreis in einem hohlen Baumstamm, auf einem Dachboden oder ganz oben im Wipfel eines Waldbaumes anzusiedeln.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Das ist der Augenblick, auf den Tschoch und die anderen Mordwespen lange gewartet haben. Denn jetzt, da die Hauptschar der Bienen abgewandert ist, befindet sich nur noch ein schwacher, unerfahrener Schwarm mit der jungen K&#246;nigin im Korb. Diese jungen Bienen werden eine leichte Beute sein!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So denken Tschoch und seine Bande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Woran aber Tschoch nicht denkt oder vielleicht nicht denken kann, das ist die Tatsache, da&#223; die &#228;lteren Arbeitsbienen Zisch und Zesch, denen Tschoch den Schwur geleistet hat, diesen gerissenen R&#228;uber bereits lange beobachten und nicht mit dem Hauptschwarm abger&#252;ckt sind. Vielmehr ist am letzten Abend Zisch hinauf zum Hausgiebel, dem Nest der Mauerbienen, geflogen, w&#228;hrend Zesch unter den Himbeerstr&#228;uchern zu den Sandbienen gekrochen ist; und beide haben in langen Gespr&#228;chen mit diesen verschiedenen Bienenv&#246;lkern eine geheime Abrede getroffen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wie nun der Hauptstrom der Honigbienen abgezogen ist, da st&#246;&#223;t Tschoch, der R&#228;uber, einen lauten scharfen Ton aus; und schon st&#252;rzt er sich mit den andren Mordwespen auf die jungen Honigbienen, die am Flugloch ein und ausfliegen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f514e6deacd1a2a7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8f514e6deacd1a2a7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Das alles hat er mit seinen Raubgesellen in den Tagen vorher genau abgemacht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Was er aber nieht abgemacht hat, das ist dieses: Im gleichen Augenblick, da die Honigbienen vor ihrem Flugloch gegen den Angriff der Mordwespen sich zur Wehr setzen, brechen pl&#246;tzlich unten vom Boden her die Sandbienen hervor und brausen gleichzeitig oben vom Hausgiebel die Mauerbienen herab. Jetzt n&#252;tzen den Mordwespen weder ihre gro&#223;en Giftstachel noch ihre furchtbaren Bei&#223;zangen. In dem von den Sand-, Mauer- und Honigbienen gemeinsam gef&#252;hrten Kampf bleiben die Banditen allesamt auf der Strecke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noch am gleichen Abend feiern die Honigbienen in ihrem Bienenkorb ein richtiges Fest. Hierzu erscheinen vom Hausgiebel s&#228;mtliche Mauerbienen und unten aus den kleinen Erdh&#246;hlen unter den Himbeerstr&#228;uchern die rotk&#246;pfigen Sandbienen. Und die Sandbienen trinken aus den Wachssch&#228;lchen, die von den Honigbienen immer wieder gef&#252;llt werden, mit den Mauerbienen auf deren Wohl. Und die Mauerbienen, die als Bauchsammler bisher so stolz waren auf ihren Bauchpelz, sie bewundern jetzt &#187;die entz&#252;ckenden Sammeth&#246;schen&#171; der Sandbienen, die als Beinsammler bisher stets etwas in der Ecke standen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pschit, die Mauerbiene, aber hat mit ihren Vorderf&#252;&#223;en die kleine Sandbiene Siggi an sich gedr&#252;ckt; und beide stimmen jetzt dieses Lied an:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8deab3aea867af712.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8deab3aea867af712.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Pschit, pschot, pschit,&lt;br class='autobr' /&gt;
Auf, trinket mit uns mit!&lt;br class='autobr' /&gt;
Herbei, Sand-, Mauer-, Honigbienen,&lt;br class='autobr' /&gt;
Wollt euch mit Honig selbst bedienen&lt;br class='autobr' /&gt;
Von Linden oder von Lupinen;&lt;br class='autobr' /&gt;
Genug gibt's davon weit und breit,&lt;br class='autobr' /&gt;
Trink, Siggi, trink &#8212; vorbei der Streit!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zisch, zesch, zisch,&lt;br class='autobr' /&gt;
Kommt all an unsern Tisch,&lt;br class='autobr' /&gt;
Trinkt alle hier mit vollen Z&#252;gen!&lt;br class='autobr' /&gt;
Doch wer mit Krieg uns will bekriegen,&lt;br class='autobr' /&gt;
Der wird bald selbst am Boden liegen&lt;br class='autobr' /&gt;
So wie der Mordwespenhalunk &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
Auf, Zisch und Zesch, noch einen Trunk!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W&#228;hrend nun Zisch und Zesch den jubilierenden Freundinnen Pschit und Siggi nochmals die Schalen mit dem s&#252;&#223;en Nektar f&#252;llen, braust der ganze Bienenstock in allen seinen tausend und aber tausend Zellen &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f24c658109115c1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f82f24c658109115c1.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(282)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;und diesmal nicht vor Unruhe wegen des K&#246;niginnenfluges oder vom Tumult wegen des Schw&#228;rmens oder gar vom Alarm wegen des Mordwespen&#252;berfalls &#8212; sondern einfach von &#252;bersch&#228;umender Lebenslust und von dem vielstimmigen gemeinsamen Gesang der drei Bienenv&#246;lker.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e3e1ff5289ad253f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e3e1ff5289ad253f.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(283)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lennox</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article42.html</link>
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		<dc:date>2023-12-24T09:46:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Klaus</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;'Avec Lennox c'est un calvaire ; il ne peut pas oublier', disent les vieux sergents, alors que airedale terrier gris fonc&#233; aux cheveux m&#233;talliques se pr&#233;sente une fois de plus devant la caserne du g&#233;nie &#233;cossais. 'La paix est pourtant revenue depuis longtemps. Nous devons amener Lennox &#224; M. Fitzgerald'. &lt;br class='autobr' /&gt;
'Eh bien, amenons-le ; cela fera un bon pourboire', dit le sergent Swallow. &lt;br class='autobr' /&gt;
'D'autant plus qu'il reviendra quand m&#234;me vers nous', sourit Jacky Tush, le gros furieux. 'Dieu sait que Lennox (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique4.html" rel="directory"&gt;Contes et histoires d'animaux pour petits et grands enfants&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;'Avec Lennox c'est un calvaire ; il ne peut pas oublier', disent les vieux sergents, alors que airedale terrier gris fonc&#233; aux cheveux m&#233;talliques se pr&#233;sente une fois de plus devant la caserne du g&#233;nie &#233;cossais. 'La paix est pourtant revenue depuis longtemps. Nous devons amener Lennox &#224; M. Fitzgerald'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Eh bien, amenons-le ; cela fera un bon pourboire', dit le sergent Swallow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'D'autant plus qu'il reviendra quand m&#234;me vers nous', sourit Jacky Tush, le gros furieux. 'Dieu sait que Lennox ne peut pas oublier'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi Lennox ne pouvait pas oublier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox &#233;tait, comme nous l'avons dit, un robuste airedale terrier au poil gris ; il avait &#233;t&#233; dress&#233; comme chien policier pour l'homme, aussi courageux qu'intelligent et ob&#233;issant. Le marchand de bois Fitzgerald l'avait utilis&#233; comme chien de garde de son grand entrep&#244;t de bois. Or, Lennox ne faisait pas partie de ces chiens qui aboient la nuit au moindre bruit, par peur ou par pr&#233;tention. Au contraire, il se tenait parfaitement tranquille en cas de passage tardif dans la rue ; il ne frappait pas non plus lorsqu'un voleur commen&#231;ait &#224; escalader le mur ; ce n'est que lorsque le cambrioleur se trouvait dans sa zone qu'il le pla&#231;ait exactement selon son dressage et l'aboyait.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8b06a26783d4075b7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8b06a26783d4075b7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(252)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, Fitzgerald avait confi&#233; le chien au bataillon de pionniers situ&#233; dans la ville. Lennox a suivi un cours sp&#233;cial pour les chiens militaires. Fort, courageux et intelligent, il a &#233;t&#233; form&#233; comme chien d'appel pour transmettre des messages et comme chien de transport pour transporter des munitions, des m&#233;dicaments, de l'eau et des radios. Lors du si&#232;ge de Tobrouk en Afrique du Nord, il avait m&#234;me &#233;t&#233; utilis&#233; pour poser des lignes t&#233;l&#233;phoniques en enroulant autour de son corps une bobine de fil qui se d&#233;roulait en passant d'une position &#224; l'autre. Sur son collier en nickel &#233;taient grav&#233;s les mots : Tobrouk, Monte Cassino et Arnheim. Lennox avait particip&#233; &#224; de nombreux combats. Deux profondes cicatrices sur sa patte avant droite et sa d&#233;marche boiteuse faisaient de lui un invalide. Mais il s'&#233;tait tellement habitu&#233; aux pionniers du 1er bataillon et &#224; son ami, le sergent Bob Swallow, qu'il ne semblait pas possible de le mettre simplement &#224; la retraite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8928a53cb6c43b99d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8928a53cb6c43b99d.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(253)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait d'ailleurs d'autres chiens chez les pionniers avec lesquels Lennox avait fait connaissance. Il y avait l&#224; une chienne au poil lisse et tr&#232;s &#233;l&#233;gante, un doberman, qui s'appelait Dina. Elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme tr&#232;s distingu&#233;e, mais aussi tr&#232;s courageuse. Elle apportait de grandes quantit&#233;s de pansements et de m&#233;dicaments en m&#234;me temps que des messages. Elle faisait partie de l'&#233;quipe de poseurs de mines ; elle devait surtout travailler de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox, aux cheveux hirsutes, semblait avoir un faible pour Dina, aux cheveux lisses et au teint roux. Bien s&#251;r, il &#233;tait bien trop fier pour montrer son affection &#224; la belle dame. Ce n'est pas le r&#244;le d'un chien de service charg&#233; d'un travail op&#233;rationnel s&#233;rieux. Et Lennox se distinguait justement par le fait qu'il ne connaissait rien d'autre que son service aussi dangereux que responsable. C'est pourquoi les gens l'appr&#233;ciaient tant. Ils lui avaient mis pour cela le collier de nickel avec les noms des lieux de ses exploits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, comme il y a une exception &#224; chaque r&#232;gle, et comme c'est justement cette exception qui donne son sens &#224; la r&#232;gle, il en va de m&#234;me pour Lennox. Il s'agissait de Dina. Lennox avait souvent rencontr&#233; cette jeune dame rousse et courageuse &#224; l'&#339;uvre d'entra&#238;nement commune.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8bf285c758efae4e6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8bf285c758efae4e6.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(254)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devaient y passer des &#233;preuves de courage, d'ob&#233;issance et d'intelligence. Ils devaient suivre leurs ma&#238;tres &#224; travers des barbel&#233;s et des champs de mines marqu&#233;s, dans le fracas &#233;pouvantable des munitions d'exercice qui explosaient. Ils devaient faire le mort et aller &#224; la rencontre des hommes. Tout cela &#233;tait un jeu d'enfant pour eux. Alors que les autres chiens militaires &#233;taient d'abord 'pr&#233;par&#233;s au feu', Lennox et Dina - tranquillement allong&#233;s sur le ventre - avaient tout le temps de discuter et d'&#233;changer leurs opinions. Lennox parlait de son sergent Swallow, dont il fut l'&#233;loge comme d'un ma&#238;tre incroyablement intelligent et bienveillant. Lui, Lennox, serait pr&#234;t &#224; tout moment &#224; suivre son chef dans la mort. Oui, il avait envie de prouver sa loyaut&#233; &#224; son ma&#238;tre dans une situation particuli&#232;rement p&#233;rilleuse et de mourir pour lui ; ce serait le couronnement de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina observa son ami de ses yeux obliques et mi-clos. Puis elle dit d'un ton l&#233;g&#232;rement moqueur : 'Pourquoi veux-tu mourir pour les hommes ? Je pr&#233;f&#233;rerais de loin vivre, chasser sur la lande libre, et quand je suis en sueur, plonger mon museau dans l'eau claire du ruisseau jusqu'&#224; ce que je sois tout plein de joie liquide'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox r&#233;pondit pensivement : 'La joie est belle. Mais avec une telle joie liquide, on s'&#233;coule soi-m&#234;me, on se dissout et on ne ressent plus la joie. Il faut avoir un point auquel s'accrocher. L'homme sage et courageux est pour nous le point le plus solide. Que sommes-nous sans l'homme ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Crois-tu vraiment que les hommes soient si fermes ?' demanda Dina. 'Peuvent-ils par exemple mordre un os de b&#339;uf &#224; s'en faire craquer ? Tu vois ! Peuvent-ils gronder si terriblement que le voleur ou l'ennemi en tremble ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8cf0c3b676b433255.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8cf0c3b676b433255.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(255)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc se servent-ils de nous pour sauter &#224; la gorge de l'adversaire et &#234;tre les premiers &#224; traverser les champs de mines, alors qu'ils sont eux-m&#234;mes si forts et si courageux ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'C'est une loi', r&#233;pondit Lennox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina allait dire quelque chose, mais un coup de sifflet du ma&#238;tre-chien retentit et tous les chiens en r&#233;serve se lev&#232;rent &#224; l'instant et se plac&#232;rent &#224; c&#244;t&#233; de leurs ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, par une nuit semi-obscure, la lune se cachant toujours entre les montagnes de nuages, Lennox et Dina se retrouv&#232;rent dans un champ de mines &#224; l'avant de la position. Le c&#339;ur de Lennox battait plus vite de joie. Mais il se ma&#238;trisa, se contentant d'avertir la doberman : 'Fais attention ! Deux chiens d&#233;tecteurs de mines ont d&#233;j&#224; vol&#233; ici la semaine derni&#232;re !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Bon', chuchota Dina, 'alors restons allong&#233;s et racontons nous un peu'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ce n'est pas possible', lui expliqua Lennox. 'Tout &#224; l'heure, le sergent Bob voudra lui-m&#234;me intervenir ici ; et s'il saute...'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et si tu sautes ?' dit Dina en se couchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox voulut r&#233;pliquer. Mais il sentait que s'il entamait maintenant une conversation avec son amie ou m&#234;me s'il s'allongeait &#224; c&#244;t&#233; de son pelage lisse et odorant, il ne se rel&#232;verait pas de sit&#244;t et manquerait son service. Il se ressaisit et continua &#224; avancer prudemment avec le d&#233;tecteur de mines. Il s'effor&#231;a courageusement de se d&#233;barrasser de la pens&#233;e de son amie rousse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86cac460815e6ab91.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86cac460815e6ab91.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(256)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; son intelligence, Lennox &#233;tait si bien dress&#233; qu'il sentait imm&#233;diatement le moindre mouvement de la fourche de son appareil de recherche con&#231;u pour lui et aboyait doucement, de sorte que le sergent qui l'attendait dans la sape pouvait alors d&#233;samorcer la mine, tandis que la plupart des autres chiens d&#233;tecteurs de mines marchaient sur les mines et sautaient en lambeaux... ce qui, en raison de l'&#233;limination de la mine, devait &#233;galement &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une tranquille journ&#233;e d'&#233;t&#233;, Lennox alla voir son amie dans la partie secondaire du foss&#233;. Il avait fait ses observations. L'&#233;quipe re&#231;ut des rations de fer comme avant une attaque. Le sergent Swallow lui donna lui-m&#234;me une couenne de porc enti&#232;re et dit : 'Eh bien, Lennox, mon vieil ami, tu restes avec moi cette nuit avec la radio ; il va falloir raidir la nuque !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un de ces ordres humains incompr&#233;hensibles. Car il devait justement garder la nuque assez souple pour que le museau puisse jouer en avant. Mais cela ne touchait pas Lennox. Il pensait plut&#244;t &#224; son amie, la femelle doberman. Il &#233;tait clair qu'elle devait traverser le champ de mines en avant avec la premi&#232;re vague. Lennox s'avan&#231;a dans les tranch&#233;es jusqu'&#224; ce qu'il sente le parfum &#226;pre et pourtant d&#233;licat de son amie. Il la rencontra dans une protub&#233;rance arri&#232;re un peu enfonc&#233;e, &#233;tendue sur la terre estivale entre l'herbe, la reine des pr&#233;s rouge&#226;tre et la langue de vip&#232;re bleue. Il faisait semblant de l'avoir rencontr&#233;e par hasard lors d'une patrouille dans le d&#233;dale des foss&#233;s. 'Oh, tu te reposes ?' dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina sourit. 'Comme tu vois. Au fait, je t'attendais'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox &#233;tait tr&#232;s g&#234;n&#233;. 'Bien s&#251;r ... il doit y avoir quelque chose cette nuit... du moins, c'est ce que tout laisse &#224; penser', dit-il en tr&#233;buchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai ; et c'est pourquoi tu veux m'y pr&#233;parer', l'aida Dina, 'je te remercie, mon ami.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e984cd9339e3bfb7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e984cd9339e3bfb7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(257)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu es toujours si aimable, tu as une culture directe ; je trouve cela si agr&#233;able dans cette guerre abominable. Viens t'allonger un peu &#224; c&#244;t&#233; de moi !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox eut l'impression qu'une main merveilleuse lui caressait le dos ; ah, c'&#233;tait encore plus agr&#233;able, simplement comparable &#224; rien. Mais m&#234;me pour un v&#233;ritable os &#224; moelle, il ne l'aurait pas fait remarquer. Il essaya plut&#244;t de se donner un air s&#233;v&#232;re ; malgr&#233; l'invitation de Dina, il resta raide comme un piquet et dit : 'Oui, la guerre est dure ; mais nous, les chiens, n'avons pas &#224; porter de jugement &#224; ce sujet, puisque ce sont les hommes qui font la guerre et que nous appartenons aux hommes. Je voudrais seulement te demander de ne pas faire de sauts cette nuit, car cela d&#233;clencherait le contact des mines, mais de te faufiler tout doucement et de flairer les boucles qui, au milieu de l'odeur de l'herbe, ont encore l'odeur des mains humaines ; tu sais que les boucles d&#233;sarment le d&#233;tonateur des mines...'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ah, mon ami', dit Dina en riant, 'tu parles comme si j'&#233;tais un d&#233;butant. Tu es si inquiet pour moi ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox sentit qu'il &#233;tait all&#233; trop loin dans son inqui&#233;tude ; aussi dit-il s&#233;v&#232;rement : 'Il est de mon devoir d'aider &#224; &#233;viter les pertes inutiles'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Merci, merci beaucoup, mon cher ! Tu es vraiment un coll&#232;gue fid&#232;le &#224; son devoir'. Et maintenant, Dina s'&#233;tirait agr&#233;ablement au soleil, de sorte que son pelage roux brillait comme de l'or poli. 'Tu sais, Lennox', continua-t-elle, 'j'en ai tellement marre de la vie ici, dans les tranch&#233;es, avec les gens qui tirent, que j'ai envie de sauter sur une mine comme &#231;a et d'en finir avec toute cette hantise'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83baccf5ef9e1385d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83baccf5ef9e1385d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(258)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Tu es folle ?!' s'exclama Lennox. 'C'est de la folie ! Si tout le monde pensait comme &#231;a !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dobermane sourit &#224; nouveau de son &#233;trange sourire et dit : 'Premi&#232;rement, je ne suis pas : n'importe qui, et deuxi&#232;mement - maintenant, allonge-toi tranquillement dans l'herbe &#224; c&#244;t&#233; de moi ; c'est impoli de rester comme un boulet devant sa petite amie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout son z&#232;le, le rugueux Lennox au poil dur ne voulait en aucun cas para&#238;tre impoli, surtout devant Dina. Il s'allongea donc longuement et posa pensivement son museau sur ses puissantes pattes. La femelle doberman se glissa alors &#224; ses c&#244;t&#233;s, tout pr&#232;s de lui, jusqu'&#224; ce que leurs t&#234;tes se touchent. Lennox ferma les yeux et respira l'odeur de son pelage brun dor&#233;, le souffle chaud de l'herbe, des fleurs et de la terre d'&#233;t&#233;. Il lui semblait qu'il allait mourir de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils rest&#232;rent ainsi, immobiles, &#224; r&#234;ver sur le sol parfum&#233;. Il sembla &#224; Lennox qu'il sentait les pens&#233;es de Dina : Viens, mon ami, courons loin d'ici &#224; travers les prairies, la nuit sur les routes, loin, l&#224; o&#249; il n'y a pas de mines qui craquent et d'hommes qui se d&#233;cha&#238;nent ? sur la lande, o&#249; la lune et le soleil sont les seuls ma&#238;tres, et le vent et les douces odeurs de la terre les seuls serviteurs ... o&#249; nous pouvons chasser et courir sans nous d&#233;chirer sur les barbel&#233;s ou nous tenir debout au coup de sifflet de l'homme ... Non, se reposer ainsi, c&#244;te &#224; c&#244;te ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Maudit, j'ai failli marcher sur la b&#234;te &#224; chiens', maugr&#233;a un soldat qui descendait dans le foss&#233; &#224; c&#244;t&#233; d'un autre, en faisant tinter son bol de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox avait saut&#233; en l'air. Les poils de son dos se h&#233;rissaient de fa&#231;on mena&#231;ante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Attention ! On ne plaisante pas avec lui !' dit l'autre pionnier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a1c74574a975fcae.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a1c74574a975fcae.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(259)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c2a6b283b68910be.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c2a6b283b68910be.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(260)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Mais c'est le chien de signalement de notre sergent', le rassura le premier. 'Au pied, Lennox !' Et Lennox suivit les soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'attaque nocturne, Lennox avan&#231;ait avec le sergent Swallow ; il portait l'appareil t&#233;l&#233;phonique avec le c&#226;ble qui se d&#233;roulait automatiquement vers l'arri&#232;re. C'&#233;tait un bruit d'enfer au milieu des projectiles qui cr&#232;vent et des mines qui explosent. Lennox dut faire appel &#224; toute sa force et &#224; toute son attention pour garder le contact avec le sergent. Ce n'est que lorsqu'il entendait le bruit sourd d'une mine antipersonnel qu'il pensait une seconde &#224; son amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, l'attaque &#233;tait termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox avait &#233;t&#233; envoy&#233; &#224; la recherche des bless&#233;s perdus dans les hautes herbes. Mais Lennox ne fit pas la navette, le nez au vent, comme &#224; son habitude, &#224; travers le terrain inextricable ; pouss&#233; par son instinct, il revint tout droit sur la position pr&#233;c&#233;dente, l&#224; o&#249; se trouvait le champ de mines dans l'ancien no man's land, entre les trous d'obus et les herbes br&#251;l&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'&#233;tait pas tromp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; d'un &#233;norme crat&#232;re d'explosion de mine se trouvait la Dobermann. Son flanc &#233;tait b&#233;ant ; son poil lisse brun-roux &#233;tait coll&#233; par du sang incrust&#233;, qui semblait maintenant faire partie de sa fourrure. Sa t&#234;te reposait profond&#233;ment sur le sol, cach&#233;e entre ses pattes, comme si elle avait honte d'&#234;tre morte ainsi d&#233;chiquet&#233;e - elle qui avait aim&#233; la vie dans la joie et la beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox s'approcha de son amie morte. Un instant, il tendit le museau vers le haut, sa gorge se tendit pour &#233;mettre l'antique hurlement de plainte des loups des steppes. Mais qui voulait-il appeler ? Qui accuser avec son hurlement ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ad4926698e868ccc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ad4926698e868ccc.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(261)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil, la lune, la mine de terre qui avait d&#233;chir&#233; son amie, ou les hommes ? Cela n'avait aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il n'est plus un loup des steppes, mais un chien militaire &#233;duqu&#233; et entra&#238;n&#233;, qui doit accomplir son devoir. Mais une chose est permise : avec ses pattes puissantes, il creuse un trou encore plus profond dans la terre soulev&#233;e du crat&#232;re ; puis il y porte la doberman morte et gratte le crat&#232;re avec ses pattes arri&#232;re. Un instant, Lennox s'aplatit sur le tas de terre - un instant, le museau fermement coll&#233; au sol chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il se h&#226;te de retourner aupr&#232;s de son sergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ann&#233;es de guerre pass&#232;rent encore. Lennox continua &#224; faire son devoir. Il fit preuve d'un courage et d'une prudence extraordinaires. Il semblait irrempla&#231;able au sein du bataillon et recevait souvent des &#233;loges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Lennox vaut autant que dix hommes !' avait dit un jour le sergent Swallow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox n'avait plus besoin de remplacer dix hommes. De plus, il appartenait au grossiste en bois Fitzgerald, &#224; qui il &#233;tait d&#233;sormais rendu avec les remerciements des autorit&#233;s, un certificat d'honneur et le collier Nikkel sur lequel &#233;taient grav&#233;es les batailles. M. Fitzgerald n'&#233;tait pas peu fier de Lennox. Apr&#232;s tout, c'est son chien. Mais en m&#234;me temps, M. Fitzgerald est un homme pratique. Il enferma donc Lennox en tant que gardien dans sa r&#233;serve de bois mur&#233;e, comme il le faisait autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87a6de7920ffadc8b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87a6de7920ffadc8b.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(262)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox reprend donc son ancienne activit&#233; de chien de garde. Mais il n'est plus le m&#234;me. Lennox a des souvenirs. Lennox ne peut pas oublier. Souvent, quand il marche la nuit sur le campement isol&#233;, il l&#232;ve le nez vers le ciel sombre et le baisse &#224; nouveau vers la terre, comme s'il pouvait sentir quelque chose, une odeur d'herbes et de fleurs lointaines, d'une cro&#251;te de sol br&#251;l&#233;e lointaine, de vapeur de soufre et aussi ... oui, c'est une odeur de sang, mais pas de sang humain, le sang d'un animal, le sang - il s'en souvient parfaitement -, le sang de son amie d&#233;chue, Dina la rousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Lennox est comme paralys&#233;. Il lui semble soudain inutile de garder ici du bois mort, puisqu'il n'a m&#234;me pas pu garder sa merveilleuse amie vivante. Il y r&#233;fl&#233;chit. Comment peut-on oublier toute cette douleur, ne serait-ce qu'un jour ? Si les humains le peuvent ? Ils peuvent faire tant de choses. Ils peuvent probablement faire &#231;a aussi. Lennox ne s'y retrouve plus. Il aimerait en parler &#224; quelqu'un. Parler avec les cabots du quartier ne sert &#224; rien. Ils n'ont jamais connu cette mort soudaine et terrible. Les seuls &#224; &#234;tre au courant sont ses vieux amis, les sergents de la caserne des pionniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'une nuit, Lennox escalade un tas de bois pour franchir le mur d'un saut audacieux, parcourt le chemin jusqu'&#224; la ville et se pr&#233;sente au matin &#224; la caserne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'J&#233;sus-Christ, qu'est-ce que tu fais chez nous, mon vieux ?' lui demande le sergent Bob Swallow en riant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f85f9ec73e7fc4ca1f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f85f9ec73e7fc4ca1f.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(263)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'L'habitude !' lui fait remarquer le fourrier de cuisine Tush. 'Lennox ne peut pas nous oublier. Nous sommes de vieux camarades, apr&#232;s tout'. Il le tapote de ses mains maladroites et lui donne un os &#224; moelle. Puis il dit au chien : '&#201;coute, Lennox, c'est la paix. Comprends bien cela ! La guerre est finie. Retourne bien &#224; la maison chez M. Fitzgerald' !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ses anciens amis, les pionniers, ne comprennent pas Lennox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, M. Fitzgerald a perdu patience. Il fit battre Lennox par le surveillant de l'entrep&#244;t et le fit attacher &#224; une longue cha&#238;ne. En plus du doute, une mauvaise fureur commen&#231;a &#224; s'emparer de Lennox. Une nuit, le fort animal se d&#233;tacha, sauta par-dessus le mur, courut hors de la ville et chercha &#224; rejoindre la sombre route de campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait tr&#232;s sombre. Il ne savait pas o&#249; aller. Mais une odeur &#233;trange lui chatouillait les narines. La route d&#233;serte et poussi&#233;reuse semblait pleine d'une vie invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, il entendit un grognement mena&#231;ant dans l'obscurit&#233;. Il s'arr&#234;ta net. Il &#233;tait tomb&#233; sur deux autres anciens chiens de guerre qui avaient &#233;galement quitt&#233; leurs anciens ma&#238;tres et cherchaient le chemin de leurs anciennes troupes. C'est &#224; eux que Lennox put parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux, un berger allemand, expliqua au cours de la conversation qu'il avait rencontr&#233; en chemin une femelle doberman ; toutefois, il faisait nuit et il ne pouvait pas pr&#233;ciser la couleur de son pelage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox retint son souffle. S'agissait-il d'un ancien chien de pionnier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est ce qu'elle a dit, dit le deuxi&#232;me chien ; il lui semble aussi que la dobermane a pris le chemin de la ville, d'o&#249; il vient.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_297 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea9fb4b05c76305c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea9fb4b05c76305c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(264)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox prit rapidement cong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il retourne en courant vers la ville. Les pens&#233;es qui le tourmentent depuis des mois s'enflamment maintenant comme des torches. Il a vu Dina, son amie, si souvent ces derni&#232;res nuits, il a senti si clairement l'odeur de son pelage roux qu'il doute qu'elle soit vraiment morte ? Peut-&#234;tre que tout cela n'&#233;tait qu'un r&#234;ve il y a des ann&#233;es et qu'il a enterr&#233; un tout autre chien, d'autant plus que le bataillon de pionniers a &#233;t&#233; dispers&#233; le m&#234;me jour ? Mais maintenant, les deux chiens de guerre ont vu une femelle doberman brun-rouge sur le chemin de la ville, de la caserne des pionniers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est Dina, son amie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, Lennox se pr&#233;cipite vers la caserne. Il fait nuit. Il hurle si fort que les gens ouvrent les fen&#234;tres partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui se passe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sergent Swallow ouvre lui aussi la fen&#234;tre. Il voit Lennox. Il le laisse entrer. Lennox lui saute dessus et lui hurle &#224; l'oreille : 'Dina est de retour ! O&#249; est-elle ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'C'est bon, c'est bon, tu es si content d'&#234;tre de retour chez ton ma&#238;tre, Lennox ?' dit le sergent. 'Mais c'est la paix, Lennox, tu dois comprendre &#231;a'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Lennox continue &#224; lui sauter dessus, si bien qu'il finit par tomber par terre. Lennox hurle &#224; son oreille : 'O&#249; est Dina ? O&#249; est Dina ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la caserne est mise en &#233;moi par ces terribles hurlements de col&#232;re. Les soldats pensent que le chien est enrag&#233;. Ils s'acharnent sur lui &#224; coups de pioches, de haches et de crosses de fusil. Le sergent Swallow crie : 'Lennox couche-toi !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8dd6161608611dcb4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8dd6161608611dcb4.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(265)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied, Lennox !' Comme autrefois, il saisit l'&#233;paisse fourrure du cou du chien pour le retenir. Mais Lennox toujours en train de hurler : 'O&#249; est Dina ? O&#249; est Dina ?' ne le reconna&#238;t plus et lui mord la main, si bien que le sergent prend maintenant lui aussi son fusil, fermement convaincu que le chien a la rage. D'un bond puissant, Lennox a d&#233;j&#224; saut&#233; par la fen&#234;tre et pass&#233; les gardes effray&#233;s en courant &#224; travers le portail dans la rue nocturne. Plusieurs coups de feu tir&#233;s derri&#232;re lui manquent apparemment leur cible, car les hurlements du chien se poursuivent longtemps jusqu'&#224; ce qu'ils finissent par s'&#233;teindre au loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette ann&#233;e-l&#224;, on lit dans les journaux : 'Les chiens de guerre d&#233;mobilis&#233;s, mis &#224; disposition par milliers pour le service militaire pendant la guerre, sont ali&#233;n&#233;s de leurs anciens ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d0c5af1476f4582f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d0c5af1476f4582f.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(266)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiens, qui transportaient de l'eau, des munitions, des m&#233;dicaments ou des radios vers des unit&#233;s isol&#233;es et qui ont &#233;t&#233; rendus &#224; leurs anciens propri&#233;taires &#224; la fin de la guerre, ne cessent de les quitter. Affam&#233;s, souill&#233;s, fatigu&#233;s, ils trottent parfois sur des centaines de kilom&#232;tres le long des routes de campagne, jusqu'&#224; ce qu'ils trouvent enfin la porte de la caserne de leur ancienne unit&#233;'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, par troupes, les anciens chiens de guerre errent comme un cort&#232;ge de fant&#244;mes, surtout la nuit, sur les routes du pays. Mais derri&#232;re ces meutes, un seul chien, plus grand, r&#244;de encore sur les chemins nocturnes. On le reconna&#238;t toujours &#224; ses terribles hurlements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui sortent de leur sommeil disent : 'La guerre est pourtant finie depuis longtemps. C'est dr&#244;le que les chiens ne puissent pas l'oublier'.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f86e2364feba14cbf7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f86e2364feba14cbf7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(267)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="de">
		<title>Lennox</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article41.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://leila2.lhommeau.be/article41.html</guid>
		<dc:date>2023-12-24T09:44:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Friedrich Wolf</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#187;Es ist ein Kreuz mit Lennox; er kann nicht vergessen&#171;, sagen die alten Sergeanten, da der dunkelgraue drahthaarige Airedaleterrier wieder einmal vor der schottischen Pionierkaserne erscheint. &#187;Es ist doch l&#228;ngst Frieden. Wir m&#252;ssen Lennox zu Mr. Fitzgerald bringen.&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#187;Well, bringen wir ihn; das gibt ein gutes Trinkgeld&#171;, meint Sergeant Swallow. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#187;Zumal er ja doch zu uns zur&#252;ckkommt&#171;, schmunzelt Jacky Tush, der dicke Furier. &#187; Wei&#223; Gott, Lennox kann nicht vergessen.&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Damit hatte es nun (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique5.html" rel="directory"&gt;M&#228;rchen und Tiergeschichten f&#252;r gro&#223;e und kleine Kinder&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#187;Es ist ein Kreuz mit Lennox; er kann nicht vergessen&#171;, sagen die alten Sergeanten, da der dunkelgraue drahthaarige Airedaleterrier wieder einmal vor der schottischen Pionierkaserne erscheint. &#187;Es ist doch l&#228;ngst Frieden. Wir m&#252;ssen Lennox zu Mr. Fitzgerald bringen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Well, bringen wir ihn; das gibt ein gutes Trinkgeld&#171;, meint Sergeant Swallow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Zumal er ja doch zu uns zur&#252;ckkommt&#171;, schmunzelt Jacky Tush, der dicke Furier. &#187; Wei&#223; Gott, Lennox kann nicht vergessen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damit hatte es nun eine solche Bewandtnis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox war, wie gesagt, ein kr&#228;ftiger grauhaariger Airedaleterrier; er war als Polizeihund auf den Mann dressiert, ebenso mutig wie intelligent und gehorsam. Der Holzh&#228;ndler Fitzgerald hatte ihn als Wachhund seines gro&#223;en Holzlagers benutzt. Lennox geh&#246;rte nun nicht zu jenen Hunden, die nachts bei jedem Ger&#228;usch aus Angst oder Wichtigtuerei kl&#228;ffen. Er verhielt sich vielmehr v&#246;llig still bei sp&#228;ten Stra&#223;eng&#228;ngern; er schlug auch nicht an, wenn ein Dieb begann, &#252;ber die Mauer zu steigen; erst wenn der Einbrecher in seinem Bereich war, stellte er ihn genau nach Dressur und verbellte ihn.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8b06a26783d4075b7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8b06a26783d4075b7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(252)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Im Krieg hatte Fitzgerald den Hund dem in der Stadt gelegenen Pionierbataillon &#252;bergeben. Lennox kam in einen besonderen Lehrgang f&#252;r Milit&#228;rhunde. Und stark, mutig und intelligent wie er war, wurde er als Meldehund zum &#220;berbringen von Nachrichten ausgebildet, ferner als Transporthund zur Bef&#246;rderung von Munition, Arznei, Wasser und Funkger&#228;t. Bei der Belagerung von Tobruk in Nordafrika hatte man ihn sogar zum Legen von Telefonleitungen verwendet, indem man ihm eine Drahtrolle um den Leib wickelte, die sich beim Hin&#252;berlaufen von einer Stellung zur andern abspulte. Auf seinem Nickelhalsband waren die Worte: Tobruk, Monte Cassino und Arnheim eingraviert. Lennox hatte an manchem Kampf teilgenommen. Zwei tiefe Narben an seinem rechten Vorderlauf und sein hinkender Gang machten ihn eigentlich zum Invaliden. Aber er hatte sich an die Pioniere des 1. Bataillons und an seinen Freund, den Sergeanten Bob Swallow, derart gew&#246;hnt, da&#223; es nicht m&#246;glich schien, ihn einfach zu pensionieren.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8928a53cb6c43b99d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8928a53cb6c43b99d.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(253)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es gab &#252;brigens bei den Pionieren noch andere Hunde, mit denen Lennox Bekanntschaft gemacht hatte. Es befand sich dort eine glatthaarige, sehr elegante Hundedame, eine Doberm&#228;nnin, mit Namen Dina. Sie galt als sehr vornehm, aber auch als sehr tapfer. Sie brachte gro&#223;e Mengen Verbandstoff und Medikamente zugleich mit Meldungen nach vorn. Sie war bei dem Minenlegerkommando; sie mu&#223;te vor allem Nachtarbeit leisten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der struppige Lennox schien in die glatthaarige, rotbraune Dina direkt verschossen. Nat&#252;rlich war er viel zu stolz, der sch&#246;nen Dame seine Zuneigung zu zeigen. Einem Diensthund, der mit ernster operativer Arbeit betraut ist, steht das nicht an. Und Lennox zeichnete sich ja gerade dadurch aus, da&#223; er au&#223;er seinem ebenso gef&#228;hrlichen wie verantwortungsvollen Dienst nichts anderes kannte. Deshalb sch&#228;tzten ihn die Menschen so. Sie hatten ihm daf&#252;r das Nickelhalsband mit den Namen der Orte seiner Ruhmestaten umgelegt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allerdings wie es bei jeder Regel eine Ausnahme gibt, ja wie gerade diese Ausnahme der Regel erst ihren Sinn verleiht, so auch bei Lennox. Es ging um Dina. Lennox war dieser rotbraunen, tapferen jungen Dame oft am gemeinsamen &#220;bungswerk begegnet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8bf285c758efae4e6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8bf285c758efae4e6.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(254)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie hatten dort Mutproben, Gehorsamsleistungen und Intelligenzpr&#252;fungen abzulegen. Sie mu&#223;ten ihren Herren durch Drahtverhaue und markierte Minenfelder unter furchtbarem Krachen detonierender &#220;bungsmunition folgen. Sie mu&#223;ten sich totstellen und an den Mann gehen. All das war f&#252;r die beiden ein Kinderspiel. W&#228;hrend die anderen Milit&#228;rhunde erst &#187;feuerfest&#171; gemacht wurden, hatten Lennox und Dina &#8212; in Ruhe auf dem Bauch liegend &#8212; viel Zeit, sich zu unterhalten und ihre Meinung auszutauschen. Lennox erz&#228;hlte von seinem Sergeanten Swallow, den er als einen ungemein klugen und g&#252;tigen Herren pries. Er, Lennox, sei jederzeit bereit, diesem seinem Chef in den Tod zu folgen. Ja, es verlange ihn direkt danach, seinem Gebieter in einer besonders gefahrvollen Situation seine Treue zu beweisen und f&#252;r ihn zu sterben; das w&#228;re die Kr&#246;nung seines Lebens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina beobachtete den Freund aus schr&#228;gen, halbgeschlossenen Augen. Dann meinte sie leicht sp&#246;ttisch: &#187; Weshalb m&#246;chtest du eigentlich f&#252;r die Menschen sterben? Ich m&#246;chte viel lieber leben, &#252;ber die freie Heide jagen, und wenn ich dann hei&#223; geschwitzt bin, meine Schnauze so lange ins klare Wasser des Baches tauchen, bis ich ganz voll bin von fl&#252;ssiger Freude.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox erwiderte nachdenklich: &#187;Freude ist sch&#246;n. Aber bei solch fl&#252;ssiger Freude flie&#223;t du selbst hinweg, l&#246;st du dich auf und sp&#252;rst nachher auch die Freude nicht mehr. Man mu&#223; einen Punkt haben, woran man sich h&#228;lt. Da ist der kluge und tapfere Mensch f&#252;r uns der festeste Punkt. Was sind wir ohne den Menschen ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Glaubst du wirklich, die Menschen sind so fest?&#171; fragte Dina. &#187;K&#246;nnen sie etwa einen Ochsenknochen zerbei&#223;en, da&#223; es kracht? Siehst du. K&#246;nnen sie so furchtbar knurren, da&#223; der Dieb oder der Feind zittert?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8cf0c3b676b433255.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8cf0c3b676b433255.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(255)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Weshalb benutzen sie denn uns, dem Gegner an die Kehle zu springen und als erste durch die Minenfelder zu gehen, wenn sie selbst so stark und mutig sind ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Das ist ein Gesetz&#171;, erwiderte Lennox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina wollte hierauf etwas sagen; aber da ert&#246;nte ein Pfiff aus der Trillerpfeife des Hundelehrers, und alle in Reserve lagernden Hunde sprangen wie von Wespen gestochen auf und stellten sich neben ihre Herren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finmal in einer halbdunklen Nacht, da der Mond zwischen den Wolkenbergen sich immer wieder verbarg, trafen sich Lennox und Dina in einem Minenfeld im Vorgel&#228;nde der Stellung. Lennox' Herz schlug schneller vor Freude. Doch er beherrschte sich, er warnte die Doberm&#228;nnin nur: &#187;Sei vorsichtig! Hier flogen in der letzten Woche schon zwei Minensuchhunde hoch!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Gut&#171;, fl&#252;sterte Dina, &#187;bleiben wir also liegen und erz&#228;hlen uns ein wenig.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Das geht nicht&#171;, erkl&#228;rte ihr Lennox. &#187;Nachher will Sergeant Bob selbst hier vorgehn; und wenn er in die Luft fliegt ...&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und wenn du in die Luft fliegst?&#171; meinte Dina und legte sich nieder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox wollte etwas erwidern. Aber er sp&#252;rte, wenn er sich jetzt mit der Freundin in ein Gespr&#228;ch einlie&#223;e oder gar sich hinlegte neben ihrem glatten wohlriechenden Fell, dann kam er so schnell nicht wieder hoch und vers&#228;umte seinen Dienst. Er nahm sich zusammen und ging mit dem Minensuchger&#228;t vorsichtig weiter. Er m&#252;hte sich tapfer, den Gedanken an die rotbraune Freundin loszuwerden.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86cac460815e6ab91.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f86cac460815e6ab91.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(256)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox war infolge seiner Intelligenz so dressiert, da&#223; er den leisesten Ausschlag der Gabel seines f&#252;r ihn konstruierten Suchger&#228;ts sofort sp&#252;rte und leise verbellte, so da&#223; der in der Sappe wartende Sergeant dann die Mine entsch&#228;rfen konnte, w&#228;hrend die meisten andern Minensuchhunde auf die Minen traten und in Fetzen hochgingen ... was wegen der Beseitigung der Mine auch als ein Erfolg anzusehen war.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;An einem stillen Sommertag suchte Lennox die Freundin im Nebenabschnitt des Grabens auf. Er hatte seine Beobachtungen gemacht. Die Mannschaft erhielt die eisernen Rationen wie vor einem Angriff. Sergeant Swallow gab ihm selbst eine ganze Speckschwarte und meinte: &#187;Na also, Lennox, alter Freund, die Nacht bleibst du bei mir mit dem Funkger&#228;t; da hei&#223;t es: Nacken steif!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Das war so einer der unverst&#228;ndlichen menschlichen Befehle. Denn er mu&#223;te ja gerade seinen Nacken recht locker halten, um die Schnauze beweglich nach vorn spielen zu lassen. Aber das ber&#252;hrte Lennox jetzt nicht. Er dachte vielmehr an seine Freundin, die Doberm&#228;nnin. Es war klar, sie mu&#223;te mit der ersten Welle durch das Minenfeld nach vorn. Lennox strolchte durch die Gr&#228;ben, bis er den herben und doch zarten Duft der Freundin witterte. Er traf sie in einer etwas eingesunkenen, r&#252;ckw&#228;rtigen Ausfallsappe, ausgestreckt auf der sommerlichen Erde zwischen Gras, r&#246;tlichem Wiesenschaumkraut und blauer Natterzunge. Er tat so, als habe er sie zuf&#228;llig bei einer Streife durch das Grabengewirr getroffen. &#187;Oh, du ruhst dich aus?&#171; sagte er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dina l&#228;chelte. &#187;Wie du siehst. &#220;brigens habe ich dich erwartet.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox war sehr verlegen. &#187;Nat&#252;rlich ... es soll die Nacht etwas geben ... wenigstens deutet vieles darauf hin&#171;, holperte er los.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Richtig; und deshalb willst du mich darauf vorbereiten&#171;, half ihm Dina. &#187;Ich danke dir, mein Freund.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e984cd9339e3bfb7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8e984cd9339e3bfb7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(257)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bist stets so liebensw&#252;rdig, du hast direkt Kultur; ich empfinde das so angenehm in diesem scheu&#223;lichen Krieg. Komm, lege dich ein wenig neben mich!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox war es, als streichle ihm eine wunderbare Hand &#252;ber den R&#252;cken; ach, es war noch wohltuender, einfach mit nichts zu vergleichen. Doch selbst nicht um einen echten Markknochen h&#228;tte er sich das merken lassen. Vielmehr versuchte er, sich ein strenges Aussehen zu geben; er blieb trotz Dinas Aufforderung stocksteif stehen und meinte: &#187;Ja, der Krieg ist hart; aber dar&#252;ber steht uns Hunden kein Urteil zu, da die Menschen den Krieg machen und wir den Menschen geh&#246;ren. Ich m&#246;chte dich nur bitten, heute nacht keine Spr&#252;nge auszuf&#252;hren, da dies den Kontakt der Minen ausl&#246;st, sondern ganz langsam vorzuschleichen und nach den Schlingen zu wittern, die ja inmitten des Grasduftes noch den Geruch von Menschenh&#228;nden an sich haben; du wei&#223;t, die Schlingen entsichern den Rei&#223;z&#252;nder der Minen ...&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ach, mein Freund&#171;, lachte Dina, &#187;du sprichst ja gerade, als sei ich ein blutiger Anf&#228;nger. So besorgt bist du um mich ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox sp&#252;rte, da&#223; er in seiner Sorge zu weit gegangen war; deshalb sagte er streng: &#187;Es geh&#246;rt zu meiner Pflicht, unn&#252;tze Verluste vermeiden zu helfen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Dank, vielen Dank, du Lieber! Du bist wirklich ein pflichtgetreuer Kollege.&#171; Und nun streckte sich Dina in der Sonne wohlig aus, so da&#223; ihr rotbraunes Fell wie poliertes Gold gl&#228;nzte. &#187;Wei&#223;t du, Lennox&#171;, fuhr sie fort, &#187;ich habe das Leben hier in den Gr&#228;ben und bei den schie&#223;enden Menschen so satt, da&#223; ich am liebsten auf so eine Mine springen und mit dem ganzen Spuk ein Einde machen m&#246;chte.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83baccf5ef9e1385d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83baccf5ef9e1385d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(258)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Bist du toll?!&#171; platzte Lennox los. &#187;Das ist Wahnsinn! Wenn ein jeder so denken w&#252;rde!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier l&#228;chelte die Doberm&#228;nnin wieder ihr seltsames L&#228;cheln und sprach: &#187; Erstens bin ich nicht: ein jeder, und zweitens &#8212; nun lege dich einmal ruhig neben mich ins Gras; es ist unh&#246;flich, vor seiner Freundin wie ein Klotz dazustehen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unh&#246;flich aber wollte der drahthaarige rauhe Lennox bei allem Diensteifer keinesfalls erscheinen, vor allem nicht vor Dina. So streckte er sich lang hin und legte die Schnauze nachdenklich auf seine starken Pfoten. Die Doberm&#228;nnin rutschte jetzt zu ihm, ganz dicht an seine Seite, bis ihre K&#246;pfe sich ber&#252;hrten. Lennox schlo&#223; die Augen und atmete den Duft ihres goldbraunen Felles, den warmen Hauch des Grases, der Blumen und der sommerlichen Erde. Ihm war, als m&#252;sse er sterben vor Gl&#252;ck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So lagen sie still und tr&#228;umten an dem duftenden Boden. Lennox schien es, als wittere er Dinas Gedanken: Komm, mein Freund, la&#223; uns weg von hier &#252;ber die Wiesen rennen, nachts &#252;ber die Stra&#223;en, weit weg, dorthin, wo es keine krachenden Minen und tobenden Menschen gibt... auf die Heide, wo der Mond und die Sonne die einzigen Herren sind und der Wind und die sanften Ger&#252;che der Erde die Diener ... wo wir jagen und rennen k&#246;nnen, ohne uns am Stacheldraht zu rei&#223;en oder auf den Pfiff des Menschen zu stehen ... nein, ruhen so, Seite an Seite ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Verflucht, jetzt w&#228;re ich fast auf das Hundebiest getreten!&#171; schimpfte ein Soldat, der neben einem andern mit klapperndem E&#223;beh&#228;lter in den Graben stieg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox war aufgesprungen. Seine R&#252;ckenhaare str&#228;ubten sich drohend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Vorsicht! Mit dem ist nicht zu spa&#223;en!&#171; meinte der andere Pionier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a1c74574a975fcae.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a1c74574a975fcae.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(259)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_293 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c2a6b283b68910be.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c2a6b283b68910be.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(260)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Das ist doch der Meldehund unseres Sergeanten&#171;, beruhigte ihn der erste. &#187;Bei Fu&#223;, Lennox!&#171; Und Lennox folgte den Soldaten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bei dem n&#228;chtlichen Angriff ging Lennox mit dem Sergeanten Swallow vor; er trug das Telefonger&#228;t mit dem Kabel, das sich selbstt&#228;tig nach r&#252;ckw&#228;rts abspulte. Es war ein H&#246;llenl&#228;rm inmitten der krepierenden Geschosse und detonierenden Minen. Lennox mu&#223;te seine ganze Kraft und Aufmerksamkeit anspannen, um mit dem Sergeanten F&#252;hlung zu halten. Nur wenn er den dumpfen Krach einer Erdmine h&#246;rte, dachte er eine Sekunde an seine Freundin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am Morgen war der Angriff beendet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Man setzte jetzt Lennox zur Suche der im hohen Grase verlorenen Verwundeten ein. Doch Lennox streifte nicht wie gewohnt im Pendelgang die Nase am Winde &#252;ber das un&#252;bersichtliche Gel&#228;nde; er lief von seinem Instinkt getrieben stracks auf die fr&#252;here Stellung zur&#252;ck, dorthin, wo im alten Niemandsland zwischen Granatl&#246;chern und verbrannten Gr&#228;sern sich das Minenfeld befunden hatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Er war nicht fehlgelaufen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neben einem riesigen Minentrichter lag die Doberm&#228;nnin. Ihre Flanke klaffte; das rotbraune glatte Haar klebte von verkrustetem Blut, das nun selbst wie ein Teil ihres Felles erschien. Ihr Kopf ruhte tief auf der Erde verborgen zwischen den Pfoten, als sch&#228;me sie sich, so zerfetzt gestorben zu sein &#8212; sie, die das Leben in Freude und Sch&#246;nheit geliebt hatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox trat zu der toten Freundin. Einen Augenblick streckte er die Schnauze in die H&#246;he, seine Kehle spannte sich, das uralte Klagegeheul der Steppenw&#246;lfe auszusto&#223;en. Aber wen wollte er damit rufen? Wen mit seinem Geheul anklagen?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ad4926698e868ccc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8ad4926698e868ccc.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(261)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Sonne, den Mond, die Erdmine, die seine Freundin zerrissen hatte, oder die Menschen? Es war sinnlos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zudem ist er kein Steppenwolf mehr, sondern ein gebildeter und ausgebildeter Milit&#228;rhund, der seine Pflicht zu erf&#252;llen hat. Doch eines ist erlaubt: mit seinen starken Pfoten w&#252;hlt er in der aufgewirbelten Trichtererde ein noch tieferes Loch; dann tr&#228;gt er die tote Doberm&#228;nnin hinein und scharrt mit seinen Hinterl&#228;ufen den Trichter zu. Einen Augenblick legt Lennox sich platt auf den Erdhaufen &#8212; einen Augenblick, die Schnauze fest am warmen Boden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dann eilte er zu seinem Sergeanten zur&#252;ck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es vergingen noch zwei Jahre Krieg. Lennox tat weiter seine Pflicht. Er zeigte auch weiterhin au&#223;erordentliche Proben von Mut und Umsicht. Er schien unersetzlich im Bataillon und wurde oft belobigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Lennox ist soviel wert wie zehn Mann!&#171; hatte Sergeant Swallow einmal gesagt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dann kam der Friede.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox brauchte keine zehn Mann mehr zu ersetzen. Zudem geh&#246;rte er ja dem Holzgro&#223;h&#228;ndler Fitzgerald, dem er mit beh&#246;rdlichem Dank, einer Ehrenurkunde und dem Nikkelhalsband, auf dem die Schlachten eingraviert waren, nunmehr zur&#252;ckgegeben wurde. Mr. Fitzgerald war nicht wenig stolz auf Lennox. Schlie&#223;lich ist es sein Hund. Doch zugleich ist Mr. Fitzgerald ein praktischer Mann. Und so hat er Lennox wie einst als W&#228;chter in seinem ummauerten Holzlager eingeschlossen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87a6de7920ffadc8b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87a6de7920ffadc8b.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(262)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox nimmt also seine fr&#252;here T&#228;tigkeit als Wachhund wieder auf. Aber er ist nicht mehr der alte. Lennox hat Erinnerungen. Lennox kann nicht vergessen. Oft, wenn er nachts &#252;ber den einsamen Lagerplatz geht, hebt er die Nase zu dem dunklen Himmel und senkt sie wieder zur Erde, als k&#246;nne er etwas wittern, einen Geruch von fernen Gr&#228;sern und Blumen, von einer fernen verbrannten Bodenkruste, von Schwefeldampf und auch ... ja, es ist Blutgeruch, aber nicht Menschenblut, sondern das Blut eines Tieres, das Blut &#8212; er entsinnt sich genau &#8212;, das Blut seiner gefallenen Freundin, der rotbraunen Dina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und Lennox ist wie gel&#228;hmt. Es kommt ihm pl&#246;tzlich sinnlos vor, hier totes Holz zu bewachen, da er nicht einmal seine wunderbare lebende Freundin beh&#252;ten konnte. Er denkt dar&#252;ber nach. Wie man blo&#223; all den gro&#223;en Schmerz auch nur einen Tag lang vergessen kann? Ob die Menschen es k&#246;nnen? Die k&#246;nnen ja soviel. Wahrscheinlich k&#246;nnen sie auch das. Lennox findet sich nicht mehr zurecht. Er m&#246;chte gern mit jemandem dar&#252;ber sprechen. Mit den K&#246;tern der Nachbarschaft, die nie diesen pl&#246;tzlichen furchtbaren Tod erlebten, zu reden, ist zwecklos. Die einzigen, die hier&#252;ber Bescheid wissen, sind seine alten Freunde, die Sergeanten in der Pionierkaserne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So erklettert Lennox eines Nachts einen Holzstapel, um mit einem k&#252;hnen Sprung &#252;ber die Mauer zu setzen, den Weg zur Stadt zur&#252;ckzulegen und am Morgen in der Kaserne zu erscheinen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Jesus Christ, was willst du blo&#223; bei uns, mein Alter?&#171; fragt ihn der Sergeant Bob Swallow lachend.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f85f9ec73e7fc4ca1f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f85f9ec73e7fc4ca1f.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(263)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Gewohnheit!&#171; belehrt ihn der K&#252;chenfurier Tush. &#187;Lennox kann uns nicht vergessen. Wir sind doch alte Kameraden.&#171; Er t&#228;tschelt ihn mit seinen dieken H&#228;nden und gibt ihm einen Markknochen. Dann sagt er zu dem Hund: &#187;H&#246;r mal zu, Lennox, es ist Frieden. Versteh das! Der Krieg ist aus. Geh wieder sch&#246;n heim zu Mr. Fitzgerald!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch seine alten Freunde, die Pioniere, verstehen Lennox nicht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einmal verlor Mr. Fitzgerald die Geduld. Er lie&#223; Lennox vom Aufseher des Lagers pr&#252;geln und an eine lange Kette legen. In Lennox begann neben dem Zweifel jetzt noch ein b&#246;ser Grimm zu bohren. Eines Nachts ri&#223; das starke Tier sich los, sprang &#252;ber die Mauer, rannte aus der Stadt hinaus und suchte die dunkle Landstra&#223;e zu erreichen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Es war sehr finster. Er wu&#223;te nicht wohin. Aber eine seltsame Witterung kitzelte seine Nase. Die &#246;de staubige Stra&#223;e schien voll unsichtbaren Lebens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pl&#246;tzlich h&#246;rte er aus der Dunkelheit ein drohendes Knurren. Er stockte. Er war auf zwei andere ehemalige Kriegshunde gesto&#223;en, die ebenfalls ihre fr&#252;heren Herren verlassen hatten und den Weg zu ihren fr&#252;heren Truppenteilen suchten. Mit ihnen konnte Lennox sprechen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der eine der beiden, ein deutscher Sch&#228;ferhund, erkl&#228;rte im Laufe des Gespr&#228;ches, er habe unterwegs eine Doberm&#228;nnin getroffen; allerdings sei es Nacht gewesen und er k&#246;nne die Farbe des Fells nicht genau bezeichnen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox hielt den Atem an. Ob es ein fr&#252;herer Pionierhund gewesen sei?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#246;glich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ja, so etwas habe sie gesagt, meinte der zweite Hund; ihm scheine auch, als habe die Doberm&#228;nnin den Weg zur Stadt eingeschlagen, von wo er komme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_297 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea9fb4b05c76305c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ea9fb4b05c76305c.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(264)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lennox verabschiedete sich schnell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Er rennt zur Stadt zur&#252;ck. Die Gedanken, die ihn seit Monaten qu&#228;len, flammen jetzt auf wie Fackeln. Er hat Dina, seine Freundin, so oft w&#228;hrend der letzten N&#228;chte klar vor Augen gesehn, er hat den Duft ihres rotbraunen Fells so deutlich gewittert, da&#223; er zweifelt, ob sie wirklich tot ist? Vielleicht war das Ganze vor Jahren nur ein Traum und hat er einen ganz andern Hund verscharrt, zumal das Pionierbataillon am gleichen Tag auseinandergerissen wurde? Jetzt aber sahen die beiden Kriegshunde eine rotbraune Doberm&#228;nnin auf dem Weg zur Stadt, zur Pionierkaserne?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ja, es ist Dina, seine Freundin!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als gehe es um Tod und Leben, so rennt Lennox zur Kaserne. Es ist Nacht. Er heult so furchtbar, da&#223; die Leute &#252;berall die Fenster aufrei&#223;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Was ist los?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auch Sergeant Swallow &#246;ffnet das Fenster. Er sieht Lennox. Er l&#228;&#223;t ihn ein. Lennox springt an ihm hoch und heult ihm ins Ohr: &#187;Dina ist wieder da! Wo ist sie?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Schon gut, schon gut, freust dich so, wieder bei Herrchen zu sein, Lennox?&#171; meint der Sergeant. &#187; Aber es ist Frieden, Lennox, versteh das endlich!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch Lennox springt ihn immer wieder an, da&#223; er schlie&#223;lich zu Boden f&#228;llt. Lennox heult ihm ins Ohr: &#187;Wo ist Dina? Wo ist Dina?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die ganze Kaserne kommt durch das furchtbare w&#252;tende Geheul in Aufruhr. Die Soldaten glauben, der Hund sei tollw&#252;tig. Sie gehen mit Hacken, &#196;xten und Gewehrkolben gegen ihn los. Der Sergeant Swallow schreit: &#187;Lennox leg dich!&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_298 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8dd6161608611dcb4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8dd6161608611dcb4.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(265)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bei Fu&#223;, Lennox!&#171; Er greift dem Hund wie fr&#252;her in das dichte Nackenfell, ihn zu halten. Aber Lennox immer heulend: &#187;Wo ist Dina? Wo ist Dina?&#171; erkennt ihn nicht mehr und bei&#223;t ihn in die Hand, so da&#223; nun auch der Sergeant zum Gewehr greift, fest &#252;berzeugt, der Hund sei tollw&#252;tig. Lennox ist mit einem m&#228;chtigen Satz schon durchs Fenster gesprungen und an den erschrockenen Posten vorbei durchs Tor auf die n&#228;chtliche Stra&#223;e gerannt. Mehrere Sch&#252;sse, die man hinter ihm herjagt, verfehlen offenbar ihr Ziel, da das Geheul des Hundes noch lange anh&#228;lt, bis es schlie&#223;lich in der Ferne verhallt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In jenem Jahr aber las man in den Zeitungen: &#187;Die demobilisierten Kriegshunde, die w&#228;hrend des Krieges zu Tausenden f&#252;r den Milit&#228;rdienst zur Verf&#252;gung gestellt wurden, sind ihrer alten Herren entw&#246;hnt.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_299 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d0c5af1476f4582f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8d0c5af1476f4582f.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(266)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diese Hunde, die Wasser, Munition, Medikamente oder Funkger&#228;t zu isolierten Einheiten schleppten und nach Kriegsende ihren einstigen Besitzern zur&#252;ckgegeben wurden, verlassen diese immer wieder. Hungrig, beschmutzt, erm&#252;det traben sie manchmal Hunderte Kilometer die Landstra&#223;en entlang, bis sie endlich das Tor der Kaserne ihres alten Truppenteils finden.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ja, truppweise wandern die ehemaligen Kriegshunde wie ein Gespensterzug vor allem nachts &#252;ber die Stra&#223;en des Landes. Hinter diesen Rudeln aber treibt sich noch ein einzelner gr&#246;&#223;erer Hund auf den n&#228;chtlichen Wegen umher. Man erkennt ihn immer wieder an seinem furchtbaren Geheul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Leute, die aus dem Schlaf hochfahren, sagen: &#187;Der Krieg ist doch l&#228;ngst vorbei. Komisch, da&#223; die Hunde ihn nicht vergessen k&#246;nnen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f86e2364feba14cbf7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f86e2364feba14cbf7.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(267)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'oie de No&#235;l Auguste</title>
		<link>https://leila2.lhommeau.be/article40.html</link>
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		<dc:date>2023-12-23T18:18:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Klaus</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'oie de No&#235;l Auguste &lt;br class='autobr' /&gt;
Le chanteur d'op&#233;ra Luitpold L&#246;wenhaupt avait d&#233;j&#224; achet&#233; par pr&#233;caution en novembre une oie de cinq kilos - une oie de No&#235;l. Ce respectable volatile devait embellir la table de f&#234;te. Certes, les temps &#233;taient durs. 'Mais il faut bien faire quelque chose pour le c&#339;ur !' &lt;br class='autobr' /&gt;
Par cette phrase, que L&#246;wenhaupt pronon&#231;a plusieurs fois de sa voix de basse profonde, de sorte que cela ressemblait &#224; un roulement de tonnerre, par cette phrase, le chanteur voulait dire au fond (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique4.html" rel="directory"&gt;Contes et histoires d'animaux pour petits et grands enfants&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'oie de No&#235;l Auguste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chanteur d'op&#233;ra Luitpold L&#246;wenhaupt avait d&#233;j&#224; achet&#233; par pr&#233;caution en novembre une oie de cinq kilos - une oie de No&#235;l. Ce respectable volatile devait embellir la table de f&#234;te. Certes, les temps &#233;taient durs. 'Mais il faut bien faire quelque chose pour le c&#339;ur !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette phrase, que L&#246;wenhaupt pronon&#231;a plusieurs fois de sa voix de basse profonde, de sorte que cela ressemblait &#224; un roulement de tonnerre, par cette phrase, le chanteur voulait dire au fond autre chose. Tandis qu'il pressait l'oie contre lui de ses mains puissantes, il sentait en m&#234;me temps l'odeur du chou rouge et des pommes dans ses narines. Et sa lourde basse ne cessait de murmurer la phrase suivante dans le brouillard de novembre : 'Mais il faut bien faire quelque chose pour le c&#339;ur'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un p&#232;re de famille qui a achet&#233; de son propre chef quelque chose pour le m&#233;nage perd de plus en plus courage d&#232;s qu'il s'approche de son domicile. Il est sans d&#233;fense &#224; la maison, expos&#233; aux reproches et aux moqueries des membres de son foyer, car certainement ses achats furent incorrects et trop chers. Mais dans ce cas, le p&#232;re L&#246;wenhaupt re&#231;ut des louanges surprenantes. La m&#232;re L&#246;wenhaupt trouvait l'oie grasse, lourde et bon march&#233;. La bonne Theres loua le beau plumage blanc ; elle demanda cependant o&#249; l'animal devait s&#233;journer jusqu'&#224; No&#235;l ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8501d10a60079e35d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8501d10a60079e35d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(238)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elli, douze ans, Gerda, dix ans, et le petit Peter - les enfants de L&#246;wenhaupt - n'y virent aucun probl&#232;me, puisqu'il y avait encore la salle de bain et la chambre des enfants et que l'oie avait absolument besoin d'eau pour se nettoyer. Les parents d&#233;cid&#232;rent cependant que la nouvelle compagne de la maison prendrait g&#233;n&#233;ralement ses quartiers dans une caisse de la petite cave chaude &#224; pommes de terre et que les enfants pourraient la garder une heure dehors dans le jardin pendant la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le bonheur g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, les enfants suivirent &#224; la lettre les instructions de leurs parents. Mais un soir, Peter, &#226;g&#233; de sept ans, commen&#231;a &#224; se plaindre dans son petit lit que 'Gustje' - ainsi on avait appel&#233; l'oie Auguste pour une raison inconnue - avait certainement froid dans la cave. Sa s&#339;ur Elli, &#224; qui l'on avait confi&#233; la surveillance des deux jeunes fr&#232;res et s&#339;urs dans la chambre &#224; coucher, tenta de rassurer son petit fr&#232;re en lui disant qu'Auguste avait un &#233;pais plumage en duvet qu'elle pouvait gonfler comme une couverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi les gonfler ?' demanda Peter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je t'ai dit qu'elle serait comme une couverture'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi Gustje a-t-elle besoin d'une couverture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Mon Dieu, parce qu'ainsi elle n'a pas froid, idiot !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il fait donc froid dans la cave !' dit maintenant Gerda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Il fait froid dans la cave !' fit &#233;cho Peter qui se mit aussit&#244;t &#224; pleurer. 'Gustje a froid ! Je ne veux pas que Gustje ait froid. Je vais faire monter Gustje chez moi !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce, il &#233;tait d&#233;j&#224; sorti du lit et se dirigeait &#224; t&#226;tons vers la porte. La grande s&#339;ur Elli l'intercepta et essaya de le ramener au lit. Mais Gerda, la plus jeune, vint &#224; la rescousse de Peter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a5133efc1458ca0d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a5133efc1458ca0d.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(239)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter pleurait : 'Je veux aller chez Gustje' ! Elli le gronda. Gerda lui arracha son petit fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du tumulte, la m&#232;re apparut. Peter fut couch&#233; dans le lit de sa m&#232;re dans la chambre des parents et les s&#339;urs re&#231;urent l'ordre d'aller se coucher imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit se passa sans autre incident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le surlendemain, Gerda et Peter, qui dormait &#224; nouveau dans la chambre des enfants, s'&#233;taient entendus. A tour de r&#244;le, l'un des deux restait &#233;veill&#233; et r&#233;veillait l'autre. Lorsque la s&#339;ur a&#238;n&#233;e, Elli, dormait et que tout semblait calme dans la maison, ils se gliss&#232;rent tous les deux sur la pointe des pieds dans la cave, sortirent l'oie Auguste de sa caisse o&#249; elle &#233;tait couch&#233;e sur des chiffons et de la sciure, et la mont&#232;rent doucement dans leur chambre. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, Auguste avait &#233;t&#233; plut&#244;t endormie et s'&#233;tait content&#233;e de jacasser quelque chose comme 'Lat mi in Ruh, lat mi in Ruh'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout &#224; coup, elle se mit &#224; crier &#224; haute voix : 'Je veux aller dans mon nid, je veux aller dans mon nid'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les portes s'ouvraient partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re sortit en trombe. Th&#233;r&#232;se, la bonne, descendit les escaliers en courant depuis sa chambre et regarda par la fente de la porte. Mais la petite Gerda, dans sa frayeur, avait l&#226;ch&#233; l'oie, et maintenant Auguste voltigeait et jacassait dans la cage d'escalier. Heureusement que le p&#232;re n'&#233;tait pas encore rentr&#233; ! Dans la chasse qui commen&#231;a alors &#224; travers la cage d'escalier et les couloirs, Auguste perdit un certain nombre de plumes jusqu'&#224; ce qu'on l'ait rattrap&#233;e. Theres, essouffl&#233;e, l'enveloppa dans une couverture, d'o&#249; elle ne cessa de jurer :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83436f4b68a85c8c7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83436f4b68a85c8c7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(240)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Lat mi au repos, lat mi au repos !&lt;br class='autobr' /&gt;
lck will in min Truh !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que Peter se met &#224; hurler : 'Je veux Gustje ! Gustje doit dormir avec moi !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa m&#232;re, qui l'avait mis au lit, essaya de lui expliquer que l'oie devait maintenant retourner dans sa caisse &#224; la cave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi doit-elle aller &#224; la cave ? demanda Peter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Parce qu'une oie ne peut pas dormir dans son lit'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Pourquoi Gustje ne peut-elle pas dormir dans son lit ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Seuls les hommes dorment dans le lit ; maintenant, tais-toi et ferme les yeux'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; la porte quand Peter se remit &#224; hurler : 'Pourquoi n'y a-t-il que les humains qui dorment dans le lit ? Gustje a froid en bas ; Gustje doit dormir en haut'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la m&#232;re vit combien Peter &#233;tait agit&#233; et qu'on ne pouvait pas le calmer, elle permit qu'on remonte la caisse de la cave et qu'on la place &#224; c&#244;t&#233; du lit de Peter. Et voil&#224; que, tandis qu'Auguste continuait &#224; jacasser dans la caisse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Laat man gut sin, lat man gut sin,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'important, c'est que je sois dans mon lit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter et ses fr&#232;res et s&#339;urs s'endormirent &#224; leur tour. Bien s&#251;r, on ne pouvait pas remettre Auguste dans la cave, d'autant plus que les nuits &#233;taient de plus en plus froides, car on approchait d&#233;j&#224; de No&#235;l. L'oie se comportait aussi de fa&#231;on extraordinairement sage. Le jour, elle se promenait avec Peter et se tenait fid&#232;lement &#224; ses c&#244;t&#233;s comme un bon camarade, en portant fi&#232;rement la t&#234;te et en divertissant son petit ami de son babillage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f532bc92bed26b55.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f532bc92bed26b55.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(241)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle raconta &#224; Peter comment on pouvait distinguer les diff&#233;rentes herbes savoureuses ou am&#232;res, comment ses fr&#232;res et s&#339;urs - les oies sauvages - migraient en automne vers le sud, dans des pays plus chauds, et comment, inversement, les oies des neiges se sentaient le mieux dans les r&#233;gions glac&#233;es. Auguste pouvait raconter tout cela &#224; Peter, et elle r&#233;pondait volontiers et patiemment &#224; tous ses 'pourquoi' et 'comment'. Les autres enfants aussi s'habitu&#232;rent de plus en plus &#224; Auguste. Mais Peter aimait tellement sa Gustje qu'ils devinrent ins&#233;parables. C'est ainsi qu'un soir, alors que Peter adressait encore quelques questions &#224; Gustje depuis son lit, celle-ci se glissa tout simplement dans le lit de son ami afin de pouvoir discuter avec lui plus tranquillement et sans &#234;tre d&#233;rang&#233;e. Elli et Gerda laiss&#232;rent leur petit fr&#232;re s'amuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au petit matin, alors que les enfants dormaient encore, Auguste sauta &#224; nouveau dans sa caisse au sol, mit sa t&#234;te sous les ailes blanches et fit comme si rien ne s'&#233;tait pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_275 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8971fd98289cc8dce.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8971fd98289cc8dce.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(242)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la f&#234;te de No&#235;l se rapprochait de plus en plus. Un midi, le chanteur L&#246;wenhaupt dit soudain &#224; sa femme qu'Auguste &#233;tait 'pr&#234;te'. La m&#232;re L&#246;wenhaupt, effray&#233;e, fit signe &#224; son mari de se taire en pr&#233;sence des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le repas, lorsque le chanteur Luitpold L&#246;wenhaupt se retrouva seul avec sa femme, il lui demanda ce que signifiaient ces &#233;tranges mani&#232;res ? La m&#232;re L&#246;wenhaupt raconta alors combien les enfants - surtout Peter - s'&#233;taient habitu&#233;s &#224; Auguste, l'oie, et que c'&#233;tait tout &#224; fait impossible ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Qu'est-ce qui est impossible ?' demanda le p&#232;re L&#246;wenhaupt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re ne dit rien et se contenta de le regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ah bon !' grogna le p&#232;re L&#246;wenhaupt. 'Vous croyez que j'ai achet&#233; cette oie comme jouet pour les enfants ? Un joli jouet ! Et moi ? Que vais-je devenir ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Mais Luitpold, comprends donc !' tenta de l'apaiser sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Bien s&#251;r, je comprends !' se f&#226;cha le p&#232;re. 'Je dois passer derri&#232;re, comme toujours ! Et comme si cette terrible constatation avait lib&#233;r&#233; toute son &#233;nergie, il se mit &#224; tonner : 'L'oie sera sur la table de No&#235;l avec du chou rouge et des pommes de terre &#224; la vapeur ! C'est pour &#231;a qu'elle a &#233;t&#233; achet&#233;e ! Et point &#224; la ligne !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une porte claqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re savait qu'&#224; ce stade, il n'y avait rien &#224; faire avec un homme, chanteur d'op&#233;ra de surcro&#238;t. Elle s'assit dans sa chambre sur un ouvrage de couture et versa quelques larmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_276 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8bb68bdbf87a06afe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8bb68bdbf87a06afe.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(243)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis elle se demanda avec son aide m&#233;nag&#232;re Theres ce qu'il fallait faire, puisqu'il ne restait qu'une semaine avant No&#235;l : fallait-il acheter une autre oie, d&#233;j&#224; plum&#233;e et vid&#233;e ? Mais l'argent du m&#233;nage ne suffisait pas. Mais que dirait-on aux enfants si l'oie Auguste n'&#233;tait plus l&#224; ? Aurait-on le droit de leur mentir ? Et qui, dans la maison, serait capable d'envoyer Auguste dans l'au-del&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Que le Seigneur le fasse lui-m&#234;me !' sugg&#233;ra Th&#233;r&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re ne trouva pas ce conseil mauvais, d'autant plus que son mari n'avait que peu de relations personnelles avec l'oie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le chanteur Luitpold L&#246;wenhaupt rentra le soir de l'op&#233;ra, o&#249; il avait chant&#233; un r&#244;le de h&#233;ros, et que la m&#232;re lui fit cette proposition, il r&#233;pondit : 'Oh, bande de femmes ! O&#249; est l'oiseau ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theres devait descendre l'oie en silence. Bien s&#251;r, Auguste se r&#233;veilla et cria aussit&#244;t de toutes ses forces :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Ick will min Ruh, min Ruh !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lat mi in min Truh !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter et les s&#339;urs se r&#233;veill&#232;rent, ce fut un spectacle infernal. La m&#232;re pleura, Theres fit voler l'oie, qui s'envola dans le couloir de la maison. Le p&#232;re L&#246;wenhaupt, qui voulait maintenant montrer ce qu'est un vrai homme et un ma&#238;tre de maison, courut apr&#232;s Auguste, la poussa dans un coin, l'attrapa courageusement et alla chercher un objet dans la cuisine. Pendant que la m&#232;re gardait les enfants en haut dans la chambre, le p&#232;re alla avec l'oie dans le coin le plus &#233;loign&#233; et le plus sombre du jardin pour accomplir son &#339;uvre. L'oie Auguste hurlait, tandis que la m&#232;re et Th&#233;r&#232;se attendaient le moment o&#249; elle se tairait d&#233;finitivement. Mais Auguste ne se taisait pas, elle continuait &#224; gronder dans le jardin. Finalement, le silence s'installa.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87d0c49d925e5ced8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87d0c49d925e5ced8.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(244)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f1c5a533df712f60.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f1c5a533df712f60.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(245)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les larmes coulaient sur les joues de la m&#232;re et Peter se plaignait aussi : 'O&#249; est ma Gustje ? O&#249; est Gustje ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e grin&#231;a &#224; l'int&#233;rieur. La m&#232;re se pr&#233;cipita en bas. Le p&#232;re L&#246;wenhaupt &#233;tait l&#224;, le visage couvert de sueur et les cheveux en d&#233;sordre ... mais sans Auguste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'O&#249; est-elle ?' demanda la m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors, dans le jardin, on entendait &#224; nouveau des cris de ragots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je veux ma tranquillit&#233;, je veux ma tranquillit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mets-moi dans mon coffre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Je n'ai pas pu le faire. Oh, ce chant du cygne !' expliqua le p&#232;re L&#246;wenhaupt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remonta donc l'Auguste intacte chez Peter qui, tout heureux, prit sa 'Gustje' et s'endormit en la caressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le p&#232;re L&#246;wenhaupt se demandait comment il pourrait quand m&#234;me imposer sa volont&#233;, m&#234;me si c'&#233;tait de la fa&#231;on la moins douloureuse possible. Il r&#233;fl&#233;chissait et r&#233;fl&#233;chissait encore, tandis qu'il s'enveloppait de nuages gris bleut&#233;s d'une &#233;paisse fum&#233;e de cigare. Soudain, il eut une illumination. Le lendemain, il m&#233;langea dix comprim&#233;s de v&#233;ronal dissous dans la pur&#233;e de l'oie Auguste, une dose suffisante pour plonger un adulte dans un sommeil mortel. La m&#232;re dut &#233;galement donner son accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le lendemain apr&#232;s-midi, apr&#232;s son repas, l'oie Auguste se mit &#224; tituber bizarrement, &#224; passer d'une jambe &#224; l'autre comme une danseuse de r&#234;ve, &#224; s'&#233;venter avec ses ailes et finalement, apr&#232;s quelques lents mouvements de toupie, &#224; se coucher au milieu du sol de la cuisine et &#224; dormir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ada3f4de79ecb731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ada3f4de79ecb731.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(246)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enfants essay&#232;rent en vain de la r&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste bougea un peu les ailes et ne bougea plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Que fait Gustje ?' demanda Peter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Elle hiberne', lui expliqua le p&#232;re L&#246;wenhaupt et voulut s'&#233;clipser. Mais Peter retint son p&#232;re. 'Pourquoi Gustje hiberne-t-elle maintenant ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Elle doit se reposer pour le printemps'. Mais le p&#232;re L&#246;wenhaupt n'&#233;tait pas &#224; l'aise avec l'examen. Il ne pouvait pas regarder son fils Peter dans les yeux. La m&#232;re et la bonne, Theres, &#233;vitaient elles aussi autant que possible les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter porta son amie Gustje, qui ne bougeait pas, jusqu'&#224; lui dans la petite caisse. Lorsque les enfants furent endormis, Theres descendit l'oie et commen&#231;a &#224; la plumer - puisque le p&#232;re L&#246;wenhaupt assurait que les dix comprim&#233;s de v&#233;ronal auraient in&#233;vitablement envoy&#233; un boxeur poids lourd dans l'au-del&#224; - Theres commen&#231;a, les larmes roulant sur ses joues, &#224; plumer l'oie et &#224; la mettre ensuite dans le garde-manger. Lorsque le p&#232;re L&#246;wenhaupt voulut dire 'bonne nuit' &#224; sa femme, elle fit semblant de dormir et ne r&#233;pondit pas. La nuit, il se r&#233;veilla parce qu'il entendait de l&#233;gers sanglots &#224; c&#244;t&#233; de lui. Theres ne dormait pas non plus ; elle se demandait ce qu'on allait dire aux enfants. De plus, elle ne savait pas si elle avait entendu Auguste jacasser en r&#234;ve :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8770aba54a2166fc9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8770aba54a2166fc9.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(247)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Laisse moi tranquille, laisse moi tranquille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux aller dans mon repos'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin arriva ainsi. Theres &#233;tait la premi&#232;re &#224; la cuisine. Dehors, la neige tombait &#224; gros flocons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que c'&#233;tait ? R&#234;vait-elle encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bavardage distinct s'&#233;chappait du garde-manger. C'est impossible ! Lorsque Theres ouvrit la porte de la chambre, Auguste, plum&#233;e, vint &#224; sa rencontre en jacassant et en maugr&#233;ant. Theres poussa un cri ; ses genoux tremblaient. Auguste, elle, maugr&#233;ait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'J'ai froid, comme si je n'avais pas de plumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on me ram&#232;ne tout de suite dans le lit de Peter'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, la m&#232;re et le p&#232;re L&#246;wenhaupt &#233;taient aussi apparus. Le p&#232;re couvrit ses yeux de ses mains, comme s'il y avait un fant&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re lui dit : 'Et maintenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Un cognac ! Un caf&#233; fort !' g&#233;mit le p&#232;re en s'affaissant sur une chaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Maintenant, je vais prendre les choses en main', d&#233;clara &#233;nergiquement la m&#232;re. Elle ordonna &#224; Theres d'apporter le panier &#224; linge et une couverture en laine. Puis elle enveloppa l'oie nue et frigorifi&#233;e avec la couverture, la pla&#231;a dans le panier et mit encore deux cruches d'eau chaude de chaque c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re L&#246;wenhaupt, qui avait entre-temps descendu deux cognacs, se leva doucement de sa chaise pour sortir de la cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la m&#232;re le retint ; elle ordonna : 'Va tout de suite dans la Breite Strasse et ach&#232;te cinq cents grammes de bonne laine blanche !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi de la laine ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c6fc0bea2a5575b1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c6fc0bea2a5575b1.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(248)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vas y, et ne demande rien ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re L&#246;wenhaupt &#233;tait encore si &#233;branl&#233; qu'il ne contesta pas, prit son chapeau et sa redingote et quitta pr&#233;cipitamment la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure plus tard, la m&#232;re et Theres &#233;taient d&#233;j&#224; assises dans le salon et commen&#231;aient &#224; tricoter un pull-over en laine blanche pour Auguste. L'apr&#232;s-midi, apr&#232;s l'&#233;cole, les filles Elli et Gerda les aid&#232;rent. Peter, quant &#224; lui, pouvait tenir sa Gustje sur ses genoux et l'aider &#224; essayer le nouveau pull-over, dans lequel il fallait laisser des ouvertures pour les ailes, le cou, les jambes et le petit croupion. Le soir m&#234;me, l'&#339;uvre d'art &#233;tait d&#233;j&#224; termin&#233;e. En jacassant et en maugr&#233;ant, mais sans plus avoir froid, Auguste se pavanait maintenant dans sa magnifique robe de laine blanche. Peter sauta autour d'elle et se r&#233;jouit que l'hibernation de Gustje soit si vite termin&#233;e qu'il puisse &#224; nouveau jouer et discuter avec elle. Mais Auguste le gronda :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'L'hibernation, c'est schnacke-schnick ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;si seulement j'avais pu r&#233;cup&#233;rer mes plumes'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le p&#232;re L&#246;wenhaupt arriva pour le d&#238;ner et qu'il vit Auguste en train de marcher &#224; pas de loup dans son pull-over chic &#224; col roul&#233; autour de son long cou d'oie, il dit : 'Elle est plus belle que jamais ! Il n'y a plus de sp&#233;cimen comme &#231;a dans le monde entier !'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la m&#232;re ne r&#233;pondit rien, elle le regarda simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il fallut tricoter un deuxi&#232;me pull pour Auguste, un gris-bleu cette fois, pour le changer quand le blanc serait lav&#233;. Bien s&#251;r, Auguste participa largement &#224; la f&#234;te de No&#235;l en tant que membre essentiel de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8b2bcfec6c59bba73.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8b2bcfec6c59bba73.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(249)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, Auguste &#233;tait aussi l'&#234;tre vivant le plus admir&#233; de tout le quartier, lorsque Peter se promenait avec l'oie de No&#235;l dans son joli sweater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque le printemps arriva, Auguste avait d&#233;j&#224; retrouv&#233; son duvet chaud. On pouvait donc ranger le pull avec les autres v&#234;tements d'hiver. Mais maintenant, Gustje pouvait m&#234;me s'asseoir sur les genoux de Peter &#224; la table de midi, o&#249; son petit ami la nourrissait de petits morceaux de pommes de terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;tait la pr&#233;f&#233;r&#233;e de toute la famille. Et le p&#232;re L&#246;wenhaupt ne cessait de remarquer fi&#232;rement : 'Eh bien, qui vous a apport&#233; Auguste ? Qui ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re le regardait et souriait. Peter, lui, faisait &#233;cho : 'Oui, qui nous a amen&#233; Gustje ?' et, tout &#233;mu, il se levait et embrassait son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a7bd925d0f74005b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a7bd925d0f74005b.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(250)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il souleva sa Gustje et la fit 'embrasser' &#224; son p&#232;re, ce qui signifiait qu'Auguste pin&#231;ait le nez du p&#232;re L&#246;wenhaupt avec son bec en jacassant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tard le soir, dans son lit, Peter demande &#224; sa Gustje, en la serrant fort contre lui : 'Pourquoi as-tu donc hibern&#233; avant No&#235;l ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Gustje r&#233;pond somnolente : 'Parce qu'on voulait me plumer les plumes'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et pourquoi voulait-on te plumer les plumes ?'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Parce qu'on pouvait alors me tricoter un pull', dit Gustje en baillant, &#224; moiti&#233; endormi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'Et pourquoi voulait-on te faire un pull ?' Mais l&#224; aussi, Peter ne peut plus continuer. Avec sa Gustje dans les bras, il s'est endormi, heureux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f83d25c5d87038385c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f83d25c5d87038385c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(251)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Die Weihnachtsgans Auguste</title>
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		<dc:date>2023-12-23T18:13:13Z</dc:date>
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		<dc:language>de</dc:language>
		<dc:creator>Friedrich Wolf</dc:creator>



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&lt;p&gt;Der Operns&#228;nger Luitpold L&#246;wenhaupt hatte bereits im November vorsorglich eine f&#252;nf Kilo schwere Gans gekauft &#8212; eine Weihnachtsgans. Dieser respektable Vogel sollte den Festtisch versch&#246;nen. Gewi&#223;, es waren schwere Zeiten. &#187;Aber etwas mu&#223; man doch f&#252;rs Herze tun!&#171; &lt;br class='autobr' /&gt;
Bei diesem Satz, den L&#246;wenhaupt mit seiner tiefen Ba&#223;stimme mehrmals vor sich hin sprach, so da&#223; es wie ein Donnerrollen sich anh&#246;rte, mit diesem Satz meinte der S&#228;nger im Grunde etwas anderes. W&#228;hrend er mit seinen kr&#228;ftigen (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://leila2.lhommeau.be/rubrique5.html" rel="directory"&gt;M&#228;rchen und Tiergeschichten f&#252;r gro&#223;e und kleine Kinder&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Der Operns&#228;nger Luitpold L&#246;wenhaupt hatte bereits im November vorsorglich eine f&#252;nf Kilo schwere Gans gekauft &#8212; eine Weihnachtsgans. Dieser respektable Vogel sollte den Festtisch versch&#246;nen. Gewi&#223;, es waren schwere Zeiten. &#187;Aber etwas mu&#223; man doch f&#252;rs Herze tun!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bei diesem Satz, den L&#246;wenhaupt mit seiner tiefen Ba&#223;stimme mehrmals vor sich hin sprach, so da&#223; es wie ein Donnerrollen sich anh&#246;rte, mit diesem Satz meinte der S&#228;nger im Grunde etwas anderes. W&#228;hrend er mit seinen kr&#228;ftigen H&#228;nden die Gans an sich dr&#252;ckte, versp&#252;rte er zugleich den Geruch von Rotkraut und &#196;pfeln in der Nase. Und immer wieder murmelte sein schwerer Ba&#223; den Satz durch den nebligen Novembertag: &#187;Aber etwas mu&#223; man doch f&#252;rs Herze tun.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ein Hausvater, der eigenm&#228;chtig etwas f&#252;r den Haushalt eingekauft hat, verliert, sobald er seiner Wohnung sich n&#228;hert, mehr und mehr den Mut. Er ist zu Haus schutzlos den Vorw&#252;rfen und dem Hohn seiner Hausgenossen preisgegeben, da er bestimmt unrichtig und zu teuer eingekauft hat. Doch in diesem Falle erntete Vater L&#246;wenhaupt &#252;berraschend hohes Lob. Mutter L&#246;wenhaupt fand die Gans fett, gewichtig und preiswert. Das Hausm&#228;dchen Theres lobte das sch&#246;ne wei&#223;e Gefieder; sie stellte jedoch die Frage, wo das Tier bis Weihnachten sich aufhalten solle?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8501d10a60079e35d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8501d10a60079e35d.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(238)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die zw&#246;lfj&#228;hrige Elli, die zehnj&#228;hrige Gerda und das kleine Peterle &#8212; L&#246;wenhaupts Kinder &#8212; sahen aber hier &#252;berhaupt kein Problem, da es ja noch das Bad und das Kinderzimmer g&#228;be und das G&#228;nschen unbedingt Wasser brauche, sich zu reinigen. Die Eltern entschieden jedoch, da&#223; die neue Hausgenossin im allgemeinen in einer Kiste in dem kleinen warmen Kartoffelkeller ihr Quartier beziehen solle und da&#223; die Kinder sie bei Tag eine Stunde lang drau&#223;en im Garten h&#252;ten d&#252;rften.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So war das Gl&#252;ck allgemein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anfangs befolgten die Kinder genau diese Anordnung der Eltern. Eines Abends aber begann das siebenj&#228;hrige Peterle in seinem Bettchen zu klagen, da&#223; &#187;Gustje&#171; &#8212; man hatte die Gans aus einem nicht erfindbaren Grunde Auguste genannt &#8212; bestimmt unten im Keller friere. Seine Schwester Elli, der man im Schlafzimmer die Aufsicht &#252;ber die beiden j&#252;ngeren Geschwister &#252;bertragen hatte, suchte das Br&#252;derchen zu beruhigen, da&#223; Auguste ja ein dickes Daunengefieder habe, das sie aufplustern k&#246;nne wie eine Decke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Warum plustert sie es auf?&#171; fragte das Peterle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ich sagte doch, da&#223; es dann wie eine Decke ist.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Warum braucht Gustje denn eine Decke?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Mein Gott, weil sie dann nicht friert, du Dummerjan!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Also ist es doch kalt im Keller!&#171; sagte jetzt Gerda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Es ist kalt im Keller!&#171; echote Peterle und begann gleich zu heulen. &#187;Gustje friert! Ich will nicht, da&#223; Gustje friert. Ich hole Gustje herauf zu mir!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damit war er schon aus dem Bett und tapste zur T&#252;r. Die gro&#223;e Schwester Elli fing ihn ab und suchte ihn wieder ins Bett zu tragen. Aber die j&#252;ngere Gerda kam Peterle zu Hilfe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a5133efc1458ca0d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8a5133efc1458ca0d.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(239)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peterle heulte: &#187;Ich will zu Gustje!&#171; Elli schimpfte. Gerda entri&#223; ihr den kleinen Bruder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mitten in dem Tumult erschien die Mutter. Peterle wurde im Elternzimmer in das Bett der Mutter gelegt und den Schwestern sofortige Ruhe anbefohlen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diese Nacht ging ohne weiteren Zwischenfall vor&#252;ber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch am &#252;bern&#228;chsten Tage hatten sich Gerda und Peter, der wieder im Kinderzimmer schlief, verst&#228;ndigt. Abwechselnd blieb immer einer der beiden wach und weckte den andern. Als nun die &#228;ltere Schwester Elli schlief und im Haus alles stille schien, schlichen die zwei auf den nackten Zehenspitzen in den Keller, holten die Gans Auguste aus ihrer Kiste, in der sie auf Lappen und S&#228;gesp&#228;ne lag, und trugen sie leise hinauf in ihr Zimmer. Bisher war Auguste recht verschlafen gewesen und hatte blo&#223; etwas geschnattert wie: &#187;Lat mi in Ruh, lat mi in Ruh!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aber pl&#246;tzlich fing sie laut an zu schreien: &#187;Ick will in min Truh, ick will in min Truh!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schon gingen &#252;berall die T&#252;ren auf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter kam hervorgest&#252;rzt. Theres, das Hausm&#228;dchen, rannte von ihrer Kammer her die Stiegen hinunter. sprungen und schaute durch den T&#252;rspalt. Die kleine Gerda aber hatte in ihrem Schreck die Gans losgelassen, und jetzt flatterte und schnatterte Auguste im Treppenhaus umher. Ein Gl&#252;ck, da&#223; der Vater noch nicht zu Hause war! Bei der nun einsetzenden Jagd durch das Treppenhaus und die Korridore verlor Auguste, bis man sie eingefangen hatte, eine Anzahl Federn. Die atemlose Theres schlug sie in eine Decke, woraus sie nunmehr ununterbrochen schimpfte:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_273 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83436f4b68a85c8c7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f83436f4b68a85c8c7.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(240)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Lat mi in Ruh, lat mi in Ruh!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lck will in min Truh!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und da begann auch noch das Peterle zu heulen: &#187;Ich will Gustje haben! Gustje soll mit mir schlafen!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter, die ihn ins Bett legte, suchte ihm zu erkl&#228;ren, da&#223; die Gans jetzt wieder in ihre Kiste in den Keller m&#252;sse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Warum mu&#223; sie denn in den Keller?&#171; fragte Peterle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Weil eine Gans nicht im Bett schlafen kann.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Warum kann denn Gustje nicht im Bett schlafen ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Im Bett schlafen nur Menschen; und jetzt sei still und mach die Augen zu!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter war schon an der T&#252;r, da heulte Peterle wieder los: &#187;Warum schlafen nur Menschen im Bett? Gustje friert unten; Gustje soll oben schlafen.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als die Mutter sah, wie aufgeregt Peterle war und da&#223; man ihn nicht beruhigen konnte, erlaubte sie, da&#223; man die Kiste aus dem Keller heraufholte und neben Peterles Bett stellte. Und siehe da, w&#228;hrend Auguste droben in der Kiste noch vor sich hin schnatterte:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Laat man gut sin, lat man gut sin,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hauptsach, dat ick in min Truh bin!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;schliefen auch das Peterle und seine Geschwister ein. Nat&#252;rlich konnte man jetzt Auguste nicht wieder in den Keller bringen, zumal die N&#228;chte immer k&#228;lter wurden, weil es schon m&#228;chtig auf Weihnachten ging. Auch benahm sich die Gans au&#223;erordentlich manierlich. Bei Tag ging sie mit Peterle spazieren und hielt sich getreulich an seiner Seite wie ein guter Kamerad, wobei sie ihren Kopf stolz hochtrug und ihren kleinen Freund mit ihrem Geplapper aufs beste unterhielt.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f532bc92bed26b55.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f532bc92bed26b55.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(241)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie erz&#228;hlte dem Peterle, wie man die verschiedenen schmackhaften oder bitteren Gr&#228;ser und Kr&#228;uter unterscheiden k&#246;nne, wie ihre Geschwister &#8212; die Wildg&#228;nse &#8212; im Herbst nach S&#252;den in w&#228;rmere L&#228;nder z&#246;gen und wie umgekehrt die Schneeg&#228;nse sich am wohlsten in Eisgegenden f&#252;hlten. Soviel konnte Auguste dem Peterle erz&#228;hlen; und auf all sein &#187;Warum&#171; und &#187;Weshalb&#171; antwortete sie gern und geduldig. Auch die anderen Kinder gew&#246;hnten sich immer mehr an Auguste. Peterle aber liebte seine Gustje so, da&#223; beide schier unzertrennlich wurden. So kam es, da&#223; eines Abends, als Peterle vom Bett aus noch ein paar F ragen an Gustje richtete, diese zu ihrem Freund einfach ins Bett schl&#252;pfte, um sich leiser und ungest&#246;rter mit ihm unterhalten zu k&#246;nnen. Elli und Gerda g&#246;nnten dem Br&#252;derchen die Freude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am fr&#252;hen Morgen aber, als die Kinder noch schliefen, hopste Auguste wieder in ihre Kiste am Boden, steckte ihren Kopf unter die wei&#223;en Fl&#252;gel und tat, als sei nichts geschehen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_275 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8971fd98289cc8dce.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8971fd98289cc8dce.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(242)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch das Weihnachtsfest r&#252;ckte n&#228;her und n&#228;her. Eines Mittags meinte der S&#228;nger L&#246;wenhaupt pl&#246;tzlich zu seiner Frau, da&#223; es nun mit Auguste &#187;soweit w&#228;re&#171;. Mutter L&#246;wenhaupt machte ihrem Mann erschrocken ein Zeichen, in Gegenwart der Kinder zu schweigen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nach Tisch, als der S&#228;nger Luitpold L&#246;wenhaupt mit seiner Frau allein war, fragte er sie, was das seltsame Gebaren zu bedeuten habe? Und nun erz&#228;hlte Mutter L&#246;wenhaupt, wie sehr sich die Kinder &#8212; vor allem Peterle &#8212; an Auguste, die Gans, gew&#246;hnt h&#228;tten und da&#223; es ganz unm&#246;glich sei ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Was ist unm&#246;glich ?&#171; fragte Vater L&#246;wenhaupt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter schwieg und sah ihn nur an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ach so!&#171; grollte Vater L&#246;wenhaupt. &#187;Ihr glaubt, ich habe die Gans als Spielzeug f&#252;r die Kinder gekauft? Ein nettes Spielzeug! Und ich? Was wird aus mir?!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Aber Luitpold, verstehe doch!&#171; suchte die Mutter ihn zu beschwichtigen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Nat&#252;rlich, ich verstehe ja schon!&#171; z&#252;rnte der Vater. &#187;Ich mu&#223; wie stets hintenanstehn!&#171; Und als habe diese furchtbare Feststellung seine s&#228;mtlichen Energien entfesselt, donnerte er jetzt los: &#187;Die Gans kommt auf den Weihnachtstisch mit Rotkraut und ged&#252;nsteten &#196;pfeln! Dazu wurde sie gekauft! Und basta!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eine T&#252;r knallte zu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter wu&#223;te, da&#223; in diesem Stadium mit einem Mann und dazu noch einem Operns&#228;nger nichts anzulangen war. Sie setzte sich in ihr Zimmer &#252;ber eine N&#228;harbeit und vergo&#223; ein paar Tr&#228;nen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_276 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8bb68bdbf87a06afe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8bb68bdbf87a06afe.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(243)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dann beriet sie mit ihrer Hausgehilfin Theres, was zu tun sei, da bis Weihnachten nur noch eine Woche war, Sollte man eine andere, schon gerupfte und ausgenommene Gans kaufen? Doch dazu reichte das Haushaltungsgeld nicht. Aber was w&#252;rde man, wenn die Gans Auguste nicht mehr da w&#228;re, den Kindern sagen? Durfte man sie &#252;berhaupt bel&#252;gen? Und wer im Hause w&#252;rde es fertigbringen, Auguste ins Jenseits zu senden?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Soll der Herr es selbst tun!&#171; schlug Theres vor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter fand diesen Rat nicht schlecht, zumal ihr Mann zu der Gans nur geringe pers&#246;nliche Beziehungen hatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als nun der S&#228;nger Luitpold L&#246;wenhaupt abends aus der Oper heimkam, wo er eine Heldenpartie gesungen hatte, und die Mutter ihm jenen Vorschlag machte, erwiderte er: &#187;Oh, ihr Weibervolk! Wo ist der Vogel?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Theres sollte leise die Gans herunterholen. Nat&#252;rlich wachte Auguste auf und schrie sofort aus vollem Hals:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ick will min Ruh, min Ruh! Lat mi in min Truh!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peterle und die Schwestern erwachten, es gab einen H&#246;llenspektakel. Die Mutter weinte, Theres lie&#223; die Gans flattern; diese segelte hinunter in den Hausflur. Vater L&#246;wenhaupt, der jetzt zeigen wollte, was ein echter Mann und Hausherr ist, rannte hinter Auguste her, trieb sie in die Ecke, griff mutig zu und holte aus der K&#252;che einen Gegenstand. W&#228;hrend die Mutter die Kinder oben im Schlafzimmer hielt, ging der Vater mit der Gans in die entfernteste, dunkelste Gartenecke, um sein Werk zu vollbringen. Die Gans Auguste aber schrie Zeter und Mordio, indessen die Mutter und Theres lauschten, wann sie endg&#252;ltig verstummen werde. Aber Auguste verstummte nicht, sondern schimpfte auch im Garten immerzu. Schlie&#223;lich trat doch Stille ein.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_277 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87d0c49d925e5ced8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f87d0c49d925e5ced8.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(244)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f1c5a533df712f60.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8f1c5a533df712f60.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(245)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Der Mutter liefen die Tr&#228;nen &#252;ber die Wangen, und auch Peterle jammerte: &#187; Wo ist meine Gustje? Wo ist Gustje?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetzt knarrte drunten die Haust&#252;r. Die Mutter eilte hinunter. Vater L&#246;wenhaupt stand mit schwei&#223;bedecktem Gesicht und wirrem Haar da ... doch ohne Auguste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Wo ist sie?&#171; fragte die Mutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drau&#223;en im Garten h&#246;rte man jetzt wieder ein schnatterndes Schimpfen:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ick will min Ruh, ick will min Ruh!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lat mi in min Truhl!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ich habe es nicht vermocht. Oh, dieser Schwanengesang!&#171; erkl&#228;rte Vater L&#246;wenhaupt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Man brachte also die unbesch&#228;digte Auguste wieder hinauf zum Peterle, das ganz gl&#252;cklich seine &#187;Gustje&#171; zu sich nahm und, sie streichelnd, einschlief.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inzwischen br&#252;tete Vater L&#246;wenhaupt, wie er dennoch seinen Willen durchsetzen k&#246;nne, wenn auch auf m&#246;glichst schmerzlose Art. Er dachte und dachte nach, w&#228;hrend er sich in bl&#228;ulichgraue Wolken dichten Zigarrenrauches h&#252;llte. Pl&#246;tzlich kam ihm die Erleuchtung. Am n&#228;chsten Tag mischte er der Gans Auguste in ihren Kartoffelbrei zehn aufgel&#246;ste Tabletten Veronal, eine Dosis, die ausreicht, einen erwachsenen Menschen in einen t&#246;dlichen Schlaf zu versetzen. Damit mu&#223;te sich auch die Mutter einverstanden erkl&#228;ren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tats&#228;chlich begann am folgenden Nachmittag die Gans Auguste nach ihrer Mahlzeit seltsam umherzutorkeln, wie eine Traumt&#228;nzerin von einem Bein auf das andere zu treten, mit den Fl&#252;geln dazu zu f&#228;cheln und schlie&#223;lich nach einigen langsamen Kreiselbewegungen sich mitten auf dem K&#252;chenboden hinzulegen und zu schlafen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ada3f4de79ecb731.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8ada3f4de79ecb731.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(246)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vergebens versuchten die Kinder sie zu wecken.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auguste bewegte etwas die Fl&#252;gel und r&#252;hrte sich nicht mehr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Was tut Gustje?&#171; fragte das Peterle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Sie h&#228;lt ihren Winterschlaf&#171;, erkl&#228;rte ihm Vater L&#246;wenhaupt und wollte sich aus dem Staube machen. Aber Peterle hielt den Vater fest. &#187;Weshalb h&#228;lt Gustje jetzt den Winterschlaf?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Sie mu&#223; sich ausruhen f&#252;r den Fr&#252;hling.&#171; Doch Vater L&#246;wenhaupt war es nicht wohl bei dem Examen. Er konnte seinem S&#246;hnchen Peterle nicht in die Augen sehen. Auch die Mutter und das Hausm&#228;dchen Theres gingen den Kindern soviel wie m&#246;glich aus dem Wege.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peterle trug seine bewegungslose Freundin Gustje zu sich hinauf in die kleine Kiste. Als die Kinder nun schliefen, holte Theres die Gans hinunter und begann sie &#8212; da Vater L&#246;wenhaupt versicherte, die zehn Veronaltabletten w&#252;rden einen Schwergewichtsboxer unweigerlich ins Jenseits bef&#246;rdert haben &#8212;, Theres begann, wobei ihr die Tr&#228;nen &#252;ber die Wangen rollten, die Gans zu rupfen und sie dann in die Speisekammer zu legen. Als Vater L&#246;wenhaupt seiner Frau &#187;Gute Nacht&#171; sagen wollte, stellte sie sich schlafend und antwortete nicht. Bei Nacht wachte er auf, weil er neben sich ein leises Schluchzen vernahm. Auch Theres schlief nicht; sie &#252;berlegte, was man den Kindern sagen werde. Zudem wu&#223;te sie nicht, hatte sie im Traum Auguste schnattern geh&#246;rt:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8770aba54a2166fc9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8770aba54a2166fc9.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(247)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Lat mi in Ruh, lat mi in Ruh!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ick will in min Truh!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;So kam der Morgen. Theres war als erste in der K&#252;che. DrauBen fiel in dicken Flocken der Schnee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Was war das? Tr&#228;umte sie noch?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aus der Speisekammer drang ein deutliches Geschnatter. Unm&#246;glich! Wie Theres die T&#252;r zur Kammer &#246;ffnete, tapste ihr schnatternd und schimpfend die gerupfte Auguste entgegen. Theres stie&#223; einen Schrei aus; ihr zitterten die Knie. Auguste aber schimpfte:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Ick frier, als ob ick keen Federn nich h&#228;tt'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Man trag mich gleich wieder in Peterles Bett!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetzt waren auch die Mutter und Vater L&#246;wenhaupt erschienen. Der Vater bedeckte mit seinen H&#228;nden die Augen, als st&#252;nde da ein Gespenst.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter aber sagte zu ihm: &#187;Was nun ?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Einen Kognak! Einen starken Kaffee!&#171; st&#246;hnte der Vater und sank auf einen Stuhl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Jetzt werde ich die Sache in die Hand nehmen!&#171; erkl&#228;rte die Mutter energisch. Sie ordnete an, da&#223; Theres den W&#228;schekorb bringe und eine Wolldecke. Dann umh&#252;llte sie die nackte, frierende Gans mit der Decke, legte sie in den Korb und tat noch zwei Kr&#252;ge mit hei&#223;em Wasser an beide Seiten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vater L&#246;wenhaupt, der inzwischen zwei Kognaks hinuntergekippt hatte, erhob sich leise vom Stuhl, um aus der K&#252;che zu verschwinden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doch die Mutter hielt ihn fest; sie befahl: &#187;Gehe sofort in die Breite Stra&#223;e und kaufe f&#252;nfhundert Gramm gute wei&#223;e Wolle!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Wieso Wolle?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c6fc0bea2a5575b1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8c6fc0bea2a5575b1.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(248)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Geh, und frage nicht!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vater L&#246;wenhaupt war noch so ersch&#252;ttert, da&#223; er nicht widersprach, seinen Hut und &#220;berzieher nahm und eiligst das Haus verlie&#223;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schon nach einer Stunde sa&#223;en die Mutter und Theres im Wohnzimmer und begannen f&#252;r Auguste aus wei&#223;er Wolle einen Pullover zu stricken. Am Nachmittag nach Schulschlu&#223; halfen ihnen die T&#246;chter Elli und Gerda. Peterle aber durfte seine Gustje auf dem Scho&#223; halten und ihr immer den neu entstehenden Pullover, in den f&#252;r die Fl&#252;gel, den Hals, die Beine und den kleinen Sterz &#214;ffnungen bleiben mu&#223;ten, anprobieren helfen. Bereits am Abend war das Kunstwerk beendet. Schnatternd und schimpfend, aber doch nicht mehr frierend stolzierte nun Auguste in ihrem wundersch&#246;nen wei&#223;en Wollkleid durchs Zimmer. Peterle sprang um sie herum und freute sich, da&#223; Gustjes Winterschlaf so schnell zu Ende war, da&#223; er wieder mit ihr spielen und sich unterhalten konnte. Auguste aber schimpfte:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187; Winterschlaf ist schnacke-schnick; H&#228;tt ick min Federn blo&#223; zur&#252;ck!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Als Vater L&#246;wenhaupt zum Abendessen kam und Auguste in ihrem schicken Pullover mit Rollkragen um den langen G&#228;nsehals dahertapsen sah, meinte er: &#187;Sie ist sch&#246;ner als je! So ein Exemplar gibt es auf der ganzen Welt nicht mehr!&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter aber erwiderte hierauf nichts, sondern sah ihn blo&#223; an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nat&#252;rlich mu&#223;te man f&#252;r Auguste noch einen zweiten Pullover stricken, diesmal einen graublauen, zum Wechseln, wenn der wei&#223;e gewaschen wurde. Nat&#252;rlich nahm Auguste als wesentliches Mitglied der Familie gro&#223; am Weihnachtsfest teil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8b2bcfec6c59bba73.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f8b2bcfec6c59bba73.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(249)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nat&#252;rlich war Auguste auch das am meisten bewunderte Lebewesen des ganzen Stadtteils, wenn Peterle mit der Weihnachtsgans in ihrem schmucken Sweater spazierenging.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und als der Fr&#252;hling kam, war der Auguste bereits wieder ein warmer Federflaum gewachsen. So konnte man den Pullover mit den anderen Wintersachen einmotten. Gustje aber durfte jetzt sogar beim Mittagstisch auf dem Scho&#223; von Peterle sitzen, wo sie ihr kleiner Freund mit Kartoffelst&#252;ckchen f&#252;tterte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sie war der Liebling der ganzen Familie. Und Vater L&#246;wenhaupt bemerkte immer wieder stolz: &#187;Na, wer hat euch denn Auguste mitgebracht? Wer?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Mutter sah ihn an und l&#228;chelte. Peterle jedoch echote: &#187;Ja, wer hat Gustje uns mitgebracht&#171; ; und dabei sprang er ger&#252;hrt auf und umarmte den Vater.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a7bd925d0f74005b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e7000009f8a7bd925d0f74005b.jpg' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(250)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dann hob er seine Gustje empor und lie&#223; sie dem Vater &#187;einen Ku&#223;&#171; geben, was bedeutete, da&#223; Auguste den Vater L&#246;wenhaupt schnatternd mit ihrem Schnabel an der Nase zwickte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sp&#228;tabends im Bett aber fragt Peterle seine Gustje, indem er sie fest an sich dr&#252;ckt: &#187;Warum hast du denn vor Weihnachten den Winterschlaf gehalten?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Und Gustje antwortet schl&#228;frig: &#187; Weil man mir die Federn rupfen wollte.&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und warum wollte man dir die Federn rupfen?&#171;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8222;Weil man mir dann einen Pullover stricken konnte&#171;, g&#228;hnt Gustje, halb schon im Schlaf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#187;Und warum wollte man dir denn einen Pullover ...&#171; Aber da geht es auch bei Peterle nicht mehr weiter. Mit seiner Gustje im Arm ist er gl&#252;cklich eingeschlafen.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f83d25c5d87038385c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://leila2.lhommeau.be/IMG/jpg/10000000000006e4000009f83d25c5d87038385c.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(251)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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